Caudron G.4

avion militaire

Caudron G.4
Vue de l'avion.
Vue de l'avion.

Constructeur Drapeau : France Société des avions Caudron
Rôle Bombardier
Mise en service
Coût unitaire 5 000 frs
Nombre construits 1421
Équipage
2 personnes
Motorisation
Moteur Le Rhône (type1)
Anzani (type2)
Nombre 2
Type Moteur rotatif (type1)
Moteur en étoile (type2)
Puissance unitaire 80 ch (type1) / 100 ch (type2)
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 17,20 m
Longueur 7,16 m
Hauteur 2,60 m
Masses
Maximale 1 330 kg
Performances
Vitesse maximale 132 km/h
Plafond 4 300 m
Armement
Interne 2 mitrailleuses jumelées Lewis de 7,7 mm
Externe 113 kg de bombes ou 6 fusées Le Prieur

Le Caudron G.4 est un avion militaire de la Première Guerre mondiale, premier bimoteur militaire au monde à entrer en service.

HistoireModifier

 
Chalons-Melette, le 31-08-1915. Biplan Caudron à deux moteurs - Fonds Berthelé.

Dès la fin 1914, les insuffisances du Caudron G3, sous-motorisé et faiblement armé, ont nécessité la conception d'un nouvel avion par les frères Caudron. C'est ainsi que naquit en 1915 le Caudron G4, bien plus imposant que son prédécesseur.

Le G4 fut construit à près de 1400 exemplaires, principalement en France, mais aussi en Angleterre et en Italie. Il s'illustra à de nombreuses reprises pendant toute la durée du premier conflit mondial, principalement lors de mission de reconnaissance, mais aussi de bombardement et d'entrainement.

Le Caudron G4 permit également à de nombreux équipages d'abattre des appareils étrangers. Ce fut sur cet appareil que René Fonck a remporté ses premières victoires homologuées, notamment en forçant un avion de reconnaissance Rumpler C.I allemand à atterrir derrière les lignes alliées le à 10 h 30.

De nombreux as de la Première Guerre mondiale s'illustrèrent également en combat aérien à bord de Caudron G4: les français René Pierre Marie Dorme, Jean Chaput, Marcel Viallet, André Martenot de Cordoux, René Pélissier, Joseph Vuillemin, René Doumer, André Jean Delorme, Didier Lecour Grandmaison mais également l'as russe Viktor Fyodorov, auteur de trois victoires à bord d'un G4[1].

Les G4 demeurèrent en service en Italie et France jusqu’en 1920. Mais à partir de 1918 ils furent cantonnés à des missions d’entrainement.

Les Caudron G4 furent également utilisés durant le premier conflit mondial par le Royaume-Uni, l'Italie, la Russie, le Portugal, les Pays-Bas et à moindre échelle par le Japon, le Brésil, les États-Unis, la Colombie, le Salvador, la Finlande, l'Arabie Saoudite et le Venezuela.

L'appareil sera utilisé pour des tentatives de record par l'aviateur Étienne Poulet.

En mai 1916, celui-ci atteint 5 860 m et reprend aux Allemands le record d'altitude avec trois passagers, lesquels ont réussi à prendre place dans le fuselage étroit du Caudron G4[2].

Après la guerre, c'est encore à bord d'un Caudron G4 qu'il tente de rejoindre Melbourne. En effet, le gouvernement australien offrait un prix de 10 000 dollars australiens au premier équipage parvenant à rejoindre l'Australie depuis l'Angleterre en moins de 30 jours. Le 14 octobre 1919, Étienne Poulet décolla avec un autre pilote depuis Issy-les-Moulineaux en région parisienne à bord d'un Caudron G4 équipé de deux réservoirs supplémentaires entre les ailes, mais également d'hélices de rechange et de roues de secours. Leur périple prit fin près de Rangoon en Birmanie après une avarie sur un moteur.

DescriptionModifier

La structure primaire du Caudron G4 est réalisée en pin et en frêne[2].

Chaque nacelle moteur reçoit un réservoir d'essence et un réservoir d'huile, sans possibilité de transfert de l'une vers l'autre.

La majorité des Caudron G4 fut équipée de deux moteurs rotatifs LeRhône de 80cv, même si d'autres moteurs rotatifs ont pu être montés sur certains exemplaires (Clerget, Gnome). Les exemplaires destinés au Royaume-Uni étaient quant à eux équipés de moteurs fixes de type ANZANI 10 de 100cv.

Le G4 n'était pas équipé d'aileron et le contrôle en roulis était effectué par gauchissement des ailes.

Malgré cela, les qualités de vols furent souvent décrites comme très bonnes pour l'époque. André Martenot de Cordoux déclara : "Ses qualités de vols permettait toutes les fantaisies: looping, renversement,... Je suis devenu le meilleur pilote de voltige de mon escadrille".

L'armement et l'équipement des Caudron G4 fut si varié qu'aucun standard ne peut être établi. Les configurations les plus diverses sont visibles sur les photographies d'époque: absence d'armement, mitrailleuses Lewis, Hotchkiss, Colt, Browning, Vickers, simple ou jumelées, etc.

SurvivantsModifier

Deux Caudron G4 ont été conservés dans des musées nationaux. Le C.1720[3], restauré plusieurs fois, est visible au Musée de l'Air et de l'Espace à Paris et le C.4263 est présenté dans son état d'origine au NASM à Washington[4].

Un troisième Caudron G4 authentique est en cours de restauration en France[5].

OpérateursModifier

  Arabie saoudite
  Brésil 
  Colombie 
  Salvador 
  Finlande 
  France 
  Italie 
  Japon 
  Pays-Bas
  Portugal 
  Russie 
  Royaume-Uni 
  États-Unis 
  Venezuela 

Notes et RéférencesModifier

  1. (en) Jon Guttman, Caudron G.4, WINDSOCK DATAFILE 96 (ISBN 1-902207-51-3), p. 12-25
  2. a et b André Hauet, Les avions Caudron - Tome 1
  3. « Caudron G.IV type 1 n°C-1720 » (consulté le 22 janvier 2020)
  4. (en) NASM, « Caudron G4 » (consulté le 22 janvier 2020)
  5. Le Fana de l'aviation n°600, , p. 27

BibliographieModifier

  • Windsock Datafile 96 - Caudron G.4 de Jon Guttman
  • Les avions Caudron - Tome 1 d'André Hauet
  • Les aéroplanes Caudron de R. Bardin et C. Auriacombe
  • Caudron G.IV, Cross & Cockade (USA) Journal, Volume 7, numéro 2, été 1966

Liens externesModifier

  • (fr) Caudron G.4 sur DéfPédia.com - fiche technique, photos, etc.