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Cérémonie d'ouverture du Parlement du Royaume-Uni

(Redirigé depuis Cérémonie d'ouverture du Parlement (Royaume-Uni))

Au Royaume-Uni, la cérémonie d'ouverture du Parlement (State Opening of Parliament en anglais) est un événement politique annuel, qui se tient généralement en mai, et qui marque le début de la session parlementaire. Il se déroule à la Chambre des lords, au palais de Westminster.

La cérémonie d'ouverture est un événement formel et très solennel, où les gestes et paroles rituels qui y sont utilisés de manière souvent multiséculaire revêtent parfois un caractère très symbolique.

Ainsi, avant même l'ouverture de la cérémonie, les caves du palais de Westminster sont tout d'abord fouillées par les hallebardiers de la garde munis de lanternes, en vue d'empêcher toute reproduction moderne de la conspiration des poudres : le complot de 1605 avait en effet visé à un attentat contre le Palais. Cette inspection restant toutefois de pure forme.

Le déroulementModifier

Le monarque, venant du palais de Buckingham, se rend à Westminster dans un carrosse tiré par des chevaux et accompagné d'une escorte de Horse Guards. Il y pénètre par une entrée qui lui est réservée, sous la tour Victoria.

Le Royal Standard (« l'étendard royal ») flottera alors sur le bâtiment pendant toute la durée de la cérémonie, en remplacement de l'Union Jack.

Le souverain est alors accueilli par le Lord grand chambellan (« Lord Great Chamberlain »), tenant une longue verge de bois à la main, et le gentilhomme huissier de la verge noire (« Black Rod »), portant sur l'épaule une canne à pommeau métallique.

Ces derniers l'accompagnent dans les couloirs en le précédant, accompagnés du sergent d'arme (« Serjeant-at-Arms ») portant la masse d'arme cérémoniale, clamant la formule : « Hats off, Strangers ! » (« chapeau bas, étrangers ! »), afin que l'assistance se découvre au passage de sa majesté.

Lui étant interdit de pénétrer dans la Chambre des communes, le Black Rod mène alors le souverain à la Chambre des lords. Ce dernier salue l'assistance en entrant puis s'assied sur le trône qui lui a été préparé et invite l'assistance à faire de même par la formule : « My Lords, pray be seated » (« Mes seigneurs, je vous prie de vous asseoir »). Les membres de la chambre haute sont revêtus de leur costume d'apparat, fait notamment d'une robe rouge et coiffés d'une perruque.

Le Black Rod se rend ensuite à la chambre des Communes afin de demander aux députés d'assister au discours royal. À peine arrivé au seuil de la salle des séances de ladite assemblée, on lui claque alors la porte au nez pour lui signifier la supériorité de la chambre basse et son indépendance vis-à-vis du pouvoir royal dont il est l'émissaire. Après avoir frappé trois coup à la porte à l'aide de sa canne, l'huissier est alors autorisé à entrer dans la salle, accompagné du sergent d'arme venu retirer la masse d'arme de la chambre. Il salue, en s'inclinant, le speaker puis les députés et notifie à ses derniers que le souverain les attend à la Chambre des lords, en usant de la formule suivante : « Mr Speaker, The Queen (ou King) commands this honourable House to attend Her Majesty immediately in the House of Peers. » (« Monsieur le Président, la reine – ou « le roi » – commande à cette honorable Chambre de suivre sa Majesté immédiatement à la Chambre des Pairs »). Les députés sortent alors de la salle, le sergent d'arme en tête du cortège portant la masse sur l'épaule.

Depuis les années 1980, la notification prononcée par le Black Rod est suivie d'une interjection humoristique (et souvent à connotation républicaine) de la part du doyens des députés, travailliste, Dennis Skinner, provoquant des rires dans l'assemblée. Cette intervention du député est considérée au début du XXIe siècle comme faisant partie intégrante des traditions de cette cérémonie[1],[2].

Le parlement enfin réuni (les députés des communes restent néanmoins debout dans la salle), le monarque prononce ensuite le Discours du Trône, dans lequel il présente le programme législatif du gouvernement pour la session parlementaire à venir, texte qui a en fait été rédigé par le Premier ministre. Afin d'éviter que le souverain soit séquestré par les élus du peuple, un député est retenu durant la cérémonie au palais de Buckingham, et suit alors le discours royal à la télévision.

La cérémonie achevée, le souverain repart aussitôt à Buckingham en carrosse, comme il est venu.

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier