Archidiocèse de Poitiers

archidiocèse catholique français
(Redirigé depuis Diocèse de Poitiers)

Archidiocèse de Poitiers
(la) Archidioecesis Pictaviensis
La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers.
La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers.
Informations générales
Pays France
Affiliation Église catholique en France
Archevêque Mgr Pascal Wintzer
Langue(s) liturgique(s) français
Superficie 12 989,8 km2
Création du diocèse IIIe siècle
Élévation au rang d'archidiocèse 2002
Patron saint Hilaire (de Poitiers)
Province ecclésiastique Poitiers
Diocèses suffragants Angoulême
Limoges
La Rochelle et Saintes
Tulle
Adresse Archevêché de Poitiers
1-3, place Sainte-Croix
86000 Poitiers
Site web http://www.poitiers.catholique.fr
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Poitiers
Localisation du diocèse
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Poitiers
Diocèses suffragants
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

L'archidiocèse de Poitiers (en latin : Archidioecesis Pictaviensis) est un archidiocèse métropolitain de l'Église catholique en France. Le siège épiscopal est à Poitiers.

Érigé au IIIe siècle, le diocèse de Poitiers est le diocèse historique du Poitou. Depuis le Concordat de 1801, il s'étend sur deux départements, les Deux-Sèvres et la Vienne.

Il a été élevé au rang d’archidiocèse en 2002, avec comme diocèses suffragants ceux d'Angoulême, La Rochelle et Saintes, Limoges et Tulle.

Depuis 2012, l’archevêque de Poitiers est Mgr Pascal Wintzer.

HistoireModifier

Les débuts mouvementés du diocèse de PoitiersModifier

 
Hilaire de Poitiers

À l'époque gallo-romaine, les territoires diocésains ont été fondés en s'appuyant sur les cités organisées par les Romains. Celle des Pictons, dénommés ensuite Pictaves a été évangélisée très tôt. L'histoire du christianisme en Poitou est très obscure jusqu'à l'épiscopat d'Hilaire de Poitiers, premier évêque réellement attesté de la cité au ive siècle. Celui-ci démontrait une action énergique et pastorale dans la lutte pour l'orthodoxie chrétienne. Protecteur de saint Martin, il l'aida à fonder l'abbaye de Ligugé, une des premières de France. Il a été enseveli dans l'église qui porte son nom.

À la chute de l'Empire Romain, plusieurs peuples s'installèrent en Poitou dont les Wisigoths qui réunirent le territoire au Royaume d'Aquitaine au ive siècle. En 507, la bataille de Vouillé signifie le début de la domination franque sur la région, avec Clovis à sa tête. Les Francs s'installent en Poitou dès l'époque des mérovingiens et jusqu'au début de l'époque carolingienne.

Sous les Mérovingiens, le Poitou connaît de fortes instabilités en dépendant successivement des différents royaumes du nord de la France, disputé dans des guerres au cours desquelles le pays est ravagé. Poitiers est alors une ville importante, sainte Radegonde, l'épouse de Clotaire, s'y retire et y fonde l'Abbaye Sainte-Croix vers 544. Un proche de celle-ci, Venance Fortunat, poète de l'époque, est consacré évêque de Poitiers vers l'an 600[1].

Le Poitou est administré sous Dagobert Ier au même titre que l'ensemble du royaume franc. L'Aquitaine est ensuite cédée à son frère Caribert, puis à ses descendants. Rattaché à l'Austrasie, puis à la Neustrie, il fut cependant plus gouverné par ses évêques, qui appartenaient à la famille de Léodegaire. Ceux-ci prirent part aux troubles du nord du royaume, tel Dido et Ansoald.

En 732, les Omeyyades organisent une invasion du territoire au nord des Pyrénées, menés par le général Abd al-Rahman, général et chef des armées musulmanes, leur chevauchée n'est interrompue que par les armées de Charles Martel lors de la bataille de Poitiers.

Le diocèse dans le Poitou des comtes-ducsModifier

Sous les Carolingiens, le Poitou devint un comté dont le premier comte fut Abbon. Cependant, cela n'épargna pas à la région de subir des troubles en raison du partage de l'Empire par Louis 1er entre ses fils.

