Camila Sosa Villada

romancière et actrice argentine
Camila Sosa Villada
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Camila Sosa Villada en 2013.
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Prix sœur Juana Inés de la Cruz (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Bad Girls (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Camila Sosa Villada, née le à La Falda (Argentine), est une femme trans, actrice, chanteuse et écrivaine argentine[1],[2].

Son roman Les Vilaines décrit le quotidien des personnes trans du parc Sarmiento (en), s'inspirant de son propre vécu.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Camilia Sosa Villada naît le 28 janvier 1982 à La Falda en Argentine à 80 km de la ville de Córdoba. Pendant son enfance, elle déménage à plusieurs reprises dans la province du même nom, résidant avec sa famille à Cruz del Eje, Los Sauces, Mina Clavero (en) et Córdoba.

« Quand j'étais une jeune fille, j'imaginais faire du théâtre et jouer dans des films ; je n'ai jamais imaginer pouvoir en vivre. J'ai commencé à m'habiller en fille à l'âge de 16 ans, dans une ville de 16 000 habitants. Je sais très bien ce que c'était d'être trans dans une ville il y a vingt ans. C'était deux fois plus dur que maintenant. Aujourd'hui, celle qui s'habillent en filles n'ont aucune notion de ce que nous avons enduré - c'était très douloureux. Heureusement, nous avons ouvert la voie pour ces personnes. »

— Camila Sosa Villada[3]

Elle grandit dans une province rurale, au sein d'un milieu où le poids de la famille traditionnelle et de la religion rendent la vie des personnes trans dangereuse et précaire. Petite, elle refuse de s'identifier à la violence patriarcale de son père, alcoolique et violent. Selon ses propres mots, « la peur, c’était le père, l’origine de toutes les larmes de trans. […] Cet animal féroce, qui me hantait, qui était mon cauchemar : tout ça était trop horrible pour avoir envie d’être un homme. Je ne pouvais pas être un homme dans ce monde-là »[4].

FormationModifier

Elle endosse donc une identité de femme vers l'âge de 15 ans et s'enfuit de sa famille, devenant Camila. Souhaitant être désirée, elle s'habille pour susciter l'intérêt. À 18 ans, elle devient étudiante en communication et en théâtre, tout en se prostituant la nuit et se passionnant pour la poésie.

Elle étudie durant trois ans la communication sociale à l'école des sciences de l'information de l'université nationale de Córdoba et enchaîne durant trois années supplémentaires pour obtenir son bachelor dans la même université[5].

Elle utilise la poésie pour décrire la vie des personnes trans du parc Sarmiento (en)[4],[6]. Ses parents se seraient alors rendus dans un sanctuaire dédié à Difunta Correa, une sainte très populaire en Argentine, afin de lui adresser une prière pour que leur fille sorte de la prostitution, qu'ils jugeaient trop dangereuse pour elle. Difunta Correa est une femme morte d'épuisement et de faim après avoir suivi son mari sur le front, et retrouvée sans vie, son bébé vivant tétant encore son sein[7].

Carrière au théâtreModifier

En 2009, Camila Sosa Villada joue le rôle principal de sa pièce Carnes tolendas, retrato escénico de un travesti (en français « Carnes Tolendas, un portrait sur scène d'une travesti »), drame autobiographique s'appuyant sur des épisodes décrits également sur son blog La Novia de Sandro (en) (« La petite amie de Sandro ») et mobilisant la poésie de Federico García Lorca[8]. La pièce, dirigée par Maria Palacios et revue par Paco Giménez, est sélectionnée pour le festival national du théâtre de La Plata[8],[9].

En 2011, Javier van de Couter, réalisateur, acteur, et rédacteur de script, recrute Camila Sosa Villada pour un rôle mineur dans le film Mía. Il lui offre plus tard le premier rôle après l'avoir vu jouer dans Carnes tolendas à Córdoba.

Carrière littéraireModifier

 
L'écrivain Juan Forn.

Dans un premier temps, elle réalise un spectacle de cabaret lui[Qui ?] rendant hommage, lui prêtant les traits d'une femme trans. L'écrivain Juan Forn (en) vient voir la pièce et lui demande de lui envoyer un texte[7].

De son vécu, elle tire alors un premier roman, Les Vilaines (éditions Métailié, traduit de l'espagnol par Laura Alcoba, 2021), narrant des épisodes qui mêlent des meurtres, des suicides et le sida, « triste quotidien d'une prostituée trans dans une société machiste et patriarcale » note Vanity Fair, considérant par ailleurs qu'il s'agit d'un « texte puissant »[10],[6],[4]. Ce premier roman s'inspire en partie de la vie de Difunta Correa[7].

PrixModifier

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Sosa Villada, Camila (2016), « The National Government is giving us an example to follow » (lien brisé, disponible sur Internet Archive ; voir ce lien),.
  2. « Mía, a film by Javier Van de Couter », article publié sur le site Pecado Films le 26 novembre 2011.
  3. «Camila Sosa Villada: “I cried so much when I saw myself on the big screen”», interview with Ariel Alan on the Universo Gay website, published on the 17th of July, 2012.
  4. a b et c « Les vilaines, de Camila Sosa Villada : la nouvelle langue d'un corps choisi », sur En attendant Nadeau, (consulté le )
  5. (es) « "Mía", una película de Javier Van de Couter », sur pecadofilms.com, Pecado Films (consulté le )
  6. a et b « Roman. “Les Vilaines”, un livre furieux mais tendre sur l’identité transgenre », sur Courrier international, (consulté le ).
  7. a b et c « « Les Vilaines », de Camila Sosa Villada : manifeste pour les trans divines », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. a et b (es) « Camila Sosa Villada: actriz nacional », La Voz del Interior,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  9. (es) « La actriz cordobesa Camila Sosa Villada desembarcó en la Televisión Pública de Buenos Aires », sur storify.com, Storify (consulté le )
  10. Romain Charbon, « La vie devant iels », Vanity Fair n°87, mars 2021, p. 125.
  11. Madame Figaro, « Grand Prix de l'Héroïne Madame Figaro 2021 : et les gagnantes sont... », sur Madame Figaro, (consulté le )

Liens externesModifier