Dalmasio Scannabecchi

peintre italien

Dalmasio Scannabecchi ou plus précisément Dalmasio di Jacopo degli Scannabecchi, né à Bologne vers 1315 et mort en 1374, est un peintre italien des débuts de la Renaissance, un des protagonistes de l'école bolonaise[1], actif de 1342 à 1373.

Dalmasio Scannabecchi
Naissance
Décès
Activité

BiographieModifier

 
Flagellation, Musée d'art de Seattle.

Dalmasio appartenait à une branche secondaire de la famille noble des Gibelins Scannabecchi, bannie de la ville à plusieurs reprises. Il est né à Bologne vers 1315 : dans un document daté du 24 septembre 1342, où il est orphelin de son père Jacopo, il apparaît en effet comme témoin et donc déjà majeur, c'est-à-dire qu'il avait plus de vingt-cinq ans. La confirmation vient des Vingt-Cinq (listes des manipules de 25 hommes d'âge conduites par un capitaneus destiné à la garde civique), dans lesquelles son nom n'apparaît qu'en 1342[2].

En 1350, il épouse Lucia, sœur du peintre Simone dei Crocifissi[3], avec qui il est lié par des relations autant amicales que professionnelles. En recevant la dot de sa femme Lucia, le 5 avril 1350, il déclare avoir plus de vingt-cinq ans[4]. Les autres documents, qui attestent de la présence du peintre à Bologne, actif dans la chapelle San Dalmasio et San Domenico (1352-1356 et 1370-1373), ne font malheureusement aucune référence à des peintures ou commandes artistiques attribuables à des œuvres connues.

Entre 1359 et 1365 il est documenté à Pistoia : comme nous l'apprend le Memoriali, Dalmasio nomme son beau-frère Simone comme son procureur à Bologne[5], qui profite à son tour de cette situation, ajoutant sa clientèle avec celle de Dalmasio[6]. L'atelier de Dalmasio et Simone est probablement l'un des plus importants de Bologne à cette époque et connait une forte concurrence de l'atelier familial de Niccolò da Bologna et Jacopo di Paolo. Aidé par cette union prolifique, Dalmasio peut se concentrer sur le travail à Pistoia où l'on sait qu'en 1359 il est payé pour peindre et décorer les portes d'un tabernacle en marbre de l'Église Saint-Jean-hors-les-murs[7].

Dalmasio est probablement mort durant l'hiver 1373-1374 : le dernier document le concernant, son testament, date de novembre 1373. Son fils Lippo Dalmasio, peintre très prolifique à Bologne, serait né vers 1355[8] : dans la première documentation officielle relative au cadet des deux Scannabecchi, concernant un acte de vente de propriétés héritées de son père Dalmasio (août 1377), Lippo semble être accompagné de son oncle Simone car il est encore mineur.

Il a formé son fils Lippo, nommé Lippo dalle Madonne, et aussi Vitale da Bologna.

Activité artistique et le Pseudo-DalmasioModifier

 
Vierge à l'Enfant et un chien, 1330-35 ca. (Bologne).

La formation artistique de Dalmasio a d'abord été influencée par les innovations de Giotto di Bondone: on croyait pouvoir reconnaître l'intervention du jeune Dalmasio dans les bustes de saints peints dans la prédelle du polyptyque signé par Giotto, créé pour une église bolognaise et aujourd'hui à la Pinacothèque nationale de Bologne[9] . Plus tard, son style se rapproche de l'esprit narratif piquant de Vitale da Bologna. La magnifique Vierge à l'Enfant Johnson, aujourd'hui conservée au Philadelphia Museum of Art, daterait des années 1340.

Dans les années quarante, il serait à Florence, où les fresques avec les Histoires de la vie de saint Grégoire dans la Chapelle Bardi (Santa Maria Novella) lui sont attribuées (une partie de la critique actuelle date les fresques florentines des années trente du XIVe siècle, excluant ainsi Dalmasio du rôle d'auteur et attribuant l'ensemble de l'œuvre au « Pseudo Dalmasio »).

Entre 1359 et 1363, il aurait pu peindre les fresques avec les Histoires de la vie de saint François dans l'église dédiée au saint à Pistoia : ici la référence aux Histoires giottesques similaires à Assise est évidente, à la fois dans la récupération précise des épisodes et du point de vue stylistique (Dalmasio intègre des solutions plastiques plus corsées). Un document daté de 1359 rappelle que Dalmaxius pictor bononiensis, présent à Pistoia, a peint un tabernacle pour l'église Saint-Jean-hors-les-murs[10] ; dans les années suivantes le même Dalmasio est actif dans la ville toscane : ces données documentaires ont permis de reconnaître dans Dalmasio le peintre (de formation bolognaise évidente) qui a peint à fresque la chapelle principale de l'église San Francesco de Pistoia. De cette attribution découle le corpus d'œuvres attribuées à Dalmasio ou au « Pseudo Dalmasio »[11]. La nécessité d'utiliser cette formule onomastique découle d'un décalage réel ou présumé entre les dates des œuvres attribuées et l'histoire chronologique du Dalmasio des documents[12]. Selon certains auteurs, les fresques de Pistoia devraient être datées de 1343, date reportée sur une plaque in situ : cependant, la plaque ne fait pas référence à la décoration picturale, mais seulement à l'attribution de la chapelle principale à la famille Ciantori.

