Charles Claude de Ruis-Embito

membre de l'administration de la marine royale française au XVIIIe siècle

Charles Claude de Ruis-Embito[Notes 1] (né le à Port-Louis (Morbihan).[1] et décédé le à Brest) est un membre de l'administration de la Marine royale française. Il a été commis auprès du secrétaire de la Marine Joseph Fleuriau d'Armenonville en 1720, commissaire à Rochefort en 1732, intendant de la Marine à Rochefort de 1757 à 1770 et à Brest de 1771 à 1776. Il est également devenu membre de l'Académie de Marine à sa création en 1752, membre honoraire de l'Académie royale de Marine en 1769 et conseiller d'État en 1775. Il a été fait chevalier profès des ordres royaux militaires et hospitaliers de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem[2].

Charles Claude de Ruis-Embito
Fonctions
Conseiller d'État
à partir de
Intendant de la Marine de Rochefort
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
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Famille
  • Charles de Ruis-Embito de la Chesnardière, père
  • Simón Ruiz (es), oncle
  • Jacques de Ruis, frère
Autres informations
Membre de
Distinction

Il a notamment participé à la gestion de l'épidémie de typhus en décembre 1757, qui a évité l'extension de la maladie à la ville de Rochefort et a toujours soutenu le personnel du port.

BiographieModifier

Origines, jeunesse et vie privéeModifier

Fils de Charles de Ruis-Embito de la Chesnardière, lieutenant de vaisseau, et d'Anne Marie de Barilli, Charles Claude de Ruis-Embito est né le 3 septembre 1705 à Port-Louis (Morbihan). Il est issu d'un noble[3] espagnol[4] Andrés Ruiz, de la ville de Medina del Campo, installé à Nantes, en Bretagne, au XVe siècle.

Comme lui ses deux frères incorporeront la Marine royale :

- Antoine Claude Léon de Ruis-Embito de Mondion (1711 ? -1779). Écrivain de la Marine en 1731, il sera commissaire de l'escadre d'Aché aux Indes et finira commissaire général[5].

-Jacques, chevalier de Ruis (1718-1765). Garde de la Marine royale en 1734[Notes 2]. Il commandera l'Illustre dans l'escadre d'Aché. Chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis en 1752. Capitaine de vaisseau en 1757.

Charles Claude de Ruis-Embito épouse Marie-Angélique Guibert, dont il a deux filles : Marie Angélique Antoinette qui se marie le 27 novembre 1759[6] avec Marie Augustin de Langlais, officier de Dragons au Régiment d'Aubigné, puis capitaine de cavalerie au régiment royal de Pologne (sans postérité) et Suzanne Louise Perette.

Charles Claude Ruis-Embito épouse en secondes noces, le 13 septembre 1759[7] à Dompierre-sur-Mer (17), Henriette Esther Bonfils[8], issue d'une famille d'origine protestante[Notes 3]. Ils n'ont pas eu d'enfant[Notes 4].

La MarineModifier

Au cours de sa carrière, Ruis-Embito a été sous l'autorité de 14 ministres de la Marine, spécialement Berryer[Notes 5], Choiseul, Terray, Boynes, Turgot et Sartine.

Charles Claude de Ruis-Embito, est d'abord Commis à la Cour le 1er janvier 1720, il a 14 ans.

RochefortModifier

 
Vue du port de Rochefort, prise du magasin des Colonies, Joseph Vernet, 1762 - Musée national de la Marine

Il est nommé le petit commissaire dans l'administration navale du port de Rochefort[Notes 6]. Fonction destinée aux jeunes gens que distinguent leur origine ou leurs services qui leur évite les fonctions subalternes de début de carrière. Chargé du service de radoub et de la construction, il prospecte les forêts à la recherche de bois. Il crée le "tarif de Rochefort", fait des mémoires. Ayant donné satisfaction, il lui est accordé la "haute paie" en 1734. Son exigence entraîne une protestation des fournisseurs de bois qui obtiennent sa mutation aux grandes forges, à la sculpture, à la peinture et à la menuiserie. Plus tard on lui confie le service des armements et des classes. En 1749, Ruis-Embito est nommé à un poste important, celui de contrôleur de Marine. Il est chargé de contrôler le port et la défense des intérêts du Roi, il participe à toutes les opérations de l'arsenal et appose sa signature sur tous les actes. Il établit l'"État des dettes" du port et la tenue du registre des fonds ; il assure dans le même temps, de 1747 à 1749, l'intérim d'A. Lefèvre de Givry, l'intendant de Rochefort.

En 1751, toujours contrôleur du port, Ruis-Embito s'occupe de la visite des magasins du munitionnaire et de la liquidation des prises de guerre. Il dit lui-même être à l'origine du bureau général des ouvriers dont il propose la création en 1752 à Sébastien François Ange Lenormant de Mési[9], alors intendant de Rochefort, et dont il compose des règles de fonctionnement. Après le départ de Lenormant de Mési nommé intendant des armées navales, Ruis-Embito, pendant près de trois ans (1er octobre 1754 au 20 juin 1757), dirige l'arsenal en qualité de commissaire général ordonnateur avant d’être promu intendant du port de Rochefort.

 
Plan du port de Rochefort en 1672, Service historique de la Défense Rochefort, SHDMR 4K196.

Les armes sont fournies par la Manufacture Royale d'armes de Saint-Étienne dirigée par Jean-Joseph Carrier de Montieu, elles descendent par des gabares le long de la Loire pour être stockées à Nantes dans un entrepôt, puis acheminées par la mer ou par des charrettes. Globalement la qualité des armes françaises est remise en cause, ce sera en 1765 la réforme faite par le général de Gribeauval qui déclenchera le "Procès des Invalides"[Notes 7] et verra Carrier de Montieu emprisonné.

L'intendant a également la responsabilité des institutions scientifiques : l'École d'anatomie et de chirurgie de la Marine, le Jardin botanique, et les hôpitaux[Notes 8]. Le 5 septembre 1755, trois vaisseaux viennent mouiller à l’Île d’Aix. À bord, de nombreux malades ; comme l’hôpital de Rochefort, encore une fois, est plein, Ruis les fait débarquer à l’Île d'Aix où il venait de louer des maisons particulières pour servir de dispensaire à 300 malades. En 1756, c'est sur l'Île de Ré qu'il fait une extension du dispensaire de Rochefort, trop souvent plein. Pour cela il sollicite les religieux de l'hospice de l'île. Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), les Anglais ayant détruit l'hôpital de l'île d'Aix, c'est sur l'île d'Oléron que Ruis-Embito, en décembre 1757, envoie 500 malades dans un ancien hôpital réaménagé. Il réorganise les structures sanitaires dans la ville de Rochefort pour pouvoir accueillir environ 1 300 malades. Toutes ces précautions réduiront notablement l'extension des épidémies vers la ville lors de l'arrivée d'un partie de l'escadre de Dubois de La Motte[Notes 9]. Ruis-Embito signale 500 morts en 3 mois (décembre 1757-février 1758) dont seulement 20 parmi la population civile de Rochefort[10].

 
La résidence des intendants de 1757 à 1770

En septembre 1757, le port de Rochefort subi l'attaque d'une flotte anglaise commandée par John Mordaunt, son indécision va sauver le port mal préparé à un débarquement. L'administration de Ruis-Embito est entrecoupée de plusieurs séjours à la Cour : de janvier à mai 1759, où le secrétaire d'État de la Marine Nicolas Berryer s'efforce de réprimer les abus qu'il croit discerner dans les services. En 1761, au décès du commissaire général ordonnateur des ports de Bordeaux et Bayonne, le roi "ordonne au sieur de Ruis-Embito d'étendre ses fonctions dans tous les ports et quartiers des classes dépendants du département de Bayonne et Bordeaux…". D'août à décembre 1762 et surtout de mars 1763 à mai 1764, Berryer le convoque[Notes 10] ainsi que Gilles Hocquart, afin qu’ils lui exposent les projets de dépenses pour l’année qu’ils ont établis pour leurs ports respectifs (Rochefort et Brest). Le 18 février 1763[11], Ruis-Embito est reçu chevalier de l'ordre de Saint-Lazare. Mais avec l'approche de l'été il est atteint à nouveau d'une fièvre qui le mène à l'approche de la mort, Jean-Joseph Choquet est envoyé de Brest pour le remplacer. Dans le cadre du Mémoire présenté au Roi par la ville de Rochefort, Choquet écrit une lettre au duc de Choiseul, le 5 novembre 1763, pour savoir s'il sera enfin accordé "aux Habitants du port de Rochefort la liberté d'y faire des armements pour les Colonies"... "Journellement les Bâtiments du Commerce appartenans aux Négociants de la Rochelle, viennent dans la Rivière de Charente... Ces mouvements de la Marine Commerçante peuvent se très bien allier, & ne point troubler ceux de la Marine Royale, etc." La demande du droit à l'établissement d'un entrepôt à la Cabanne-quarés est soutenue par les officiers de la Marine royale et aura bien lieu. La copie de la lettre est signée par Ruis-Embito[12]. La complexité de la gestion d'un port ressort dans les Mémoires de Malouet sur son séjour (1764-1767) à Rochefort et l'accord qu'il a dû prendre avec Ruis-Embito "homme d'esprit, très original" pour faire son travail d'inspection.

En 1766 Ruis-Embito, sur décision de Praslin, crée le bagne de Rochefort, formé en grande partie d'anciens forçats brestois. C'est le hangar aux futailles qui sera affecté à l'établissement de 528 forçats, après des travaux assez considérables. Les galères ne sont plus retenues pour les interner.

Chaque année, supportant mal les premières chaleurs de l'été sur un sol marécageux qui font de grands ravages à Rochefort, il finit par demander sa mutation. Le 26 avril 1771, François d'Aubenton lui succèdera.

BrestModifier

 
Vue du port de Brest - J-Fr Hue
Musée national de la Marine

Le 1er décembre 1770, Ruis-Embito est nommé intendant du port de Brest[Notes 11]. Le ministre de la Marine est alors de Boynes, qui sera contesté et remplacé par Sartine le 24 aout 1774 à l'avènement de Louis XVI. Sur place Ruis-Embito remplace Jean Étienne Bernard Clugny de Nuits , dont la fin du séjour a été perturbée par la pendaison d'un espion anglais et les manifestations de jeunes officiers protestataires qu'il avait dû interner. Ruis-Embito prend ses fonctions le 10 février 1771, sans que l'ambiance contestataire ne soit changée. Charles Henri d'Estaing, nommé inspecteur et commandant de la marine à Brest, fonctions qu’il cumule avec celle de gouverneur, prescrit par un ordre de service au personnel du port de "respecter, comme lui-même, cet homme du Roi". À cette époque, son frère "de Mondion" est nommé ordonnateur à Brest[13]. En mai 1775 Ruis-Embito doit préparer l'escadre d'évolution, commandée par Guichen, et un canot particulier pour le Duc de Chartres qui accompagne l'escadre. Sous la pression de tiers, malgré les ordres de Sartine, il prépare un canot équipé de tendelet, le mettant en valeur. Il contrarie Sartine et sans doute le Roi, ce qui lui vaudra une lettre de réprimande.

Le 1er juillet 1775, Ruis-Embito devient conseiller d'État, tout en continuant sa mission à Brest.

DécèsModifier

La veille de la déclaration d'indépendance des États-Unis, le 29 mai 1776, Ruis-Embito décède encore en activité à Brest. Simon-Nicolas-Henri Linguet , dans son Journal de Politique et littéraire[Notes 12] du 15 juin 1776, fait le récit de ses funérailles dans l'église Saint-Louis : « Dans la matinée, les cloches portées par les enfants de l'hôpital ont annoncé sa mort dans la ville, suivis d'un archer de marine, criant à chaque carrefour : « Priez Dieu pour l'âme de haut et puissant seigneur, etc., mort ce jour, à 5 heures 1/2 du matin. Requiescat in pace. » Son corps a été exposé pendant vingt-quatre heures, dans la chapelle de l'Intendance, disposée à cet effet avec le plus grand appareil. Le premier jour, il était en bonnet de nuit, et son corps découvert avec la croix et le cordon de Saint-Lazare sur l'estomac. Deux archers ont fait faction, reposés sur leurs armes. Les prêtres s'y sont relevés successivement, deux à deux. « Des invitations imprimées en placards in-f°, avec des ornements extérieurs, ont été adressées aux différents corps militaires pour assister au convoi. Le 30, à dix heures, 300 hommes de troupes de la marine, en six piquets, ont marché. Le convoi a défilé dans l'ordre ci-après : 48 cloches, portées par des enfants de l'hôpital ; 36 pleureuses de l'hôpital, ayant un cierge à la main ; les PP. Capucins, au nombre de huit, avec leur croix ; le clergé ; le prévôt et le procureur du Roi de l'amirauté à la droite ; l'exempt et le greffier à la gauche. Six archers armés, leurs fusils renversés, avec leurs bandoulières, étaient à droite et à gauche du corps, porté par huit sergents, et le poêle tenu par MM. de Lambour, Haulot, Testanière et de Villebois, commissaires de la marine, M. le comte d'Orvilliers, ayant M. de Bonnefoux, capitaine de vaisseau, à sa gauche, et M. Marchais, commissaire général, à sa droite. Les différents corps militaires de terre et de mer. Les officiers d'administration de la marine. Vingt suisses, à la grande livrée du Roi, avec des torches ardentes et un plus grand nombre de gardiens ou consignes formant la haie avec des cierges à la main. Ensuite, les domestiques du défunt, de l'un ou de l'autre sexe, suivaient le Corps. Le convoi était terminé par les maîtres et ouvriers du port auxquels on avait interdit le travail depuis huit heures jusqu'à midi ; mais ils ont été payés comme s'ils avaient travaillé. Lorsqu'on eut fait l'absoute, les commissaires, tous les suisses, archers, gardiens, consignes, domestiques, bordèrent la haie jusqu'au moment qu'il y fut enseveli. À la sortie de l'enterrement, MM. de l'administration bordaient en quelque sorte la haie à gauche pour laisser passer les corps invités. Ils avaient tous un crêpe au bras et étaient en grand uniforme. »

L'hommeModifier

 
Signature de Ch. C. de Ruis-Embito

Son dynamisme et sa conscience professionnelle étaient appréciés. Malgré une autorité naturelle, ses fonctions n'étaient pas faciles à effectuer face aux officiers d'épée. Préoccupé du sort des hommes : il réclame avec insistance le payement des honoraires des ouvriers, ou donne sur sa cassette des secours aux habitants de l'île Royale réfugiés à Rochefort. En 1750 il écrit un rapport concernant les officiers de plume "pour faire à leur égard des arrangements convenables aux intérêts du service et dans lesquels chacun d’eux puisse trouver un traitement proportionné à ses talents et autres qualités"[14]. Il participe par deux fois à des échanges de prisonniers avec les Anglais, en 1757 et 1758, recommandant aux parlementaires d'exiger "la parité des grades"[15], pour ne pas affaiblir la marine française. Il est également favorable à un bon traitement des prisonniers "dans l'intérêt des deux nations"[16]. En 1759, il donne de l'emploi aux réfugiés canadiens qui se présentent dans ce port.

Son exigence s'applique autant aux structures qu'au sort des hommes. Le 10 janvier 1774, il écrit une lettre confidentielle au ministre de la Marine : "Je crois devoir vous exposer le fâcheux état où le port se trouve par le défaut de fonds. Voici le septième mois qui est dû aux officiers du corps royal, le huitième aux ouvriers, le treizième à l'administration, le tout non compris ce qui reste à payer de l'année 1772… Il n'y a pas un sol pour payer les gens etc."[17]

Il n'est pas sans points communs avec un de ses prédécesseurs à Rochefort Michel Bégon qui comme lui était apprécié. Le climat ayant altéré sa santé, au retour d'une cure en 1703, Bégon a été accueilli par la population aux cris de "Vive le roi et notre bon intendant".

Notes et référencesModifier

RéférencesModifier

  1. https://archives.lorient.bzh/4DCGI/Web_RegistreChangePage/ILUMP9825# Page 10 du registre de la paroisse de Ploemeur
  2. La reconstitution de sa carrière est consultable en ligne
  3. Noblesse confirmée. BNF, Département des manuscrits français 32125, fos 67-68. Dans ce document on peut lire que par testament du 1er avril 1596, dom Simon Ruiz Embito laisse un héritage à son neveu André Ruis, établi à Nantes, à condition qu'il joigne, lui et ses descendants au surnom de Ruis celui d'Embito, etc. Acte reçu par Gaspard de Soto, notaire à Medina del Campo.
  4. Naturalisée française au mois de mars 1546, enregistrement au Parlement de Bretagne les 13 juin 1547 et 24 mars 1557.
  5. Archives Nationales : Notes d'Étienne Taillemite, et Annexe à l'inventaire analytique des articles AE/B/I/211 à 300 du fonds dit des Affaires étrangères d'Anne Mézin.
  6. Archives Municipales de Nantes, Registre GG.58. série-gg-Saint-Denis.
  7. AD 17, État civil, Registre paroissiaux 1756-1773, pages 70 & 71. Cote 2 E 152/5*.
  8. Veuve du colonel Jean Nicolas Dagieu de Brissaut.
  9. Biographie dans le Dictionnaire biographique du Canada
  10. SHDMR, Lettre timbrée "affaires courantes" no 78, volume 1 E 413.
  11. Mercure de France, 1763, p. 187-188. La Table ou Abrégé des cent trente-cinq volumes de la Gazette de France, Tome III, indique le 4 juillet 1763. Cette Table a été imprimée en 1768.
  12. Lettres et Certificats des Commandants et principaux Officiers de la Marine & de l'Administration, servant de preuves au Mémoire présenté au Roi par la ville de Rochefort. De l'Imprimerie de GRANGÉ, rue de la Parcheminerie.
  13. Almanach Royal 1775, p. 30.
  14. Archives Nationales, Marine C283.
  15. SHDMR, Lettre timbrée "prisonniers de guerre" no 153, volume 1 E 413.
  16. SHDMR, Lettre timbrée "prisonniers de guerre" no 364, volume 1 E 412.
  17. A. M. B3 611.

NotesModifier

  1. L'orthographe du nom est variable selon l'époque : Ruys, Ruyz, Rhuis.
  2. Généanet : En 1759, le sort de l'Inde française dépendait de d'Aché...le 10 septembre 1759 il rencontre l'escadre anglaise de Pockock., dans les parages de Porto Novo...L'escadre que commande Anne Antoine comte d'Aché (1702-1780) totalise 700 canons mais est composé de seulement 4 bâtiments de la marine du roi et de 7 de la Cie des Indes. Les 4 de la Royale sont : Le Zodiaque 74 c. vaisseau amiral ; Le Minotaure 75 c. commandé par le chef d'escadre Froger de l'Eguille ; L'Illustre, 64 c., commandé par le capitaine de vaisseau Jacques de Ruis et L'Actif, 64 c., commandé par le capitaine de vaisseau d'Isle de Beauchesne. L'amiral Pocock commande seulement 9 vaisseaux mais tous de la marine de guerre de S.G.M. Pockock attaque l'escadre française dont l'avant garde est commandée par Froger de l'Eguille et l'arrière-garde par Jacques de Ruis, au centre se trouve d'Aché....il n'y eut pas de victoire de part et d'autre...la fortune reste indécise...Plus tard l'inintelligence inconsciente du comte d'Aché se mettra en travers des projets de Lally... les bons amiraux ne sont pas toujours des têtes politiques... (Promethée). Jacques de Ruis fut cassé en 1762 et rétabli en 1764. https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&n=de+ruis+embito&oc=0&p=jacques
  3. En 1757, pendant la Guerre de Sept ans, Ruis-Embito écrivait la difficulté "pour tenir dans l'obéissance beaucoup de gens dont la façon de penser n'est peut-être pas plus française que catholique..." (SHDMR.1E413 f°137). Finalement l'histoire démontra qu'il n'en était rien et il le constata.
  4. À la mort de son mari Henriette Esther a fait une requête pour recevoir une pension. Dans une lettre du 18 juin 1779, elle écrivait : « vous lirez dans mon extrait baptistaire fille naturelle. Je vous prie de croire que je ne suis point bâtarde, mais que c'était l'usage barbare de ces temps-là de donner cette qualification aux enfants des pères et mères protestantes, nous sommes tous dans cette classe et mes contemporaines aussi. Ce mauvais usage a cessé depuis bien des années ». (ANM, C 289). Extrait de Négociants et Navires du Commerce avec le Canada, de 1660 à 1760, Études en archéologie architecture et histoire. Lieux historiques nationaux Service des parcs Environnement Canada. Traduction J. F. Bosher, p. 47.
  5. Sa brutalité lui vaut la haine du peuple de Paris qui l’appelait « le vilain M. Beurrier ». Selon Marc Chassaigne, La Lieutenance générale de police de Paris, Paris, A. Rousseau, 1906, p. 69.
  6. Ville de France au païs d'Aunis, avec un port très commode... Il y a un hôpital magnifique, plusieurs magasins bien munis, & un Arsenal. Elle est sur la Charente. Elle est à 6 li. SE de La Rochelle... Long. 16.41.26. lat. 46.2.34. Dictionnaire géographique portable, p. 533.
  7. Ce nom est dû au lieu du procès : l'hôtel des Invalides.
  8. Si l'intendant s'occupe de la matière temporelle, la direction spirituelle est confiée à des religieux : 28 sœurs de la Charité à Rochefort. Le poste de premier médecin est occupé successivement par Jean Cochon-Dupuy, puis par son fils.
  9. À la même époque (novembre 1757-mars 1758) l'épidémie fera 5 à 7 000 décès civils dans Brest et ses banlieues - Jean-Pierre Goubert, page 736.
  10. Avec sa brutalité coutumière Berryer lui adresse une semonce le 6 juillet 1759 : « Vous êtes entré sur cela dans des détails, des combinaisons et des explications qui ne vous regardent point et sur lesquels je ne vous ai donné aucun ordre. Vous tombez par-là dans le cas de faire beaucoup de travail inutile et souvent contraire à ce que l'on veut, pendant que vous en avez assez, d'ailleurs, pour vous conformer à mes intentions sur la comptabilité du port qui est fort arriérée et fort en désordre. » (SHD Brest 1E 155).
  11. Ville de France en b. Bretagne, avec un des plus beaux & des plus surs ports de tout le Royaume dans une grande baie, & un chât. sur un rocher escarpé du côté de la mer. La Rade pourroit contenir jusqu'à 500 vaisseaux de guerre, mais l'entrée en est étroite et difficile... Long. 13.9.10, lat. 48.25.55. Dictionnaire géographique portable, p. 103-104.
  12. La source de ce récit est indiquée par Prosper Levot. L'exemplaire de ce journal n'est pas à la BNF.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Rochefort arsenal des colonies au XVIIIe siècle, Sébastien Martin, Presse Universitaire de Rennes, 2015, 400 p.
  • Histoire de la ville et du port de Brest, Prosper Levot, Brest, 1681-1866. Tome II, p. 172-173.
  • La marine militaire de la France sous le règne de Louis XVI, Georges Lacour-Gayet, Éditions Historiques Teissèdre, Paris, 2007. Édition d'origine Honoré Champion, Paris, 1905.
  • L'armateur préféré de Beaumarchais… Jean Peltier Dudoyer, de Nantes à l'Isle de France, Tugdual de Langlais, Coiffard Éditions, Nantes, 2015, 340 p. (ISBN 9782919339280).
  • Mémoires de Malouet, tome premier, Librairie Académique Didier & Cie, Paris, 1868.
  • Le sieur Casa-Major, commissaire de la Marine à Brest de 1770 à 1776. Aperçu des relations entre les diverses autorités locales . "Bulletin de la Société Académique" (août 1889), Deuxième série – Tome XVII 1891-1892. Armand du Chatellier.
  • Almanach royal, 1772. Mention de Ruis-Embito comme : Chevalier de l'Ordre de S. Lazare. Page clxxxix.
  • Rochefort, arsenal des colonies au XVIIIe siècle, Sébastien Martin, Presses universitaires de Rennes, 2015.
  • Histoire de l'Académie de Marine, Alfred Doneaud du Plan, Berger-Levrault, Paris, 1878.
  • Louis XV's Navy 1748-1762 : A Study of Organization and Administration, James Pritchard, McGill-Queen's University Press, 1987. p. 43, 54, 84, 105, 106, 119, 120, 123, 133, 142.
  • Canadiens en Guyane 1754-1805, Robert Larin, Presse universitaire Paris Sorbonne, 2006.
  • Histoire de Rochefort tome 1, du Moyen Âge à la fin du règne de LOUIS XV, Dominique Droin. Prée océan, 2004, (ISBN 978-2951536340).
  • Gribeauval, lieutenant général des armées du roi, Pierre Nardin, Les cahiers de la fondation pour les études de défense nationale, No 24, Paris, 1982.
  • Environnement et épidémies : Brest au XVIIIe siècle, "Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest" par Jean-Pierre Goubert, 1974 81-4, p. 733-743.
  • Dictionnaire géographique portable, traduit de l'anglois, sur la treizième édition de Laurent Echard, par Monsieur Vosgien, Chanoine de Vaucouleurs, à Paris, chez la Veuve Didot, Libraire, Quai des Augustins, à la Bible d'or, 1759. Imprimerie Didot. 720 p.
  • Rocafortis : "L'école des écrivains de marine de l'arsenal de Rochefort, une pépinière d'administrateurs coloniaux de 1716 à 1763", Céline Melisson, no 49, janvier 2012, p. 42-52. Et "Le Contrôle de la Marine à Rochefort sous l'Ancien Régime", Philippe Duprat, no 65, janvier 2020, p. 21-32. Société de Géographie de Rochefort.

Travaux universitairesModifier

  • Mémoire de maîtrise d'Emmanuelle Delpech, "De Ruis-Embito, intendant de justice, police et finances au département du port et arsenal de Marine à Rochefort (juillet 1757-juillet 1762)". Université de Poitiers, 1989. Peut être consulté au SHDMR de Rochefort, cote RO T 55. Et à la Bibliothèque Universitaire Michel Foucault à Poitiers.
  • Thèse de Martine Acerra, "Rochefort et la construction navale française, 1661-1815", sous la direction de Jean Meyer, Paris, 1992. Cette thèse a donné lieu à une publication en 1993 par Librairie de l'Inde éd. à Paris.

Articles connexesModifier