Les Vikings menés par leur chef Hasting attaquent, puis occupent à la fin du viiie siècle les îles du Bas-Poitou, Yeu et Noirmoutier. Ils s'en servent ensuite de bases arrières pour leurs actions, en remontant les cours des fleuves et réseaux hydrographiques de l'Ouest de la France, détruisant les monastères de Luçon et de Saint-Michel-en-l'Herm, et jusqu'à piller Melle et Poitiers de 852 à 865. En effet, les Vikings dévastèrent Poitiers en 857, incendièrent l'église Saint-Hilaire en 863, et forcèrent la ville à payer rançon. Poitiers fut encore brûlée en 865[2].

Le territoire poitevin a souffert de diverses amputations au cours des siècles. Au milieu du IXe siècle, ce sont les Bretons qui s'emparent du pays de Retz, rattaché alors au Pays Nantais[3]. Avec les invasions normandes et les attaques des comtes d’Anjou au Xe siècle, ce sont les pays d’Herbauges et une grande partie de ceux de Tiffauges et des Mauges qui sont séparés du diocèse de Poitiers et du Poitou[4].

Au XIe siècle, et surtout au XIIe siècle, le Poitou a connu un élan de construction de monuments religieux dans un contexte d'épanouissement de l'art roman dont il reste de nombreux témoins aujourd'hui.

Au début du XIe siècle, un incendie détruit une partie de la ville de Poitiers. Le comte Guillaume III de Poitiers, aussi dit duc Guillaume V d'Aquitaine, fit reconstruire la cathédrale en 1018. Des conciles se tinrent à Poitiers en 1000 et 1023. Tels ses deux prédécesseurs Guillaume 1er-III et Guillaume II-IV, les comtes-ducs se retiraient dans des monastères tels Saint-Maixent ou Maillezais pour finir leurs jours. Guy-Geoffroy, connu sous le nom Guillaume VI-VIII fut un comte-duc guerrier. Cependant, il connu des démêlés avec l'Église obligeant à un concile à Poitiers le concernant. Ayant de bons rapports avec l'évêque de Poitiers, et le roi de France il s'en tira d'affaire. Il est à l'origine de la construction pour des moines clunisiens de Saint-Eutrope de Saintes et de l'abbaye Saint-Jean de Montierneuf à Poitiers. Son fils, Guillaume VII-IX fut en conflit presque constant avec la papauté. Excommunié une première fois pour avoir soutenu Philippe Ier contre le pape, il le fut de nouveau pour avoir enlevé la vicomtesse de Châtellerault et avoir eu une scène violente avec l'évêque. Guillaume VIII-X subit l'influence de Gérard, évêque d'Angoulême qui l'entraîna du côté d'Anaclet contre Innocent II dans le schisme qui déchirait alors la chrétienté. L'évêque de Poitiers, partisan d'Innocent, fut chassé. Sa fille, Aliénor ou Éléonore épousa le fils du roi de France Louis VI. En 1152, cette dernière divorça de Louis VII pour épouser Henri Plantagenêt, comte d'Anjou puis roi d'Angleterre. Ensembles, ils sont à l'origine de la construction de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers à partir de 1160[5]. Après la domination d'Aliénor et de ses fils sur le Poitou, celui-ci entra sous contrôle des rois de France avec Philippe-Auguste. Il fut l'objet de conflits entre l'Angleterre et la France jusqu'en 1259. C'est Alphonse de Poitiers qui gouverna le Poitou à partir de cette date.

Lors de la guerre de Guyenne, Philippe le Bel signa la paix par l'intervention du pape Clément V à Poitiers, deux entrevues entre le roi et le pape s'y sont faites au sujet de l'affaire des templiers en 1306-1308. En 1308, le pape demeura à Poitiers pendant plusieurs mois.

Une réduction au Haut-PoitouModifier

Par la bulle Salvator Noster du 13 août 1317 de Jean XXII, le diocèse est démembré avec la création de ceux de Luçon et de Maillezais en raison principalement de l'extension territoriale de celui-ci et de l'augmentation considérable du nombre de ses habitants, atteignant presque un million de personnes. En effet, l'évêque ne pouvait alors fournir tous les services spirituels nécessaires pour son diocèse. Les abbayes de Luçon et de Maillezais deviennent ainsi deux évêchés. Luçon reçoit la partie occidentale du diocèse de Poitiers, et Maillezais la partie médiane. Il se retrouve ainsi réduit au Haut-Poitou. Les choix des nouveaux évêchés s’appuient notamment sur la forte implantation monastique qui a insufflé au sud du Bas-Poitou un remarquable dynamisme. Ces créations ne sont pas des faits isolés : elles font partie d'un mouvement plus important de réorganisation de l'administration pontificale menée par le pape, qui aboutit à un total de seize nouveaux évêchés dans le sud de la France entre le 11 juillet 1317 et le 7 avril 1318[6].

Un territoire de conflitsModifier

La Guerre de Cent-ans fut une période d'épreuves pour le territoire diocésain. Il fut l'objet de peu de batailles, mais ne fut pas épargné par les pillages.

En 1360, le traité de Brétigny cède le Poitou à l'Angleterre. L'évêque de Poitiers, Aymeri de Mons, refusa le serment de fidélité. Le Prince Noir fit son entrée dans Poitiers en 1362. Mais les Anglais en furent chassés en 1373 par Du Guesclin. En 1417, Poitiers devint pour quatorze ans l'une des villes où s'est établie la cour du roi de France, et pour cela est définitivement rattachée au domaine royal. Après qu'elle se fut présentée à Charles VII à Chinon en 1429, c'est dans cette ville que Jeanne d'Arc fut soumise à un interrogatoire par les autorités ecclésiastiques. Le roi y fit installer une université, instituée par une bulle du pape Eugène IV le 28 mai 1431, et les lettres patentes du 16 mars 1422[7]. Elle comprend quatre facultés en théologie, droit, médecine et arts. À l'issue de la guerre, et Paris reprise aux Anglais, la vie de cour se retira de la ville.

À la fin du XVe siècle, le diocèse de Poitiers s'illustra avec Pierre III d'Amboise, nommé évêque par Louis XI en 1481. Celui-ci fut conseiller du roi Charles VIII. Souvent en désaccord avec le chapitre, il se consacre à la réparation des églises et monastères de son diocèse (telle l'Abbaye Saint-Jouin de Marnes où il fit reconstruire le monastère et le cloître du XIIe siècle[8]), ainsi qu'à la reconstruction du château de Dissay sur les bords du Clain. Il devint par la suite une résidence pour l'évêque de Poitiers jusqu'à la révolution[9]. En ce lieu, il y fonda une collégiale.

Au début du XVIe siècle, le diocèse fut traversé par les idées religieuses nouvelles de la Réforme, et les querelles qui en ont découlé. En effet, Calvin en 1534 se lia avec plusieurs personnes appartenant à l'université, au palais ou au clergé. Des répressions eurent lieu contre les huguenots dans les années qui suivirent. Ceux-ci le 27 mars 1559 ont pillé le couvent des Jacobins. En 1562, ils se rendirent maîtres de Poitiers. Les églises y furent pillées et ravagées comme à Châtellerault. L'armée royale s'empara de la capitale poitevine le 1er août 1562, et les habitants désarmés, comme dans d'autres villes de la région. En 1568, les troubles recommencèrent. Condé et Coligny occupèrent La Rochelle et du Bas-Poitou, base arrière afin de prendre le contrôle du Poitou et notamment de Poitiers. La région connu beaucoup de sièges et de massacres. En 1569, les huguenots s'emparent de petites villes autour de Poitiers, et tentent le siège de la capitale en vain le 24 juillet. Les protestants furent obligés d'abandonner le Poitou, puis s'implantèrent en Bas-Poitou à partir de La Rochelle. À l'issue de la Saint-Barthélemy, la peur amena beaucoup de conversions. Les Guerres de religion prenaient un caractère de plus en plus politique, et les années 1570 à 1580 furent rythmées par les avancées des catholiques et des protestants dans la région incarnés par des chefs comme Henri de Navarre et Condé. En septembre 1577, l'édit de Poitiers accorde le droit au culte réformé dans les faubourgs, et dans les lieux occupés par les huguenots[10]. Le 16 juin 1594 un autre édit rétablit le culte catholique seul à Poitiers et dans les autres villes. L'édit de Nantes permit la mise en place de villes de sûreté pour le culte réformé en Poitou.