Œuvres attribuéesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Robert Gibbs, « Two Families of Painters at Bologna in the Later Fourteenth Century », The Burlington Magazine, Vol. 121, no 918, septembre 1979, pp. 560-573.
  2. Raffaella Pini, 2005, pag. 56 (qui, cependant, considère l'âge minimum pour y accéder à dix-huit ans et reporte la date de naissance à environ 1325)
  3. Filippini-Zucchini
  4. Raffaella Pini, 2005.
  5. Lodovico Frati, 1910.
  6. Roberto Eduardo de Simone, Lippo di Dalmasio: Analisi materiale dei dipinti murali, Tesi di Laurea, relatore Fabrizio Lollini; Corso di laurea DAMS, Università degli Studi di Bologna, p. 46-47.
  7. Peleo Bacci, 1941-43; Filippini-Zucchini, p. 59.
  8. Roberto Eduardo de Simone, Lippo di Dalmasio: Analisi materiale dei dipinti murali, Tesi di Laurea, relatore Fabrizio Lollini; Corso di laurea DAMS, Università degli Studi di Bologna, pp. 53
  9. Laclotte 1978.
  10. Peleo Bacci, 1941-43; Filippini-Zucchini, p. 59.
  11. Longhi 1950.
  12. Boskovits 1975.

BibliographieModifier

  • Lodovico Frati (it), Dalmasio e Lippo de'Scannabecchi e Simone de'Crocifissi, in "Atti e memorie della R. Deputazione di storia patria per la Romagna", s. 3., XXVII (1910).
  • Peleo_Bacci (it), Documenti e commenti per la storia dell'arte: due capitoli inediti della vita di Giovanni Pisano, notizie sui pittori bolognesi Dalmasio di Jacopo Scannabecchi e Lippo di Dalmasio, a Pistoia (1359-1389), in "Le arti: rassegna bimestrale dell'arte antica e moderna", 1941-1942, p. 98–113.
  • Francesco Filippini e Guido Zucchini, Miniatori e pittori a Bologna: documenti dei secoli XIII e XIV, Sansoni, Firenze 1947, p. 57–61.
  • Roberto Longhi, Prefazione alla Guida alla mostra della pittura bolognese del Trecento (Pinacoteca Nazionale di Bologna, mai - juin 1950), Bologne 1950.
  • Gian Lorenzo Mellini, Commento a Dalmasio, in "Arte illustrata", III, n. 27-29 (mar.-mag. 1970), p. 40–55.
  • Miklos Boskovits, Pittura fiorentina alla vigilia del Rinascimento: 1370-1400, Firenze 1975, p. 40.
  • Michel Laclotte, Retables italiens: du 13. au 15. siècle (catalogo della mostra, Paris, Musée National du Louvre, 14 octobre 1977, 15 janvier 1978), Paris 1978, p. 14–17.
  • Daniele Benati, Pittura del Trecento in Emilia-Romagna, in La pittura in Italia. Il Duecento e il Trecento, Electa, Milano 1986, vol. 1., p. 193–232 et vol. 2, p. 567–568.
  • Daniele Benati, voce Dalmasio di Jacobo degli Scannabecchi, in Enciclopedia dell'arte medievale, Istituto della Enciclopedia italiana, vol. V, Roma 1993, p. 612–614.
  • David Sicari, Dalmasio e la colonna di Sant'Onofrio, in "Strenna storica bolognese", 2001, p. 511–518.
  • Raffaella Pini, Il mondo dei pittori a Bologna 1348-1430, Bologna: Clueb, 2005
  • Daniele Benati, Tra Giotto e il mondo gotico: la pittura a Bologna negli anni di Bertrando del Poggetto,, in Giotto e le arti a Bologna al tempo di Bertrando del Poggetto (catalogo della mostra: Bologna, Museo Civico Medievale, 3 dicembre 2005-28 marzo 2006) Milano 2005, p. 55–77.
  • Flavio Boggi - Robert Gibbs, Lippo di Dalmasio. «Assai valente pittore». Bononia University Press, Bologna 2013, p. 33–37 et suite (ISBN 978-8873958468).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier