Caldeira Okmok

montagne de l'Alaska, aux États-Unis

La caldeira Okmok (en anglais Okmok Caldera, en aléoute Unmagim Anatuu) est une caldeira située sur l'île d'Umnak (îles Aléoutiennes, Alaska, États-Unis). Couronnant un volcan bouclier de 35 km de diamètre[1], elle culmine à 1 073 m d'altitude au mont Okmok constitué par le rebord nord-ouest de la dépression. Celle-ci contient plusieurs cônes volcaniques et plusieurs lacs dont les cours d'eau se déversent hors de la caldeira par le nord-est. Sur son flanc sud-est se trouve le mont Tulik culminant à 1 253 m[1].

Caldeira Okmok
Image illustrative de l'article Caldeira Okmok
Vue aérienne de la caldeira Okmok.
Localisation
Coordonnées 53° 26′ N, 168° 08′ O[1]
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Alaska
Borough non-organisé Aléoutiennes occidentales
Géologie
Massif Umnak
Type de cratère Caldeira
Type Volcan de subduction
Activité Actif
Dernière éruption 12 juillet au 19 août 2008
Code GVP 311290
Observatoire Observatoire volcanologique d'Alaska
Dimensions
Altitude 1 073 m
Diamètre 10 km
Géolocalisation sur la carte : Alaska
(Voir situation sur carte : Alaska)
Caldeira Okmok
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
(Voir situation sur carte : États-Unis)
Caldeira Okmok

Éruption de 43 av. J.-C.Modifier

 
Vue aérienne du cône D né au cours de l'éruption de 2008.

L'Okmok a subi une violente éruption en 43 av. J.-C., dont témoignent des téphras riches en soufre retrouvés dans des carottes de glace du Groenland, qui ont mis environ deux ans et demi pour se déposer[2]. Cette éruption est considérée comme la cause probable des basses températures dans l'hémisphère nord au cours des années 43 et 42 av. J.-C., mentionnées dans les documents historiques et attestées par paléothermométrie. Les années 43 et 42 sont en effet caractérisées par une baisse des récoltes, des famines, des épidémies et des troubles sociaux, documentés dans une grande partie de l'aire méditerranéenne[3]. Les sources de l'époque évoquent un climat inhabituel, alors les données géo-climatiques montrent que les années 43 et 42 ont été parmi les années les plus froides des derniers millénaires dans l'hémisphère nord et ont connu un bouleversement de l'hydroclimat[3].

Les retombées de l'éruption sont nettement visibles et bien datées dans six carottages prélevés en Arctique[3]. La modélisation du climat terrestre de l'époque, construite sur ces bases, a conclu à une forte augmentation de la pluviométrie, avec une acidification des pluies par l'acide sulfurique émis par le volcan. Elle conclut aussi à un épisode de froid extrême, immédiatement après l'éruption, avec dans les régions méditerranéennes une chute des températures moyennes jusqu'à 7°C sous les moyennes saisonnières, et cela durant deux ans après l'éruption.

Cet événement climatique a probablement joué un rôle dans les troubles qui ont précipité la chute de la République romaine et du royaume ptolémaïque[4],[3] ; ce qui démontre la vulnérabilité des grands États de l'Antiquité aux chocs hydroclimatiques[3].

RéférencesModifier

  1. a b et c (en) « Global Volcanism Program - Okmok » (consulté le )
  2. (en) R. Mark Wilson, « An Alaskan volcano, climate change, and the history of ancient Rome », Physics Today, vol. 73, no 9,‎ , p. 17 (DOI 10.1063/PT.3.4563).
  3. a b c d et e (en) Joseph R. McConnell, Michael Sigl, Gill Plunkett et Andrea Burke, « Extreme climate after massive eruption of Alaska’s Okmok volcano in 43 BCE and effects on the late Roman Republic and Ptolemaic Kingdom », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 117, no 27,‎ , p. 15443–15449 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, PMID 32571905, PMCID PMC7354934, DOI 10.1073/pnas.2002722117, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) R. Mark Wilson, « An Alaskan volcano, climate change, and the history of ancient Rome », Physics Today, vol. 73, no 9,‎ , p. 17 (DOI 10.1063/PT.3.4563).