Compañía del Ferrocarril de Lérida, Reus y Tarragona

Compañía del Ferrocarril de Lérida, Reus y Tarragona

La Compagnie du chemin de fer de Reus à Tarragone est l'un des plus vieux à avoir été étudié dans la péninsule espagnole. Les principaux intéressés sont alors les agriculteurs de la région, qui comptent sur l'exportation de leurs produits, mais aussi la ville de Tarragone qui a besoin des exportations pour faire vivre son port. Tous ces espoirs vont être réduits à néant par la mort de Ferdinand VII et la première guerre carliste en 1833.

Création du réseauModifier

L'inauguration du chemin de fer de Barcelone à Mataró constitue une véritable aubaine pour les habitants du secteur, qui y voient un débouché possible. Des contacts sont pris avec des banquiers français : Hyppolyte Destrem et Alexandre Mallet. Il s'agit de l'une des premières interventions du capitalisme français dans les chemins de fer espagnols. Les promoteurs de cette ligne n'avaient pas vraiment de vision d'avenir, puisque la gare de Reus était prévue en terminus, augurant mal de futures connexions. Il n'empêche qu'ils vont faire preuve de persévérance. Les notables locaux font un voyage à Paris en 1852 pour rencontrer Destrem, qui les fait entrer dans le monde de la finance parisienne. Un "grand" projet voit le jour, qui devrait avoir un rayonnement supérieur... Atteindre Lérida. Deux compagnies distinctes sont nécessaires pour y parvenir : la Compañia del Ferrocarril de Montblanch a Reus et la Compañia del Ferrocarril de Montblanch a Lerida.

Ouverture des lignes à l'exploitation :

Date Section Longueur (km)
17/06/1856 Reus-Tarragona 14,955
13/05/1863 Montblanc-Reus 27,484
26/06/1865 Espulgas-Montblanch 6,428
4/11/1865 Vimbodi-Espulgas 4,927
09/1872 Vinaixa-Vimbodi 7,742
17/06/1874 Borja-Vinaixa 15,866
19/09/1878 Juneda-Las Borjas 5,070
19/05/1879 Lérida-Juneda 19,279

RachatModifier

Peu viables séparément, les trois compagnies décident de fusionner en 1867 pour former la Compañia del Ferrocarril de Lérida, Reus y Tarragona. Cela n'améliore en rien les résultats économiques de l'ensemble, mais aiguise les appétits de la puissante Compañia de los Caminos de Hierros del Norte qui voit là la possibilité de se procurer un nouveau débouché sur la Méditerranée. Profitant de la baisse des actions des petites compagnies, le Norte en achète de grandes quantités, jusqu'à obtenir la majorité. Dès lors, Destrem a beau jeu de dénoncer les manœuvres de la grande compagnie, la fusion devient inévitable. Elle est réalisée en 1884.

Matériel de la Compañia del Ferrocarril de Lérida, Reus y TarragonaModifier

Le parc de la compagnie est réduit à sa plus simple expression, avec 12 machines, 35 voitures, et 127 wagons en 1876. Compagnie pauvre, le LRT a parfois acheté des "fonds de tiroirs" des constructeurs. Les 15 et 16, achetées en 1880, avaient été construites pour le Menphis El Paso and Pacific RR. Les 22 à 24 étaient à l'origine destinées à la Russie.

Type N° LRT N° Norte Constructeur N° Usine Année Poids Notes
120 T 1 à 2 268 à 269 Sharp-Stewart 934 à 935 1856 25,0 Ex TR
120 3 Sharp-Stewart ? 1858 28,0 Ex RT
120 4 270 puis 158 Graffenstaden 110 1861 Ex RM 4
120 5 271 Ernest Goüin 561 1862 22,4 Ex RM 3
030 6 à 7 387 à 388 Ernest Goüin 559 à 560 1862 34,3 Ex RM 1-2
120 8 à 12 272 à 276 Graffenstaden 320 à 324 1864 21,4
030 13 à 14 369 à 390 Graffenstaden 316 à 317 1865 32,0
030 15 à 16 391 à 392 André Koechlin 1256 et 1255 1870 40,0
030 17 à 19 393 à 395 M.F. Esslingen 1881 à 1883 1882 37,8
030 20 à 22 396 à 398 Egestorff 1423 à 1425 1883 38,0
030 23 à 24 481 à 482 Vulcan, Stettin 899 à 900 1885 39,7

Notes et référencesModifier

  • Références
    • Wais, Francisco. Historia de los Ferrocarriles Españoles, Tome 1, p. 214-215. Fundation de los ferrocarriles españoles, Madrid, 1968, 1974, 1987. (ISBN 84-398-9876-2 et 84-398-9875-4)