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Capitale de la douleur

recueil de poèmes de Paul Éluard

Capitale de la douleur...
Auteur Paul Éluard
Pays Drapeau de la France France
Genre Poésie
Éditeur Gallimard
Lieu de parution Paris
Date de parution 1926
Nombre de pages 152

Capitale de la douleur est un recueil de poèmes du poète surréaliste français Paul Éluard, paru pour la première fois en septembre 1926[1]. Il se classe à la 60e place de la liste des 100 meilleurs livres du XXe siècle établie par la Fnac et Le Monde.

Titre et compositionModifier

Son titre était à l'origine L'art d'être malheureux[2]. C'est lors de la correction des épreuves qu'Éluard trouve le titre saisissant de Capitale de la Douleur, où se superposent de riches ambiguïtés : on pense au sens géographique, mais aussi à la peine capitale, et à un témoignage capital sur la douleur ainsi qu'à la Capitale où convergent les malheureux. Eluard dit sa douleur en lettres capitales. Il entend, grâce à l'utilisation du "Je universel" faire en sorte que chacun puisse se reconnaître en lisant ces poèmes.

Jean-Charles Gâteau a parlé "d'autobiographie poétique" concernant la rédaction de ce recueil par Eluard : ce dernier vit alors avec Gala mais aussi Max Ernst. Gala pose pour Max Ernst, sous les yeux d'un Eluard malheureux (poème liminaire "Max Ernst : "La première montre ses seins") qui a des yeux trop "pleins d'amour / pour dépeupler un monde dont je suis absent" ( "Giorgio de Chirico").

Le recueil comprend quatre sections: « Répétitions » (35 poèmes, la plupart accompagnés de reproductions de tableaux de Max Ernst, comme "l'éléphant Célèbes" à côté de "Max Ernst), « Mourir de ne pas mourir » (titre emprunté à Sainte Thérèse d'Avila, poétesse mystique Que muero porque no muero : le poète souffre tellement qu'il se meurt de ne pas mourir de la douleur ressentie), « Les petits justes » (11 poèmes dans lesquels Eluard expérimente diverses formes poétiques) et « Nouveaux poèmes » (dont certains sont repris de recueils antérieurs, parfois avec de légères modifications). Avant d'écrire la section "Nouveaux poèmes", Eluard fait une fugue de plusieurs mois. Il parcourt le monde, ne souhaitant plus rester avec le couple Gala-Max Ernst. Le groupe surréaliste le prend alors pour le nouveau Rimbaud. Gala le convainc de revenir et laisse Max Ernst. Elle est "celle de toujours, toute", la muse du poète. Cependant, si Eluard nous parle bien d'elle, il nous parle aussi et surtout de la poésie, une poésie de la pureté : "Tu es pure, tu es aussi pure que moi-même", écrit-il dans le dernier vers du recueil. Les mots utilisés par Eluard sont simples mais parviennent à construire une "épaisseur" de sens. Les images surréalistes naissent souvent de la musicalité, comme en témoigne la matrice phonique en fr empruntée à "Absences II" : "tous les fruits sont là pour figurer des fleurs/" : fruits-figurer-fleurs...L'image surréaliste exploitée par Eluard témoigne bien de ce que Breton a écrit dans son Manifeste du surréalisme : "le haut et le bas ne sont plus perçus contradictoirement", c'est ce que l'on peut constater en analysant de près le célèbre poème "La courbe de tes yeux..."

À en croire les indications données par Éluard à Jacques Doucet[3], les poèmes de Capitale de la Douleur se situent entre 1914 et 1926, chaque ensemble mêlant poèmes anciens et poèmes récents. Le recueil ne présente pas d'unité formelle : à côté des poèmes en vers réguliers (avec à peine quelques licences) sous le rapport de l'isométrie, de la rime, ou du groupement strophique, on trouve nombre de poèmes en vers libres, généralement brefs, et d'assez nombreux textes en prose. De 1922 à 1926, le nombre de poèmes en prose augmente.

RéférencesModifier

  1. Paul Vilard, « Capitale de la douleur », sur l’Encyclopædia Universalis (consulté le 5 juillet 2013).
  2. Lucien Scheler, « Préface », in Paul Éluard, Œuvres complètes, t. I, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1968, p. XXXVI.
  3. Paul Éluard, Œuvres complètes, tome I, Bibliothèque de La Pléiade, 1971, p. 1342.

BibliographieModifier

  • Maryvonne Neuraud, L'Image végétale dans la poésie d'Éluard, Lettres modernes, Minard, 1966
  • Osten Södergard, Étude sur le vocabulaire de Capitale de la Douleur, Revue Studia Neophilologica, n°1, 1960
  • Jacques Borel, « Un Éluard nocturne », in La Nouvelle Revue Française, juillet-août 1967
  • (en) Charles G. Whiting, « Eluard's Poems for Gala », The French Review, février 1968
  • Jean-Charles Gateau, Capitale de la douleur de Paul Éluard, Gallimard, collection Foliothèque, 1994

Voir aussiModifier

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