Dorimène Desjardins

co-fondatrice des caisses Desjardins
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Marie-Clara Dorimène Roy-Desjardins
Description de cette image, également commentée ci-après
vers 1915
Naissance
Sorel
Décès (87 ans)
Lévis
Nationalité Drapeau du Canada Canada
Conjoint

Dorimène Desjardins, née Marie-Clara Dorimène Roy (Sorel, Québec, [1] - [1]) est la cofondatrice des Caisses Desjardins[2].

BiographieModifier

Née en 1858 à Sorel, Québec, Dorimène Desjardins est le cinquième enfant d’une famille de onze. Fille de Joseph Roy-Desjardins, capitaine de bateau à vapeur et de Rosalie Mailhot, elle est confiée à la sœur de sa mère, Louise-Clarisse Mailhot et son époux qui vivent à Lévis, Québec en raison de la précarité de la famille. Elle a étudié au couvent Notre-Dame-de-Toutes-Grâces, qui est maintenant l’école Marcelle-Mallet[2].

Dorimène Desjardins s’est marié à Alphonse Desjardins le 2 septembre 1879 à Saint-Pierre de Sorel alors qu’elle était âgée de 20 ans et lui de 24 ans.  Ils ont ensuite vécu à Lévis et de leur union sont nés 4 filles et 6 garçons entre 1880 et 1902[2].

Elle est décédée en 1932 à l’âge de 73 ans. Lors de son décès, d’importantes obsèques ont été organisées par les caisses populaires à Lévis[2].

Fondation de la première caisse d'épargne du QuébecModifier

 
Logo des caisses Desjardins

Le , elle et son mari Alphonse Desjardins fondent ensemble la première caisse populaire en Amérique du Nord à Lévis au Québec. Elle est nommée la Caisse populaire de Lévis et elle ouvre ses portes le . Cette première caisse est à l'origine du Mouvement des caisses Desjardins, le plus grand groupe financier coopératif de langue française en Amérique du Nord.

En plus des caisses, la maison Alphonse-Desjardins a été créé entre 1882 et 1884. La maison se situe dans le Vieux-Lévis sur la rue du Mont-Marie à Lévis, Québec. Des visites sont d’ailleurs offertes par les caisses Desjardins afin de visiter les lieux[2].  

Son dévouement a permis à d’autres femmes d’être aux commandes de différentes caisses Desjardins à l’époque où les hommes contrôlaient majoritairement le domaine financier.  Son dévouement et le rôle qu’elle a occupé a permis plusieurs femmes travaillant dans l’ombre d’occuper le poste de gérante à la place des hommes et d’être reconnue comme telle.  D’ailleurs, les auteurs d’Histoire des femmes au Québec, considèrent Dorimène Roy-Desjardins comme étant une entrepreneure remarquable, vu son rôle de cofondatrice des caisses Desjardins. De plus, elle et son mari ont été sélectionnés comme Grand Québécois du siècle entre autres par la chambre du commerce en 2000[3].

 
La maison Alphonse-Desjardins, Lévis, QC

ResponsabilitésModifier

Dorimène assume son premier rôle à la caisse quand Alphonse doit séjourner à Ottawa pour y remplir ses fonctions de sténographe parlementaire pendant la session fédérale de 1903. Les deux autres administrateurs et Dorimène se partagent les tâches de la gérance du 11 mars au 28 octobre 1903.

Dorimène n'a jamais eu le titre de Directrice de caisse, ni le salaire. Même si les administrateurs soulignent le "zèle" et le "dévouement" de Dorimène, une indemnité de 50 $ lui est versée.

En 1904, les administrateurs lui confient des tâches comme signer au nom du gérant tous reçus ou les chèques pour une somme individuelle qui n'excèdent pas cinq cents dollars. Cependant, Alphonse Desjardins est responsable de tous les acts et de toutes les signatures de Dorimène[4]. Elle continue à s'acquitter de ses tâches jusqu'au 14 novembre 1906.

Elle a joué un rôle clé dans la phase d'implantation en assurant diverses responsabilités.

Le 02 octobre 1923, elle est nommée membre honoraire de l'Union régionale de Québec. Elle joue un rôle actif dans le regroupement des caisses populaires de la région[5]. Elle est aussi consultée pour le projet de Caisse centrale et avise régulièrement les adminstrateurs dont Joseph-Kemmer Laflamme.

Lors de la reprise de la Caisse de Lévis par Raoul Desjardins, le fils aîné d'Alphonse et Dorimène Desjardins, sa mère est intervenue pour empêcher un conflit avec l'Union régionale de Québec[5] en cautionnant la Caisse centrale Desjardins de Lévis.

ReconnaissancesModifier

Son décès marque, selon l'Action Catholique, "un deuil pour le Canada français, car elle aura été assurément l'une des femmes les plus au courant de la question économique considérée du point de vue social" et le quotidien ajoute : "Sans elle, reconnaissons-le, les caisses populaires Desjardins n'existeraient probablement pas"[6].

Un parc porte son nom à Sorel-Tracy[7].

Une rue porte son nom à Lévis, QC.

80 ans après son décès, l'Alliance coopérative internationale (ACI) a souligné la contribution de Dorimène Desjardins à l'essor des caisses populaires[8].

Le ministre des Anciens Combattants a désigné Dorimène Desjardins personnage d'importance historique nationale.

NotesModifier

  1. a et b « Dorimène Desjardins (1858-1932) et les caisses populaires (Mouvement Desjardins) », sur Parcs Canada (consulté le 13 février 2014).
  2. a b c d et e Société historique Alphonse-Desjardins, « Biographie de Dorimène Desjardins », sur Desjardins.com (consulté le 10 novembre 2018), notamment dans la section Chronologie de la vie de Dorimène Desjardins.
  3. Genest, Claude, « Dorimène Roy-Desjardins  — Un rôle déterminant dans la naissance des caisses populaires », Histoire Québec, vol. 14, no 1,‎ (ISSN 1201-4710 et 1923-2101, lire en ligne, consulté le 10 novembre 2018).
  4. Caisse populaire de Lévis, Procès verbaus du conseil d'administration, 2 mars 1903.
  5. a et b Guy Belanger, La caisse populaire de levis 1900-2000 : là où tout a commencé, Editions Multimondes, (ISBN 9782895442400, OCLC 906322587).
  6. « Mort de madame Alph. Desjardins », L'Action catholique,‎ .
  7. Parc Dorimène-Desjardins.
  8. « Women's vote came first in many co-ops », sur Youtube (consulté le 22 mai 2017).

BibliographieModifier

Voir aussiModifier

Liens internesModifier

Liens externesModifier