Cinéma kazakh

L'expression de cinéma kazakhstanais recouvre l'ensemble des activités de production et réalisation au Kazakhstan, d'abord comme composante du cinéma russe et soviétique puis de façon indépendante à partir de 1991. La production kazakhe des années qui précèdent l'indépendance peut être distinguée de la production russe par la langue de tournage des films concernés ou par la nationalité de leurs réalisateurs.

HistoireModifier

Avant 1945Modifier

Le cinéma kazakh a commencé au début du XXe siècle, lorsque le Kazakhstan était intégré à l'Union soviétique

Dans les années 1930 des films documentaires sont réalisés à Alma-Ata (Almaty).

Le premier film kazakh, Amangeldy (1939) dont le sujet est le chef de la révolution de 1916 est réalisé à Leningrad, en Russie.

1945-1980Modifier

Shaken Aimanov (en) est un des plus importants réalisateurs kazakhstanais d'après-guerre.

On peut aussi nommer Sultan-Akhmet Khodjikov, lauréate du Prix d’État de la RSS kazakhe en 1971 et 1972. En 1970, il porte à l'écran le poème lyrique et épique populaire kazakh Kyz Jibek[1] dans le film du même nom qui met en vedette Maruert Utekesheva, Kuman Tastanbekov et Asanali Ashimov.

Fin des années 1980 - début des années 1990 : Nouvelle Vague du cinéma kazakhstanaisModifier

La fin des années 1980 et le début des années 1990 voient l'émergence de plusieurs réalisateurs. Ils ont été envoyés à Moscou par le réalisateur Sergueï Soloviov pour être formés à l'école de cinéma VGIK. En 1988, Rachid Nougmanov réalise Igla avec Viktor Tsoï dans le rôle principal, alors que Talgat Temenov réalise Un louveteau parmi les hommes. L'année suivante Serik Aprymov réalise Terminus et Abai Karpykov réalise Un petit poisson amoureux. En 1991, Ardak Amirkoulov réalise La Chute d’Otrar, alors que Amir Karakoulov sort Une Femme entre deux frères[2],[3].

Cinéastes actifs au Kazakhstan avant 1980Modifier

  • Huat Abusejtov (1904-) : Rafale (1958), La route de la vie (1959), Naïzatas (1969)
  • Saken Ajmanov (1914-1970) : Le poème d'amour (1954),...
  • Efim Aron (1906-) : Les chants d'Abaï (1945), La corne d'or (1948), Botagoz (1957), Sur la rive sauvage de l'Irtych (1959)
  • Mazit Begalin (1922-) : Ce fut à Chougla (1954), Son temps viendra (1957), Retour sur terre (1959), La piste se perd à l'horizon (1964), Protégeons Moscou (1967), Le chant de Manchouk (1969)
  • Emir Fajk (1909-) : Un cadeau volant (1956), Une fois, la nuit (1959), Mon petit garçon (1962), Interroge ton cœur (1964)
  • Sultan-Ahmet Hodzikov (1923-) : Mère et fils (1956), Nous, ceux de Semiretch (1958), Si chacun d'entre nous... (1961), Kyz-Jubek (1970)
  • Aleksandr Karpov (1922-) : Le silence (1960), Le flottage (1961), Le dit de la mère (1963), Mille verstes de route (1968)
  • Abdulla Karsakbaev (1926-) : On m'appelle Koja (1963), Matin anxieux (1967), Voyage dans l'enfance (1969), Poursuite dans la steppe (1980)
  • Eldor Urazbaev (1940-) : Le Rapid-Transsibérien (1977)
  • Lavrenti Son (1941-)

Mais aussi :

