Biolithogenèse

En pétrographie et géomorphologie[1], la biolithogenèse est l'ensemble des processus directs ou indirects de formation d'une roche (lithogenèse) par des organismes vivants capables d'induire la cristallisation[2] et précipitation/agglomération de minéraux dissous dans l'eau tels que le calcium ou plus rarement la silice.

Formation néogène (actuelle, c'est-à-dire roche en cours de formation) de tuf calcaire, ici dans l'Aude

Contrairement à de nombreuses formations de roche, celle-ci est un processus de surface : surface du fond marin ou de la terre avec les sources et cascades pétrifiantes[3].

Les roches issues de la biolithogenèse sont souvent hétérogènes et friables, sauf si elles ont été métamorphisées.

Au sens large, ce phénomène inclut la formation de le craie en tant que roches sédimentaires fossile constituée de squelettes externes d'organismes microscopiques aquatiques.

Relations au climatModifier

Ce processus contribue aux puits de carbone et est lié aux changements climatiques[4].

Exemples de roches issues de la biolithogenèseModifier

  • roches stromatolithiques produites par des bactéries. Ces roches peuvent être très anciennes (datant de l'apparition de la vie dans les océans) ou récentes, dont par exemple en France avec les formations stromatolitiques (tufs calcaires) près de Tournus en Saône-et-Loire[5] ;
  • charbon, pétrole et roches issues de la tourbe qui est elle-même le résultat de l'accumulation de matière organique incomplètement décomposées ;
  • tufs et travertins formés grâce à des bactéries et/ou bryophytes aquatiques ou semi-aquatiques[6].

ExemplesModifier

BiomimétismeModifier

L'industrie cherche à mieux comprendre les processus naturels de la biolithogenèse pour éventuellement en imiter certains, par exemple pour produire des biocéments ou des matériaux de construction bioinspirés[7].

Notes et référencesModifier

  1. ex : Franco, B., Houbrechts, G., VAN CAMPEHOUT, J., Hallot, E., & Petit, F. (2008). https://www.academia.edu/download/41394961/tude_gomorphologique_des_barrages_de_tra20160122-30106-ixf84y.pdf Étude géomorphologique des barrages de travertin du hoyoux]. Bulletin de la Société géographique de Liège, 50, 45-56.
  2. Freytet, P. (1992). [http://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/01811789.1992.10827089 Les cristallisations de calcite associées à des restes végétaux (algues, feuilles) en milieu fluviatile et lacustre, actuel et ancien (tufs et travertins)]. Bulletin de la Société Botanique de France. Actualités Botaniques, 139(1), 69-74.
  3. Campy, M., & Macaire, J. J. (2003). Géologie de la surface. Erosion, Transfert et Stockage.
  4. Yvan, G., Guendon, J. L., Vincent, O., Samuel, N., Paul, R., & Bălăşescu, A. (2008). Milieux, processus, faciès et dynamiques morphosédimentaires des formations travertineuses quaternaires en relation avec les changements climatiques. Studii de Preistorie, (5), 15-35.
  5. Freytet, P., & Plet, A. (1991). Les formations stromatolitiques (tufs calcaires) récentes de la région de Tournus (Saône et Loire). Geobios, 24(2), 123-139 (résumé).
  6. Casanova, J. (1981). Morphologie et biolithogenèse des barrages de travertins. Bulletin des l’Association Géographes Français, 479, 192-193
  7. Niveditha C, Sarayu K, Kumar R & Iyer N.R (2014) Marine Algae for cement mortar strengthening. Journal of Civil Engineering Research, 4(2A), 23-25.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier

BibliographieModifier