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Dôme de sel

formation géologique
Coupe géologique simplifiée de la partie nord de l'Allemagne montrant les dômes de sel (en bleu)
Image satellite d'un dôme de sel dans les Zagros (structure blanche au centre de l'image).
Image satellite tridimensionnelle de dômes de sel dans les Zagros : on voit deux structures sombres qui s'étalent, comme des « glaciers salés ».

Un dôme de sel ou dôme salin est une structure naturelle formée par la remontée de halite (sel), très ductile et plus légère que les roches avoisinantes (d=2,16 contre d=2,7 en moyenne dans la croûte supérieure). Le sel en remontant peut former différentes structures de taille kilométrique (diapirs, dômes, feuillets, piliers etc.).

Le terme « dôme salin » est parfois utilisé, fautivement, pour indiquer des silos en forme de dôme et qui contiennent du sel pour dégivrer les routes.

Sommaire

GéologieModifier

Le dépôt de grandes quantités de sel est lié à un climat aride et/ou un milieu confiné (bassin endoréique, comme le Grand Bassin du Nevada ou le plateau tibétain). En Europe, la grande majorité du sel exploité date du Trias.

La grande ductilité du sel permet la « cicatrisation » des fractures ; il est de fait imperméable. Sa migration vers le haut déforme les couches avoisinantes en antiforme. L'association d'une structure antiforme et d'une couche imperméable permet le piégeage des hydrocarbures. Ces structures forment la plupart des sources de pétrole dans le golfe du Mexique. À cause de leur nature imperméable, ces dômes sont également utilisés pour stocker des matières premières ou des matières dangereuses.

On ne peut observer de sel gemme à l'affleurement que dans les milieux arides (comme les montagnes d'Iran, voir illustration). En effet, la halite est très facilement dissoute dans l'eau [1].

Les dépôts de sel permettent également de localiser la déformation : la grande ductilité de ces roches forme une "couche savon" dans laquelle peuvent s'enraciner les failles. Ainsi, la chaîne du Jura est très directement liée à la présence d'évaporite du Trias en profondeur[2].

Îles formées par des dômes de selModifier

Stockage des déchets radioactifsModifier

Pour stocker les déchets, on parle (dans la majorité des pays) de les enfouir quelques centaines de mètres sous terre, et sur des galeries de plusieurs kilomètres de long. Cependant, il faut éviter un maximum la corrosion des combustibles irradiés au contact de l'eau. Pour ce faire, on peut mettre les déchets dans des containers métalliques et choisir l'endroit où les enfouir. Les dômes de sel font partie des endroits intéressants.

En fait, bien que cela puisse paraître intéressant, réaliser un stockage de déchets radioactifs, type haute radioactivité et longue durée de vie, est totalement inadéquat dans les couches de sel. En effet, la chaleur dégagée engendre dans le massif une élévation de température qui favorise la fluidité du sel (le sel est un matériau qui flue) et compte tenu de sa faible densité par rapport aux terrains voisins, déterminera un effet de remonté accéléré des déchets stockés vers la surface. Or le propre d'un stockage de déchets radioactifs est de garantir que les déchets ne migreront pas sur le long terme (entendre milliers d'années) par rapport à l'endroit où ils ont été placés et, de plus, qu'ils ne seront par érodés par une circulation d'eau. (phénomène de lixiviation)

EffondrementsModifier

L'érosion par dissolution de la halite des dômes de sel est connue pour créer des dépressions à la surface, des fontis et des dolines naturelles. L'exploitation des dômes par l'homme à des fins d'extraction d'hydrocarbures, de sel, de gypse ou de soufre est aussi connue pour avoir provoqué plusieurs catastrophes du fait de l'effondrement de cavernes instables ou abandonnées. La plupart s'effondrent par le haut, en 2012, une caverne s'effondre par le côté et crée la doline de Bayou Corne.

Notes et référencesModifier

  1. Alkattan, M. et al., 1997, Experimental studies of halite dissolution kinetics, 1 The effect of saturation state and the presence of trace metals Chemical Geology, v. 137 (3-4), p. 201-219
  2. Sommaruga, A., 1999, Decollement tectonics in the Jura foreland fold-and-thrust belt: Marine and Petroleum Geology, v. 16, p. 111-134.

Articles connexesModifier