  • Leonid Agranovic (1942-) : Le bouclier de la ville (1979)
  • Sarip Bejsemmbaev (1926-) : C'est notre fils (1959), Nous sommes quatre (1971), Garde ton étoile (1975)
  • Pavel Bogoljubov (1904-1955) : La jeune cavalière (1955)
  • Jurij Culjukin (1929-) : Sérieusement... mais en plaisantant (1963)
  • Kanynbek Kasymbekov (1943-) : Chok et Cher (1971)
  • Azerbajdzan Mambetov : Les ailes de la chanson (1967), Le sang et la sueur (1978), Les courriers remplissent leur mission (1980)
  • Boulat Mansourov (1937-2011) : Koulaguer (1972), Une parabole d'amour (1976)
  • Ararat Masanov (1936-) : Horizon (1973)
  • Aleksandr Medvedkin (1900-) : Printemps inquiet (1955)
  • Tolomus Okeev (1935-) : Le féroce (1973)
  • Jurij Piskunov (1937-) : L'hiver, mauvaise saison (1972)
  • Georgij Pobedonoscev (1910-) : Les bouleaux dans la steppe (1956)
  • Jurij Siller (1942-) : La journée particulière (1971)
  • Vitalij Vojteckij (1909-1977) : Tes amis (1960)
  • Darezhan Omirbaev est un réalisateur, scénariste et acteur kazakh.

Depuis 1990Modifier

Les films (de cinéma et de télévision), de langue russe ou kazakh, restent très peu exportés en occident.

Au début des années 1990, Darezhan Omirbaev (1958-) réalise plusieurs films sélectionnés dans des grands festivals : Kairat (1992), Kardiogramma (1995) et Tueur à gages (1998). Timour Bekmambetov (1961-) réalise les succès russes Night Watch (2004) et Day Watch (2005). Il est le premier réalisateur kazakh à faire des films à Hollywood avec Wanted : Choisis ton destin (2008) et Abraham Lincoln, chasseur de vampires (2012). Le réalisateur Sergueï Dvortsevoy (1962-) est primé du Prix Un certain regard au Festival de Cannes de 2008 pour son film Tulpan (2008). Le réalisateur Adilkhan Yerzhanov[4] (1982-) connaît un certain succès avec notamment son troisième long métrage en 2014, The Owners (Ukkili kamshat), qui est présenté à plusieurs festivals et remporte l'Amphore des étudiants au Festival du film grolandais. En 2018 il est mis à l'honneur à L'Étrange Festival 2018, avec son cinquième long métrage La tendre indifférence du monde[5].

Parmi les autres réalisateurs contemporains peuvent être cités Rustem Abdrachev, Émir Bayğazin (1984-), Zhanna Issabayeva, Rachid Nougmanov (1954-), Yermek Shinarbayev (1953-), Ermek Tursunov (1961-) ou encore Nariman Turebayev (1970-).

En septembre 2019 est organisé à Paris le premier Festival du film Kazakhstanais au cours duquel sont projetés neuf longs-métrages et deux courts-métrages kazakhs[6]. Présidé par l'Actrice kazakhe Samal Yeslyamova, le réalisateur russe d'origine kazakhe Sergeï Dvortsevoï et le cinéaste franco-kazakhstanais André Raphaël Ivanov, le Festival est organisé par l'Association française du cinéma kazakhstanais. Un programme de co-financement et d'aide aux cinéastes a été mise en place pour développer la coopération cinématographique entre le Kazakhstan et les pays francophones.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en)Michael Rouland,Gulnara Abikeyeva,Birgit Beumers, Cinema in Central Asia: Rewriting Cultural Histories, I.B.Tauris, coll. « KINO: The Russian Cinema Series », (ISBN 9781845119010, lire en ligne), p. 254
  2. Michèle Levieux, « À premiers maîtres, premiers élèves », sur L'Humanité, (consulté le 15 novembre 2019).
  3. Pierre Daume, « Vers une Nouvelle Vague du cinéma kazakh? », sur Le Temps, (consulté le 15 novembre 2019).
  4. (en) Adilkhan Yerzhanov sur l’Internet Movie Database
  5. https://www.senscritique.com/film/La_Tendre_indifference_du_monde/critique/168770253
  6. « Paris accueille son premier festival du film kazakh », sur Novastan.org,