Charles de Rouvroy de Saint-Simon

aristocrate français

Charles de Rouvroy ( - 1690), marquis de Saint-Simon, est un noble français du XVIIe siècle.

Charles de Rouvroy de Saint-Simon
Titre de noblesse
Marquis
Biographie
Naissance
Décès
Fratrie
Autres informations
Distinctions
Charles-Rouvroy.jpg
Armoiries de Charles de Rouvroy, marquis de Saint-Simon, dans le collier de l'Ordre du Saint-Esprit (Paris BNF : RES-LL14-23)

BiographieModifier

Il est le frère aîné de Claude de Rouvroy (1607-1693), duc de Saint-Simon, duquel il est resté proche tout au long de sa vie.

Il est d'abord capitaine du château de Chantilly (de 1632 à 1643, puis de 1654 à 1659). Il achète en la seigneurie de La Versine, située sur les rives de l’Oise entre Chantilly et Creil et en prend possession en . Il est ensuite chevalier des Ordres du roi (), puis seigneur de Pont-Sainte-Maxence (1634). Il se marie le avec Louise de Crussol[1]. Ce mariage, que tout le premier cercle de la royauté avait approuvé, lui a apporté une dot de 261 000 lt[2].

Il est ensuite lieutenant général des armées du roi, gouverneur et bailli de Senlis (1634, 1663), puis seigneur de Plessis-Choisel (1644), marquis de Saint-Simon (avant 1655), et maître des Eaux et forêts de Senlis (1661).

On a de lui jeune un portrait gravé[3].

Dans les années 1650, il protège le chanteur Bertrand de Bacilly, maître de chant, compositeur et auteur de la première méthode française de chant. Bacilly avait obtenu le bénéfice de la chapelle Saint-Eustache de La Versine[4], une des terres de Charles de Rouvroy. À la même époque, Pierre de Nyert, ami et probablement collaborateur occulte de Bacilly, est protégé par Claude de Rouvroy de Saint-Simon, le frère de Charles[5].

À la mort de Charles, survenue sans héritiers, le château de La Versine est saisi par un syndicat de créanciers et la seigneurie finalement rachetée par Henri Jules de Bourbon-Condé, fils du Grand Condé en 1694 pour être intégrée à son domaine de Chantilly[6].

ArmoiriesModifier

Écartelé, aux 1 et 4, parti, a, échiqueté d'or et d'azur, au chef d'azur, chargé de trois fleurs-de-lis d'or (de Vermandois), b, de sable, à la croix d'argent chargé de cinq coquilles de gueules (de Rouvroy) ; aux 2 et 3 d'or à la fasce de gueules (Havesquerke-Rasse) ; sur le tout losangé d'argent et de gueules, à un chef d'or (de Précy).. Supports : un homme et une femme sauvages au naturel de sinople, tenant chacun un guidon, l'un des armes de Vermandois, l'autre de celles de Havesquerke-Rasse. Cimier : un sauvage de même, tenant du bras droit une masse levée et de l'autre un bouclier[7].

DistinctionsModifier

NotesModifier

  1. Elle est fille d’Emmanuel de Crussol, duc d’Uzès, pair de France, chevalier des Ordres du roi, etc. Portrait gravé de Louise à Paris BnF (Est.) : N 24a Rés fol., p. 27. Elle fut plus tard dame d’honneur sans gage de la maison d’Anne d’Autriche entre 1640 et 1649 : voir Griselle 1912, no 3392.
  2. Le mariage est relaté par la Gazette du 25 septembre 1634. Voir Elzière 1978 p. 145-148.
  3. Paris BnF (Est.) : N 2.
  4. Guillo-Michel 2011, p. 274-283.
  5. Cette protection parallèle des deux frères envers deux des musiciens les plus en vue de leur temps est non seulement originale mais elle a permis d'éclaircir plusieurs points dans la vie de ces deux musiciens. Voir Guillo-Michel 2011 p. 283-291.
  6. Bibliothèque et archives du château de Chantilly (BACC), carton 1-B-105
  7. Les noms surnoms qualitez, armes et blasons des chevaliers de l'ordre du Sainct Esprit. Creez par Louys le Juste XIII du nom roy de France et de Navarre à Fontaine-bleau, le 14 may 1633. Par Pierre d'Hozier. Paris BNF (Impr.) : RES-LL14-23.

RéférencesModifier

  • Charles de Rouvroy et sa femme sont cités environ 25 fois dans les Mémoires de Saint-Simon, d'où est extraite la majeure partie des éléments biographiques ci-dessus.
  • Laurent Guillo et Frédéric Michel. « Nouveaux documents sur le maître de chant Bertrand de Bacilly (1621-1690) » in Revue de musicologie 97/2 (2011) p. 269-327.
  • Jean-Bernard Elzière, Histoire des Budos, seigneurs de Budos en Guyenne et de Portes-Bertrand en Languedoc. Château de Portes, 1978.
  • Philippe Hourcade, « Présence des Saint-Simon dans les ballets du roi », in Cahiers Saint-Simon 21 (1993), p. 67-74.
  • Eugène Griselle, État de la maison du roi Louis XIII... comprenant les années 1601 à 1665. Paris : P. Catin, 1912.