Sous le règne d'Henri IV, la paix revint en Poitou. En 1604, les jésuites s'installèrent à Poitiers sur l'ordre du roi. La compagnie entra en possession du collège créé depuis 1522[11]. Cependant, sous le règne de Louis XIII, en septembre 1615, les Huguenots pillèrent les régions de Châtellerault et Chauvigny. Les conflits religieux amenèrent de nouveaux troubles, le parti protestant étant fort dans le Poitou. En 1622, Louis XIII vint dans la province afin de lutter contre l'influence de Benjamin de Rohan. Celui-ci s'enfuit, et le traité de Montpellier mit fin aux hostilités en 1623. Avec Richelieu, Poitiers fut le siège du gouvernement pendant le siège de La Rochelle du 29 novembre 1627 au 28 novembre 1628. En même temps, en juin 1628, une assemblée du clergé de France se réunissait à Poitiers et accordait au roi un subside de 3 millions pour le siège de La Rochelle. Pendant cette période, Henri-Louis Chasteigner de la Roche-Posay fut évêque de Poitiers. Lors de son épiscopat, de nombreux calvinistes professèrent la foi catholique. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de théologie, d'éthique, de commentaires de l'Écriture Sainte, ainsi que d'un livret des litanies des saints du Poitou.

La période des conflits religieux en Poitou fut aussi l'occasion de l'exil d'un nombre assez important de Poitevins, souvent au départ du port de La Rochelle, vers les Antilles et La Réunion, le Québec, l'Acadie et la Louisiane.

La Fronde eu un retentissement faible dans le Poitou. Les rigueurs de Louis XIV vis-à-vis des protestants s'y manifestèrent par contre fortement. Des temples furent détruits, et la région fut traversée par les épisodes de dragonnades. Les dragons furent employés tant à convertir par force qu'à poursuivre ceux qui se réfugiaient dans les bois. Hardouin Fortin de La Hoguette, évêque de Poitiers fit en sorte pendant son épiscopat de convertir "des milliers de calvinistes".

 
Marie-Louise Trichet et Louis-Marie Grignon de Montfort

Dans le contexte des famines et des épidémies qui marquèrent la fin du règne de Louis XIV, Marie-Louise Trichet de Poitiers, est fondatrice avec saint Louis-Marie Grignion de Montfort des Filles de la Sagesse en 1703 dans le but d'évangéliser les pauvres, elle a été béatifiée en 1993 par le pape Jean-Paul II.

Les bouleversements de la RévolutionModifier

 
Martial-Louis de Beaupoil de Saint-Aulaire

En 1789, aux États généraux, Martial-Louis de Beaupoil de Saint-Aulaire, évêque de Poitiers, s'est montré dans l'Assemblée préparatoire de son ordre tenue à Poitiers pour la rédaction des cahiers, très opposé aux prétentions du bas-clergé défendues par l'abbé Jacques Jallet qui sera élu député le 1er avril. Il siégea parmi les plus obstinés défenseurs de l'ancien régime et se montra, dès le début, l'adversaire de toutes les innovations et de toutes les réformes proposées dont la Constitution civile du clergé.

En conséquence de cette dernière, de 1790 à 1801, Poitiers fut le siège épiscopal du diocèse du département de la Vienne, un des quatre-vingt-trois diocèses de l'Église constitutionnelle. Le 27 février 1791, un évêque constitutionnel fut élu pour le département de la Vienne en la personne de René Lecesve, qui mourut le 22 avril 1791 d'une crise cardiaque. Son décès imprévu laissa vacant le siège épiscopal de la Vienne. Charles Montault-Désilles fut élu le 4 septembre 1791, par une assemblée présidée par son frère Pierre Montault-Désilles et toute acquise à sa candidature.

La partie occidentale du diocèse de Poitiers devint le diocèse des Deux-Sèvres dont le siège épiscopal était l'abbaye de Saint-Maixent. L'évêque Jean-Joseph Mestadier (1791-1801) s'est affairé à traquer les nobles et les insermentés. En 1793, il accepte sa déprêtrisation et se démet en . Après la Terreur, il tente de récupérer son siège épiscopal en vain.

Le diocèse au XIXe siècleModifier

Avec le concordat de 1801, ratifié par le pape avec la bulle Ecclesia Christi du 15 août 1801, le diocèse est réagencé, et couvre les deux départements de la Vienne et des Deux-Sèvres. À l'occasion de ce concordat, ce sont 93 paroisses, qui avaient appartenu au diocèse de Maillezais qui réintègrent celui de Poitiers, en même temps que quelques paroisses de l'ancien diocèse de Saintes, issues des archiprêtrés de Surgères et de Mauzé.

L'évêque de Poitiers Jean-Baptiste-Luc Bailly s'emploie à réparer les maux matériels et moraux de la période révolutionnaire dans son diocèse confronté notamment à la Petite Église des Deux-Sèvres. Il réinstalle par un mandement le chapitre de chanoines de sa cathédrale. Le suivirent des évêques proches du pouvoir impérial, dont Sylvestre-Antoine Bragouse de Saint-Sauveur qui administra le diocèse de 1809 jusqu'à la Restauration sans jamais recevoir la confirmation épiscopale de la part du pape Pie VII.

Le diocèse de Poitiers est marqué par le martyr de deux missionnaires au Tonkin : Jean-Charles Cornay, déclaré Vénérable le 19 juin 1840 par Grégoire XVI, inscrit au martyrologe le 2 juillet 1899 par Léon XIII, béatifié par Léon XIII le 27 mai 1900. Théophane Vénard, déclaré bienheureux le , par le pape saint Pie X. Ils sont tous deux canonisés par le pape Jean-Paul II le 20 juin 1988, parmi les cent dix-sept martyrs du Viêt-Nam[12],[13].

 
Louis-Édouard Pie

Le diocèse fut mis en lumière à la fin du XIXe siècle par la personnalité de Louis-Édouard Pie[14]. Celui-ci contribua à faire décerner à saint Hilaire et plus tard à saint François de Sales le titre de docteur de l'Église. Il était un défenseur de la doctrine catholique et combattait le libéralisme contemporain. Il s'employa à faire reprendre la célébration des conciles provinciaux. Tenu en rigueur par le pouvoir civil,il défendait les droits de l'Église et du Saint-Siège notamment dans le cadre de l'annexion des territoires des États pontificaux par le Royaume d'Italie en 1870. Dans son diocèse, iI érigea de nouvelles paroisses. II fit venir dans son diocèse des congrégations religieuses. Promoteur des sciences ecclésiastiques, il créa une faculté de théologie catholique de l'université de Poitiers[15]. En 1879, le pape Léon XIII le créa cardinal.

De diocèse à archidiocèseModifier

Le 1er septembre 1973, la commune du Puy-Saint-Bonnet à l'occasion de son intégration à la commune de Cholet, est par la même occasion intégrée au département de Maine-et-Loire. Elle est rattachée au diocèse d’Angers le 1er septembre 1974.

En 2002, le diocèse de Poitiers a été élevé au rang d'archidiocèse métropolitain. Il a depuis pour suffragants les diocèses d'Angoulême, Limoges, La Rochelle et Tulle[16]. La province ecclésiastique de Poitiers couvre ainsi les deux anciennes régions administratives de Poitou-Charentes et du Limousin. Albert Rouet en devient le premier archevêque.

Depuis 2012, Mgr Pascal Wintzer est l'archevêque de Poitiers.

GéographieModifier

Le territoire diocésain s'étend sur les deux départements poitevins de la Vienne et des Deux-Sèvres qui avoisinent les 800 000 habitants. Celui-ci est constitué de trois villes principales : Niort, Poitiers et Châtellerault. La ville de Poitiers, siège épiscopal offre une longue tradition intellectuelle avec son université créée en 1431. Le diocèse a cependant des fondements ruraux et agricoles.

Le diocèse est frontalier de ceux de Luçon (Vendée), Angers (Maine-et-Loire), Tours (Indre-et-Loire), Bourges (Cher et Indre), Limoges (Haute-Vienne et Creuse), Angoulême (Charente) et La Rochelle et Saintes (Charente-Maritime et Saint-Pierre-et-Miquelon)

Organisation territorialeModifier

Depuis 2014, le diocèse est divisé en 28 paroisses.

Cathédrale et basiliquesModifier

La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers est l'église cathédrale du diocèse. Elle a été élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie X le 1er mars 1912.

L'autre basilique du diocèse est l'église Saint-Hilaire le Grand à Poitiers.

ÉglisesModifier

Le Poitou est une région où l'art roman s'est épanoui de façon plus importante que dans d'autres régions de France. Cet art a bénéficié de l'influence de l'architecture gallo-romaine, expliquant la présence d'édifices exceptionnels. Aussi, de façon plus discrète se distinguent des édifices d'art gothique, dont certains d'influence angevine. Au xixe siècle, quelques églises sont élevées de manière assez académique afin de remplacer des églises jugées vétustes.

