Cinéma et vidéo amateurs

Les cinéma et vidéo amateurs sont des réalisations cinématographique filmées par des non-professionnels, souvent dans le but d'enregistrer des souvenirs familiaux, de voyages, etc. Il existe aussi des œuvres de fiction réalisées par des cinéastes amateurs[1], le plus souvent des courts métrages.

Caméra de cinéma amateur 8 mm, de fabrication suisse (Paillard 1945-1967).

À l'époque du cinéma sur film argentique, des formats spécifiques ont été développés, de même que du matériel, à l'adresse des amateurs. Plus tard, l'arrivée de la vidéo grand-public a facilité le tournage d'images en mouvement et leur visionnage (sur un simple écran de télévision), et surtout a transformé ce type de cinéma en y adjoignant le son qui, en argentique, était un problème et même en général une impossibilité, compte tenu de l'adjonction d'un second appareil — aussi bien au tournage qu'à la projection — un magnétophone et un synchroniseur image/son, dont la manipulation et le prix réservaient son usage à quelques amateurs éclairés et fortunés. L'avènement du numérique a ensuite introduit l'enregistrement vidéo dans presque tous les appareils électroniques portables ; ordinateurs, appareils photos, téléphones mobiles, jusqu'à la quasi-généralisation de la HD aujourd'hui disponible sur divers appareils.

CinémaModifier

 
Mécanisme de projection 35 mm amateur (1910)

Les formatsModifier

Le format standard de 35 mm fut adopté par les premiers amateurs des classes aisées, aussi bien pour organiser des projections à leur domicile, que pour « mettre en boîte » de charmantes scènes familiales. Les frères Lumière, d'ailleurs, visaient essentiellement cette clientèle bourgeoise et riche. Deux des « vues photographiques animées » qu'ils présentèrent dès leur première séance publique (La Pêche aux poissons rouges et Le Repas de bébé) sont révélatrices du but recherché par les deux inventeurs : vendre des exemplaires de leur Cinématographe, et vendre leur pellicule vierge maison. Rappelons que ni l'un ni l'autre, contrairement à des inventeurs comme Thomas Edison, Émile Reynaud et bien d'autres, ne crurent jamais à l'avenir du spectacle cinématographique.

Ce format professionnel se révéla trop onéreux, et pour atteindre une clientèle plus modeste (mais cependant aisée), plusieurs formats de cinéma amateur furent créés.
Les plus connus sont :

  • le 8 mm et son successeur le super 8, formats devenus muséologiques ;
  • le 16 mm et son amélioration, le super 16, formats devenus muséologiques ;
  • le 9,5 mm, format devenu muséologique pour le grand public, mais que certains amateurs enthousiastes utilisent encore (voir Film 9,5 mm).

D'autres eurent moins de succès comme le 28 mm, le 32 mm ou le 17,5 mm, qui sont depuis longtemps tombés dans la muséologie.

 

 
Appareil de projection 9,5 mm LAPIERRE Type J (1950).

Présentés dans l'ordre chronologique de leur apparition :

  • 1922 : le 9,5 mm, premier format amateur mis sur le marché grand public par Pathé sous la forme du projecteur « Pathé-Baby » pour diffuser une large bibliothèque de films : « Le Cinéma chez soi ». Une caméra de prise de vues à manivelle est proposée en 1923 : le chargement est facile car le film inversible est proposé en cassette métallique.
  • 1923 : le 16 mm, format réduit de grande diffusion, proposé par Kodak aux États-Unis comme film amateur aussi bien que professionnel. Présenté en bobines à joues de 15 mètres et 30 mètres, mais aussi en cartouche pré-chargée.
  • 1932 : le 8 mm, dénommé « Cine Kodak Eight », ou ultérieurement « Double 8 » par opposition au « Simple 8 ». Il s'agit d'un film de 16 mm de large, ayant une rangée de perforations sur chaque bord : la prise de vues s'effectue d'abord sur la partie droite, puis, en retournant le film (dans le noir pour éviter le voilage) sur la partie gauche. Au laboratoire, après le développement, le film est coupé en deux longitudinalement et les deux moitiés sont assemblées bout à bout. La pellicule inversible permet en tout de filmer pendant près de quatre minutes.
    Le format de l'image du 8 mm correspond à 1/4 de la surface d'une image tournée sur film 16 mm.
 
Caméra Super 8 de 1975
  • 1965, le Super 8. Le format de l'image est augmenté en diminuant la surface perdue des perforations (gain de 50 %). Le film est contenu dans une cassette en plastique (où les bobines débitrice et réceptrice sont coaxiales) pour faciliter le chargement et éviter toutes les manipulations nécessitées par le Double 8. Le presseur de film est lui aussi en plastique et intégré à la cassette : c'est d'ailleurs le point faible de cette présentation.
  • Années 1970 : les projecteurs sonores ainsi que les caméras sonores apparaissent, munis par construction d'une tête de lecture magnétique. La cassette Super 8 est modifiée, le pistage magnétique est présent sur le film vierge dès son achat. C'est l'aboutissement technique de plusieurs années de solutions plus ou moins fiables et compliquées (caméras + projecteur + magnétophone à cassette synchronisé) qui permet à l'amateur d'avoir facilement du son direct, comme le sera le son des futurs caméscopes vidéo.
  • 1977, Polaroid lance la Polavision, un procédé révolutionnaire permettant de réaliser des films 8 mm à développement instantané, vite dépassé par l'essor de la vidéo.

Les équipementsModifier

Les principaux fabricants d'équipement pour les amateurs furent Paillard Bolex, Ercsam, Bauer, Eumig, Beaulieu, Bell et Howell, Braun Nizo, Heurtier, Kodak.

VidéoModifier

Les équipementsModifier

AnalogiqueModifier

Plusieurs formats de vidéo amateur analogique ont été créés pour enregistrer les images sur bande vidéo à l'aide d'un caméscope.

  • La VHS-C : même bande que la VHS, boîtier plus petit mais même format d'enrouleur
  • La S-VHS : même boîtier que la VHS, bande plus dense
  • Le Video 8 : bande de 8 mm de large, petit boîtier
  • Le Hi 8 : Video 8 évolué
  • Le Betamax

NumériqueModifier

AssociationsModifier

  • Le Pôle Patrimoine de Ciclic[2] recherche, conserve, indexe, numérise et valorise les films amateurs tournés dans le territoire de la Région Centre depuis les débuts du cinéma. Tous les films sont répertoriés dans une base de données documentaire qui permet depuis de découvrir plus de 3 000 films sur le site Mémoire[3].

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier