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Chaise d'accouchement

Chaise d'accouchement (Musée alsacien)

La chaise d'accouchement est un siège dont la forme est proche de celle d'un fauteuil. Elle est conçue pour un usage tout à fait particulier : accueillir la parturiente (femme en train d'accoucher). Ce siège obstétrical est connu depuis l’Antiquité et a été utilisé en France jusqu’au XVIIIe siècle, à l’exception de l’Alsace où l’usage en a perduré jusqu’au début du XXe siècle.

HistoriqueModifier

Le siège d’accouchement existe en Égypte vers la 6e dynastie, soit 2500 av. J.-C. environ[1] et a été largement utilisé dans le monde gréco-romain[2]. Usuelle en Europe au Moyen Âge[3], la chaise d’accouchement est utilisée en France jusqu'au XVIIIe siècle. À cette époque, les Françaises adoptent peu à peu la position allongée sur un lit lors de l'accouchement. Toutefois, « la Lorraine, l'Alsace et tous les pays germaniques restent fidèles [à la chaise d’accouchement] aux XVIIIe et XIXe siècles »[4]. Aujourd'hui, d’anciennes chaises d'accouchement se trouvent conservées dans quelques musées d’Alsace[5], tandis que l'usage d'accoucher en position assise revient en faveur, surtout en Allemagne, où un siège de conception contemporaine est à la disposition des parturientes[6].

UtilisationModifier

En Alsace, lorsqu'une femme était sur le point d'accoucher, on allait chercher la sage-femme du village. Celle-ci faisait porter jusque chez la parturiente la chaise d'accouchement, meuble communautaire qui était entreposé à son domicile[7].

La femme s'asseyait sur cette chaise, dont les poignées verticales lui permettaient de se tenir avec force durant les contractions et qui dispose d'une assise découpée en forme de fer à cheval. Grâce à cette découpe dans le bois, la sage-femme, assise devant la parturiente sur un siège bas, pouvait pratiquer les gestes nécessaires sur la femme en couches[8], celle-ci étant maintenue sur le siège par une autre femme placée derrière elle. La sortie de l'enfant était facilitée par la loi de la gravité, qui facilitait sa descente.

La particularité de ce fauteuil est qu'il est pliable et que ses différents éléments sont assemblés par des charnières ou des crochets. Généralement, l’assise et le dossier se replient l'un sur l'autre grâce à des charnières métalliques, tandis que les côtés se replient l’un devant l’autre contre le dossier. Parfois, les accotoirs sont reliés au dossier par deux crochets en fer.

Notes et référencesModifier

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  1. Comme le montrent des bas-reliefs de Deir-el-Bahari et Louxor, voir Madeleine Coulon-Arpin, La maternité et les sages-femmes de la Préhistoire au XXe siècle, Ed. Dacosta, Paris, 1982, p. 35
  2. En Grèce, des urnes funéraires et des stèles funéraires du IVe siècle av. J.-C. représentent des femmes dans la position assise qu’elles avaient sur la chaise d’accouchement avant de mourir en couches. Coulon-Arpin, op. cit. fig. 26 et 28. A Rome, un sarcophage du IIe siècle présente une scène d’accouchement en position assise. Musée du Louvre, cf. Histoire de la famille, tome I, Armand Colin, 1986, p. 216.
  3. (de) Eucharius Rösslin, Der Swangern Frauwen und Hebamen Rosegarten, (« Le jardin des roses des femmes enceintes et des sages-femmes »), Strasbourg, 1513. Cet ouvrage, qui est le premier livre d'obstétrique, a connu quinze réimpressions et a été traduit en français en 1536. Jacob Rueff, De conceptu et generatione hominis, Francfort-sur-le-Main, 1580
  4. Jacques Gelis, Entrer dans la vie, Gallimard, série "Archives", 1978, p.84
  5. Musée alsacien de Strasbourg (deux chaises), Musée du pays de Hanau à Bouxwiller, Musée de Marmoutier, Musée de Ferrette (Haut-Rhin).
  6. A la Frauenklinik de Mayence notamment
  7. Josie Lichti, Malou Schneider, Le puits et la cigogne. Traditions liées à la naissance dans les familles juives et chrétiennes d'Alsace, Ed. Musées de Strasbourg, 2002, p. 22
  8. Eucharius Roesslin, op. cit., pas de pagination