AbbayesModifier

De nombreuses abbayes ont été fondées dans le diocèse de Poitiers. Si certaines ont fermé, d'autres demeurent actives aujourd'hui.

Deux-Sèvres

Vienne

Évêques et archevêques de PoitiersModifier

StatistiquesModifier

En 2016, l'archidiocèse comptait 652731 baptisés sur une population de 801601 personnes, correspondant à 81.4% du total.

année population prêtres diacres religieux parroisses
baptisée totale % nomb séculiers réguliers nombre de baptisés par prêtre hommes femmes
1950 580.000 613.487 94,5 792 666 126 732 152 1.703 643
1970 632.000 666.718 94,8 729 606 123 866 168 1.105 605
1980 665.000 698.000 95,3 543 456 87 1.224 2 129 851 604
1990 693.000 716.000 96,8 437 379 58 1.585 20 117 1.015 604
1999 672.610 725.942 92,7 314 300 14 2.142 25 47 699 604
2000 670.000 744.342 90,0 306 294 12 2.189 26 27 674 604
2001 669.000 743.416 90,0 303 290 13 2.207 26 44 665 604
2002 669.000 743.411 90,0 291 279 12 2.298 27 45 595 604
2003 670.000 743.417 90,1 277 268 9 2.418 30 39 558 604
2004 670.000 743.417 90,1 297 261 36 2.255 33 53 535 604
2013 670.000 790.900 84,7 223 198 25 3.004 39 47 379 604
2016 652.731 801.601 81,4 181 171 10 3.606 44 36 352 600

Notes et référencesModifier

  1. Fortunatus, Venantius Honorius Clementianus, approximately 540-approximately 600. et Bibliothèque municipale de Poitiers. 250., La vie de sainte Radegonde par Fortunat : Poitiers, Bibliothèque municipale, manuscrit 250 (136), Seuil, (ISBN 2-02-023823-3 et 978-2-02-023823-6, OCLC 37509650, lire en ligne)
  2. « Invasions: les Normands ou Vikings », sur oc.land.free.fr (consulté le 31 décembre 2019)
  3. Combes, Jean, 1936- et Bernard, Gilles., Histoire du Poitou et des pays charentais : Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime, De Borée, (ISBN 2-84494-084-6 et 978-2-84494-084-1, OCLC 48558436, lire en ligne)
  4. Cyprien Henry, « Teddy Véron. L’intégration des Mauges à l’Anjou au XIe siècle, 2007 », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 166, no 2,‎ , p. 589–591 (lire en ligne, consulté le 31 décembre 2019)
  5. Dillange, Michel., Les comtes de Poitou : ducs d'Aquitaine (778-1204), Geste éditions, (ISBN 2-910919-09-9 et 978-2-910919-09-2, OCLC 35212897, lire en ligne)
  6. Jean-Nicolas Rondeau, « La création des diocèses de Maillezais et de Luçon au début du xive siècle », dans L'abbaye de Maillezais : Des moines du marais aux soldats huguenots, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-2305-0, lire en ligne), p. 229–249
  7. Charles Chergé, Le guide du voyageur à Poitiers, H. Oudin, (lire en ligne)
  8. Benoît Garros, « Saint-Jouin-de-Marnes », ADLFI. Archéologie de la France - Informations,‎ (ISSN 2114-0502, DOI 10.4000/adlfi.611, lire en ligne, consulté le 31 décembre 2019)
  9. « Château de Dissay », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 31 décembre 2019)
  10. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification/edit_08, sur elec.enc.sorbonne.fr (consulté le 31 décembre 2019)
  11. Joseph Delfour, Les Jésuites à Poitiers (1604-1762), Paris, Hachette, (lire en ligne)
  12. « Saint Jean-Charles Cornay », sur nominis.cef.fr (consulté le 31 décembre 2019)
  13. « Saint Jean-Théophane Vénard », sur nominis.cef.fr (consulté le 31 décembre 2019)
  14. Baunard, Louis ( 1826-1919), Histoire du Cardinal Pie, évêque de Poitiers, H. Oudin, (OCLC 971631897, lire en ligne)
  15. « Cardinal Louis-François-Désiré-Edouard PIE (1815-1880), Cardinal Louis-Edouard PIE, Nos Auteurs - Chiré », sur www.chire.fr (consulté le 31 décembre 2019)
  16. « Église catholique. Diocèse. Poitiers », sur data.bnf.fr (consulté le 31 décembre 2019)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier