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La Culture de Hamangia est une civilisation du Néolithique moyen, qui s'est développée au cinquième millénaire avant notre ère sur la côte ouest de la mer Noire, autour des bouches du Danube et du Tyras, dans les actuelles régions du Boudjak, de la Dobrogée et de la Ludogorie, entre le cours inférieur du Dniestr dans l'actuelle Ukraine, et la partie orientale des monts Haemos dans l'actuelle Bulgarie[1]. Son nom provient du site de Baia-Hamangia, découvert en 1952 sur les rives du liman Golovitsa en Roumanie[2].

Les „Penseurs” de Cernavodă, terre cuite, 11 cm, exposés au Musée d'archéologie de Constanța[3].

Sommaire

OrigineModifier

On ignore l'origine des populations ayant développé la culture de Hamangia, mais les archéologues rapprochent ses artefacts des cultures pontiques et anatoliennes. Elle débute alors que les phases les plus tardives de la culture de Dudești (en) s'achèvent[4].

CaractéristiquesModifier

Cette culture a duré environ six siècles.

  • les sites les plus anciens forment la phase de Medgidia,
  • les sites d'âge moyen (dernier tiers du cinquième millénaire) forment la phase de Golovița, contemporaine de la phase Bolintineanu de la culture de Boian (en) (site de Baia),
  • les débuts du quatrième millénaire correspondent à la fin de la culture de Hamangia (énéolithique tardif, sites de Ceamurlia et de Mangalia), corrélée avec l'émergence de la culture de Starčevo[5].

Les habitats, dispersés et non-fortifiés, sont généralement hypogés à foyer central, une chaumière sur poteaux recouvrant le sol creusé ; des grottes ont aussi été occupées par les Hamangiens, qui ont parfois aménagé des terrasses dans le lœss pour leurs cultures.

On a extrait des sites hamangiens de nombreuses hachettes polies de forme trapezoïdale, à section rectangulaire ou biconvexe. Le silex et l'obsidienne dominent, contrairement aux objets en laiton, qui restent rares et sont surtout des bijoux, comme à Agigea.

La poterie, qui a particulièrement servi à caractériser la culture de Hamangia, est réalisée sans tour, en argile mêlée de sable coquiller en provenance de la mer Noire. Les poteries les plus anciennes sont ornées de barbotines blanches ou jaunes ; les plus récentes sont noires, fines et polies. Outre les bols et les coupes, les Hamangiens utilisaient de nombreux pots ventrus à col droit.

Cette culture se distingue aussi par ses figurines stylisées en grande majorité féminines, assises ou debout. Les plus connues sont les „Penseurs” de Cernavodă, exposés à Constanța, qui représentent, peut-être, un couple de personnages importants ou bien des divinités de cette culture déjà pastorale et agricole[6]. Les déchets alimentaires des Hamangiens montrent qu'ils cultivaient en effet des céréales et élevaient des caprins et des ovins, cueillaient des racines, pêchaient et chassaient[7].

Les Hamangiens inhumaient leurs morts, le plus souvent étendus, plus rarement en position fœtale. Les tombes peuvent être isolées mais le plus souvent sont groupées en nécropoles parfois importants comme celle de Cernavodă, contenant plus de 400 tombes. Le mort était entouré d'offrandes : poteries, bijoux, fleurs (on trouve les pollens), denrées alimentaires, outils[8].

DisparitionModifier

La culture de Gumelnița subit l'influence de celle de Hamangia et lui succède.

Notes et référencesModifier

  1. Daniel Glyn, Enzyklopädie der Archäologie, Verlag Nikol, Hamburg 1996, (ISBN 3-930656-37-X)
  2. Dumitru Berciu, Cultura Hamangia, București, Editura Academiei Republicii Socialiste România, 1966.
  3. https://www.minac.ro/
  4. P. Hasotti, Epoca neolitică în Dobrogea, Constanța 1997
  5. Istoria României (« Histoire de la Roumanie »), Vol. I Moștenirea Timpurilor Îndepărtate (« L'héritage des temps les plus anciens »), Editura Enciclopedică, Bucarest 2001
  6. Ioan Scurtu, România : evoluție în Timp și Spațiu, Arhivele Naționale ale României, Editura Enciclopedică, Bucarest 1996, p. 27
  7. D.M. Pippidi, Dicționar de istorie veche a României (Paleolitic, sec X), Editura Științifică, Bucarest
  8. D.M. Pippidi, Dicționar de istorie veche a României 319-321.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier