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Bruno Amable
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Bruno Amable, né le en France, est un économiste français qui s'est principalement consacré à l'étude du néo-libéralisme, et notamment de ses relations avec l'innovation, et à l'analyse des diverses formes du capitalisme dans les pays développés. Son nom est associé à une typologie des « cinq capitalismes ».

BiographieModifier

Né le 15 décembre 1961, il est diplômé de l’École des hautes études commerciales de Paris (HEC) en 1984. De 1984 à 1986, il est assistant de recherche à l’Institut international pour l’analyse systémique appliquée à Laxenburg, en Autriche. Il obtient un DEA d’analyse et politique économiques en 1987 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). De 1989 à 1991, il est chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES). Il obtient un doctorat d’État en économie en 1991 à l’EHESS. De 1991 à 1998, il est chercheur à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). Agrégé du supérieur depuis 1998, il est professeur d’économie à l’université Lille-II de 1998 à 2001, puis à l’ université Paris-X-Nanterre de 2001 à 2006[1], puis professeur à l'Université Paris Panthéon Sorbonne et à l'École d'économie de Paris (PSE). Depuis août 2016, il est professeur ordinaire à l'Université de Genève (Suisse).

Il remporte en 2000 le prix du meilleur jeune économiste de France.

Il affiche son soutien à Jean-Luc Mélenchon, membre fondateur de La France insoumise, lors de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2017[2].

TravauxModifier

Dans un premier ouvrage, Bruno Amable, Rémi Barré et Robert Boyer (1997) réfutent l’idée selon laquelle seule la régulation marchande anglo-saxonne telle qu’elle est mise en œuvre aux États-Unis serait capable de favoriser l’innovation et de développement économique. Reprenant les apports de l’école de la régulation, de la théorie de la croissance endogène et des analyses des « systèmes nationaux d’innovation », ils tentent de définir quelle organisation permettra à l’Europe « d’impulser une innovation productrice de secteurs en forte croissance »[3].

Dans son ouvrage « Les cinq capitalismes », publié en anglais en 2003 puis en français en 2005, Bruno Amable montre que les grandes économies capitalistes développées ne convergent pas nécessairement vers le modèle néo-libéral anglo-saxon. Il distingue cinq modèles de capitalisme qui diffèrent par leurs institutions économiques et sociales : système financier, protection sociale, relations professionnelles, système éducatif, marché du travail :

  • le modèle néolibéral (États-Unis, Australie, Canada, Royaume-Uni)
  • le modèle continental européen (France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Norvège)
  • le modèle social-démocrate (Danemark, Finlande, Suède)
  • le modèle « méditerranéen » (Espagne, Grèce, Italie, Portugal)
  • le modèle asiatique (Japon, Corée du sud)

Les tentatives d’imposer le modèle néo-libéral anglo-saxon en Europe feront face à une opposition croissante et un autre modèle est à la fois possible et probable[4],[5].

En 2012, il publie avec Elvire Guillaud et Stefano Palombani, un ouvrage selon lequel un « noyau dur » néolibéral, minoritaire tenterait d’imposer des mesures économiques d'inspiration néolibérale prétendument « indispensables » en France comme en Italie. Dans ce but, ce « noyau dur » tente de s’allier à des groupes plus larges : en France, Nicolas Sarkozy essaie de se concilier les salariés du secteur privé ; en Italie, Silvio Berlusconi, cajole les classes précaires et assistées.

Dans un livre publié en 2015, il explique avec Ivan Ledezma pourquoi il doute que la libéralisation conduise à la promotion de l’innovation, à l’augmentation de la productivité et, in fine, à la prospérité.

OuvragesModifier

  • co-écrit avec Rémi Barré et Robert Boyer, Les Systèmes d'innovation à l'ère de la globalisation, Paris, Economica, , 401 p. (ISBN 978-2717833324)
  • Les Cinq Capitalismes. Diversité des systèmes économiques et sociaux dans la mondialisation, Le Seuil, coll. « Économie humaine », , 374 p.
    Version française de The Diversity of Modern Capitalism, Oxford University Press, .
  • co-écrit avec Stefano Palombarini, L'Économie politique n'est pas une science morale, Paris, Liber, coll. « Cours et travaux », , 285 p. (ISBN 978-2912107220)
  • co-écrit avec Elvire Guillaud et Stefano Palombarini, L'Économie politique du néolibéralisme. Le cas de la France et de l'Italie, Paris, Rue d'Ulm, coll. « Cepremap », , 164 p. (ISBN 978-2728804757)
  • co-écrit avec Ivan Ledezma, Libéralisation, innovation et croissance. Faut‐il vraiment les associer ?, Rue d'Ulm, coll. « Cepremap », , 117 p. (ISBN 978-2728805297, lire en ligne)
  • co-écrit avec Stefano Palombarini, L'illusion du bloc bourgeois : alliances sociales et avenir du modèle français, Paris, Raisons d'agir, , 176 p. (ISBN 978-2-912107-90-9) [présentation en ligne]

Notes et référencesModifier

  1. Bruno Amable - CV, Faculté des sciences sociales et culturelles, Europa-Universität Viadrina Frankfurt, 2008, 4 pp.
  2. « Nous, économistes, soutenons Mélenchon », sur Libération (consulté le 24 septembre 2017).
  3. Nieddu, Martino Compte-rendu, Économie rurale, vol. 244, n° 1, 1998, pp. 57-58.
  4. Amable, Bruno Les spécificités nationales du capitalisme. Capitalisme et mondialisation :une convergence des modèles ? In Le capitalisme : mutations et diversité, Cahiers français, n°349, pp.57-62.
  5. Ghorra-Gobin, Cynthia et Azuelos, Martine Le capitalisme à l'âge global : les mutations transcendent-elles les spécificités nationales ? Revue LISA / LISA e-journal, Maison de la Recherche en Sciences Humaines, vol. 13, n° 2, 2015, 13 pp.

Liens externesModifier