Canal de Bourbourg

canal français

Canal de Bourbourg
Illustration.
Panneau indiquant le canal près de Coppenaxfort.
Géographie
Pays France
Coordonnées 50° 56′ 15″ N, 2° 09′ 04″ E
Début Aa à Bourbourg
Fin Port de Dunkerque
Traverse Nord
Caractéristiques
Statut actuel En service
Longueur 19,5 km
Gabarit Freycinet et grand gabarit
Mouillage 3,50 m (mouillage maximum de Craywick à Spycker)
Hauteur libre 4,48 m
Usage Canal de dérivation
Infrastructures
Écluses 3
Histoire
Année début travaux 1679
Année d'ouverture 1846
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Canal de Bourbourg
Géolocalisation sur la carte : Nord
(Voir situation sur carte : Nord)
Canal de Bourbourg

Le Canal de Bourbourg est un canal du département du Nord.

HistoireModifier

Lors de la Guerre de Trente Ans, l'armée espagnole bâtit un camp retranché à l'approche de l'armée française : elle construit les forts de Lynck et de Coppenaxfort en 1644 et creuse deux fossés défensifs rectilignes, construits en même temps, le premier qui va de Bourbourg à Coppenaxfort[1] puis rejoint Grande-Synthe et Petite-Synthe[2] et le second fossé qui va des deux Synthes à Mardyck[3],[2].

La construction du canal fut décidée par arrêté du Conseil du Roi Louis XIV du . Vauban en fut l'ingénieur. Le creusement est effectué par 30 000 hommes[4]. Les objectifs sont de favoriser l'écoulement des eaux de la région et de faciliter le commerce[5]. On vise également à relier Dunkerque à l'Aa et de là à Saint-Omer, Gravelines, Calais, sans devoir passer par Bergues (ce qui ne manqua de provoquer les protestations de celle-ci, consciente de la perte que le nouveau canal lui infligerait en termes de commerce) en utilisant le canal de la Colme, comme c'était le cas jusqu'à présent, ce qui allongeait le trajet.

Les travaux commencent en 1673 mais sont fréquemment interrompus par la guerre entre la France et l'Espagne. En 1675-1676, ils reçoivent une nouvelle impulsion liée au fait que la France prépare le siège de Saint-Omer, alors espagnole, en 1677. Dans ce but elle avait amassé munitions et fourrages à Dunkerque. Le canal servit à les amener à Saint-Omer en mars-avril 1677[6]. Néanmoins, les travaux d'achèvement du canal se prolongèrent pendant des années, ils duraient encore en 1685[7]

Dès les premières années, une liaison par barque fut établie entre Dunkerque, Bourbourg et Saint-Omer.

Le creusement du canal représenta une lourde dépense pour la châtellenie de Bourbourg mais elle bénéficia de l'essentiel des revenus procurés par le transport non seulement de marchandises mais aussi de personnes[8]. Les barques étaient tirées par des chevaux avec des relais en cours de route pour changer de montures lorsqu'il fut décidé de raccourcir les délais[8].

En effet, jusqu'en 1750, surtout en hiver, ce « service public » durait longtemps (11 heures en été et douze en hiver), et les voyageurs devaient passer la nuit à Bourbourg aussitôt qu'un retard au départ ou en cours de route ralentissait la marche, ce qui représentait une aubaine pour les aubergistes de la ville (il faut rappeler que Saint-Omer et Dunkerque étaient des villes fortifiées où on pénétrait par des portes lesquelles étaient fermées la nuit, il était donc hors de question d'arriver après le coucher du soleil d'où la halte à Bourbourg)[9]. Après 1750, le trajet s'effectua plus rapidement (environ 7 heures et demie avec amende au transporteur ayant remporté l'adjudication du service en cas de retard) grâce à l'usage de carrosses d'eau plus légers avec 3 classes de places selon le confort offert, grâce également à une séparation entre transport de marchandises et transport de voyageurs, pour essayer d'attirer les personnes fortunées lesquelles jusque-là préféraient soit se déplacer à cheval soit louer un carrosse d'eau « privé »[9].

La répartition des charges et revenus entre les villes de Saint-Omer, Bourbourg, Dunkerque n'allait pas sans contestations mais dès la fin du XVIIIe et au XIXe siècle, le développement des routes entraina des revenus en baisse pour le transport des voyageurs[10]. Le coup fatal fut porté avec la mise en place du chemin de fer. Seul subsista le transport des marchandises, rôle que continue de jouer depuis le canal de Bourbourg.

Le canal a été porté au grand gabarit européen (CEMT II : 52 m de largeur) en 1967.

GéographieModifier

 
Carrefour entre le canal et la Dérivation de la Colme, à Coppenaxfort.

Le Canal de Bourbourg relie l'Aa à l'ouest de Bourbourg aux ports intérieurs de Dunkerque. Il passe à Craywick, au sud de Grande-Synthe, puis entre Petite-Synthe et Cappelle-la-Grande avant d'arriver aux ports de Dunkerque. Sa longueur est de 19,5 km[11]. Après Craywick, une branche se détache vers Mardyck, c'est la Dérivation de Mardyck. Entre Coppenaxfort et Lynck, un canal le relie au Canal de la Haute Colme : c'est la Dérivation de la Colme.

Le canal fait partie du bassin versant de l'Aa. Entre Craywick et Dunkerque, il fait partie de la liaison Dunkerque-Escaut.

Il fixe les frontières communales de Brouckerque avec les communes de Craywick, Loon-Plage et Mardyck.


Qualité de l'eauModifier

Dans les années 1850-1860, le canal de Bourbourg fournit de l'eau potable aux habitants de la ville de Dunkerque, même si la population ne l'utilise qu'avec défiance. La qualité de l'eau fut analysée par un pharmacien de Dunkerque puis par l'école des Mines de Paris. Les deux analyses concluaient à une eau propre aux usages domestiques[12].

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Craywick, chapitre un hameau industriel, Dunkerque Grand Littoral communauté urbaine, http://www.communaute-urbaine-dunkerque.fr/fr/le-territoire/les-18-communes/craywick/index.html, consulté en août 2011
  2. a et b Histoire de la Flandre, Dominique Drapie, chapitre La guerre en Flandre au temps des archiducs, d'après Georges Dupat et A. Renaudet, http://d.drapie.free.fr/Flandres.htm, consulté en août 2011.
  3. Aymard Drieux et Yves Lemaire, Brouckerque, Coppenaxfort, décembre 2005 (ISBN 2-9525621-0-5)
  4. Aymard Drieux et Yves Lemaire, Brouckerque, Coppenaxfort, décembre 2005 (ISBN 2-9525621-0-5), page 157
  5. E. de Coussemaker, « Document inédit pour servir à l'histoire des guerres de Flandre et à celle de la ville et châtellenie de Bourbourg », Mémoires de la Société Dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts,‎ , p. 207 (lire en ligne)
  6. E. de Coussemaker, option citée, pages 208 et 210
  7. E. de Coussemaker, option citée, page 212
  8. a et b Congrès des sciences historiques à Dunkerque en 1907, tome II pages 196 à 238, lire en ligne
  9. a et b Congrès des sciences historiques à Dunkerque en 1907, tome II pages 196 à 238, lire en ligne
  10. Congrès des sciences historiques à Dunkerque en 1907, tome II pages 196 à 238, lire en ligne
  11. SANDRE, « Fiche canal de bourbourg (E42-0172) » (consulté le 21 novembre 2008)
  12. Docteur Zandyck, « Histoire météorologique et médicale de Dunkerque, 1850-1860 », dans Mémoire de la société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, Années 1860-1860, p. 77 et suivantes, lire en ligne.

Articles connexesModifier

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