Dorje Tashi

Entrepreneur tibétain

Dorje Tashi aussi écrit Dorjee Tashi (tibétain : རྡོ་རྗེ་བཀྲ་ཤིས་, Wylie : rdo rje bkra shis ; chinois simplifié : 多吉扎西) né en 1973 dans le Xian de Xiahe, Gansu, est un entrepreneur, un hôtelier millionnaire[1] de la région autonome du Tibet en République populaire de Chine, propriétaire du Yak, un des grands hôtels touristiques de Lhassa[2] et ancien chef du Tibet Shenhu Group (西藏神湖集团), une société immobilière qui a édifié des hôtels et des immeubles d'habitation à Lhassa[3]. Arrêté en mars 2008, après les troubles au Tibet, il a été condamné à la prison à vie le par un tribunal chinois[4],[5].

Dorje Tashi
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Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
རྡོ་རྗེ་བཀྲ་ཤིས་Voir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Yak Tashi
Nationalité
Chinoise
Formation
Activité
Famille
Dorje Tseten, son frère aîné

BiographieModifier

Né dans la région de Sakar à 3 km du monastère de Labrang dans la province de Gansu dans une humble famille, il étudia au TCV Suja en Inde avant de retourner au Tibet[6]. En 1989, Dorje Tashi gagne la région autonome du Tibet. Il est d'abord plongeur dans un restaurant. Durant son temps libre, il étudie l'anglais et le tourisme, devenant finalement licencié de l'Agence internationale de tourisme de Shigatsé (国际旅行社) comme guide et interprète. Il monte en grade rapidement, devenant chef de service. Après accumulation de capital, il fonde une société[3].

En 2003, il devient membre de Parti communiste chinois[3]. Il est délégué au Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois[5]. En 2005, il rencontre le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao[5].

Dorje Tashi a fondé une coentreprise avec une entreprise néerlandaise, avec 500 de capital, qui deviendra plus tard le Groupe Shenhu, présent notamment dans l'immobilier et le tourisme, et qui en 2008 était passé à une entreprise de bien capitalisée avec 280 millions de ¥ (32 millions d'euros)[4] d'actifs et huit filiales à part entière[3].

De son propre aveu, il a été inspiré pour commencer des activités de bienfaisance un jour d'avril 2006 lors d'une visite de l'école primaire Chabalang Hope (茶巴朗希望小学) dans le comté de Chusur, où il a vu les étudiants dont la seule source d'eau potable était un fossé à proximité ; sous sa direction, le Groupe Shenhu a fait un don de 4,3 millions de ¥ pour aider les chômeurs et les étudiants[3].

PrixModifier

Il a obtenu plusieurs prix dont celui du Comité du gouvernement de la région autonome du Tibet, le Prix d'excellence de l'entreprise privée de la région de Shigatsé, le prix spécial pour sa contribution à l'allègement de la pauvreté, du Comité de la préfecture de Gannan du Gansu, gouvernement de l'Etat, le prix « Gannan Gong du développement économique »[3].

Il a été nommé parmi les « Dix jeunes les plus remarquables du Tibet »[5].

En juin 2004, il est nommé président d'honneur de l'école professionnelle de la ville de Nanchong Jianhua. Le , il obtient de la Ligue de la jeunesse communiste de Shigatsé Comité "Jeunesse Civilization" un prix pour ses réalisations personnelles[3]

Arrestation et condamnationModifier

Dorje Tashi est arrêté en mars 2008, dit-on à Lanzhou par des policiers venus de Pékin[6], après les troubles au Tibet en mars 2008, et condamné à la prison à vie le à l'issue d'un procès secret qui dura trois jours[6],[4],[7],[5]. Il a été accusé d'avoir financé des associations à l'étranger[8]. Selon un de ses amis ayant requis l’anonymat, Dorje Tashi n'a pas financé d'activités politique. Bouddhiste authentique, il aurait été arrêté en raison d'un don de 20 millions de yuan (2.94 million U.S. $) au 14e dalaï-lama dont il conserva une lettre de remerciement, ce qui semble relever d'une transaction religieuse au tibétologue Robert Barnett[9]. Pour Robert Barnett : « Les Tibétains comme lui forment la super élite [...] La sévérité de la peine et l'importance exceptionnelle du prisonnier sont sans précédent » [10]. Son frère aîné, Dorje Tseten, a été condamné à six ans de prison[1].

Son cas rappelle à celui de Karma Samdrup, un marchand d'art ayant fondé une ONG de protection de l'environnement, arrêté en janvier 2010[7].

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Jane Macartney, Life imprisonment for Tibet’s richest man, The Times, 13 août 2010
  2. Robert Barnett, Crime et châtiment au Tibet, Les Échos, 6 juillet 2010.
  3. a b c d e f et g (zh) « 多吉扎西:雪域高原的雄鹰 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (Dorje Tashi: Heroic eagle of the snowy plains),China Tibet Online (en), 中国民族报 (Le journal national de la Chine), 10 octobre 2008. Pour une capture d'écran correspondant à l'article : [1] et (zh) 佚名, « 多吉扎西 », sur people.tibetcul.com,‎
  4. a b et c Chine : prison à vie pour un Tibétain, Le Figaro, 13 août 2010.
  5. a b c d et e (en) Tibetan businessman jailed for life, The Guardian, 12 août 2010.
  6. a b et c (en) Tenzin Tsering, Jailed Tibetan businessman Dorjee Tashi studied in India, Phayul.com, 19 août 2010
  7. a et b Austin Ramzy, « China Tightens Grip on Tibet's Business Class », (consulté le 20 août 2010), Times.
  8. Nadia Carrassan, Tibet: "Si par malheur nous redressons la tête...", L'Express, 30 novembre 2010
  9. (en) Jailed Tibetan Made Donations, Radio Free Asia, 13 août 2010
  10. Rights group: Famous Tibetan businessman gets life in prison, accused of helping exiles Foxnews, 12 août 2010 : « Tibetans like him, they are the super elite said Robbie Barnett, a Tibet scholar at Columbia University. The severity of the sentence and the exceptional importance of the prisoner are unprecedented. »

Voir aussiModifier

Liens externesModifier