Bataille de Kirkouk (2016)

Bataille de Kirkouk

Informations générales
Date 21
Lieu Kirkouk
Issue Victoire des Kurdes
Belligérants
Flag of Kurdistan.svg Peshmergas
Flag of Kurdistan Workers' Party.svg PKK
Hachd al-Chaabi

Seal of Combined Joint Task Force – Operation Inherent Resolve.svg Coalition

Drapeau de l'État islamique État islamique
Commandants
Polad TalabaniAbou Islam White flag icon.svg
Forces en présence
inconnues~ 100 hommes[1]
Pertes
76 morts[2]84 morts[2]
quelques prisonniers[3],[4]
Civils : 21 morts[2]

Seconde guerre civile irakienne

Coordonnées 35° 28′ 12″ nord, 44° 23′ 45″ est
Géolocalisation sur la carte : Moyen-Orient
(Voir situation sur carte : Moyen-Orient)
Bataille de Kirkouk
Géolocalisation sur la carte : Irak
(Voir situation sur carte : Irak)
Bataille de Kirkouk

La bataille de Kirkouk a eu lieu du 21 au , lors de la seconde guerre civile irakienne.

PréludeModifier

La ville de Kirkouk est occupée depuis le par les peshmergas de l'UPK[5],[6]. Des troupes du PKK sont également présentes[7].

Le , l'armée irakienne et les peshmergas lancent la bataille de Mossoul afin de reprendre la ville à l'État islamique. Cependant ils délaissent derrière eux la poche d'Hawija, où résistent encore 1 000 à 1 500 djihadistes encerclés à une vingtaine de kilomètre au sud-ouest de Kirkouk[8],[9].

La nuit du 20 au , les hommes de l'État islamique lancent une opération de diversion en attaquant directement la ville de Kirkouk[10],[4].

DéroulementModifier

L'État islamique passe à l'offensive à trois heures du matin et attaque Kirkouk sur plusieurs axes par le nord, l'est et le sud, avec au moins plusieurs dizaines d'inghimasi[11],[12],[13],[14],[15]. Ces derniers entrent à l'intérieur de la ville et se dispersent par petits groupes[16]. D'après les autorités kurdes, des cellules dormantes pourraient également avoir été activées[12]. Les combats ont lieu dans plusieurs quartiers de la ville ; Wasiti, 1er juin, Granada, Hacac, Asra Masqudin et Domiz[12]. Dans le quartier 1er juin, au moins cinq kamikazes se font exploser en attaquant des bâtiments gouvernementaux, dont le quartier général de la police, où au moins six policiers sont tués[17],[12],[13]. D'autres combattants se retranchent à l'intérieur de l'hôtel Jihad, dans le centre-ville, à proximité de la citadelle de Kirkouk[16],[9]. Dans le quartier de Tesaeen, des djihadistes entrent dans la mosquée Al-Mohammadi et utilisent les haut-parleurs pour crier « Allahu akbar » et « Dawlat al-Islam baqiya » (L'État islamique restera)[10],[13]. Dans la soirée, l'État islamique revendique, via l'agence Amaq, la prise de la moitié de la ville, mais ces déclarations sont exagérées, les djihadistes se disséminent et se retranchent dans quelques immeubles[10],[18].

Les djihadistes mènent également une attaque à Dibis, à quarante kilomètres au nord-ouest de Kirkouk, contre une centrale électrique en chantier. Trois kamikazes se font exploser lors des combats et au moins douze employés irakiens et quatre techniciens iraniens sont tués[17],[10].

Au cours de la nuit du 21 au 22, des miliciens chiites de la 16e brigade turkmène de l'Organisation Badr entrent dans Kirkouk[9],[19],[15]. La 52e brigade turkmène dépêche également un millier de combattants[20]. Les 22 et 23, des combattants kurdes traquent les derniers djihadistes infiltrés, ces derniers tiennent d'ultimes poches de résistance dans des quartiers au sud et à l'est de la ville[21]. Les combats se terminent le 24 octobre, au matin[3].

Les pertesModifier

Au matin du 22 octobre, un bilan communiqué par un responsable militaire du ministère irakien de l'Intérieur et confirmé par une source médicale de l'AFP, fait état d'au moins 46 morts et 133 blessés, dont une majorité de membres des forces de sécurité[10],[4]. À la même date, selon le chef de la police de Kirkouk, 48 djihadistes ont été tués[4]. Le 24 octobre, Najmeddin Karin, gouverneur de la province de Kirkouk, déclare que 74 djihadistes sont morts pendant l'attaque et que leur chef a été arrêté[3].

Selon le New York Times, le bilan définitif est de l'attaque est de 84 morts du côté des djihadistes, tandis que 43 policiers et 33 peshmergas ont été tués, ainsi que 21 civils. De plus, 265 personnes ont été blessées[2].

Un journaliste irakien, Ahmed Hajer Oglu, de la télévision turkmène Ili, est tué par un tireur embusqué de l'EI le premier jour des combats[10].

ConséquencesModifier

Après les attaques, les Kurdes chassent des centaines de familles arabes de la ville de Kirkouk et détruisent leurs maisons au bulldozer[22],[23],[24].

Notes et référencesModifier

  1. Irak : l'attaque de l'EI sur Kirkouk est terminée, Le Point avec AFP, 24 octobre 2016.
  2. a b c et d (en-US) Michael R. Gordon, « Seeking Clues to ISIS Strategy in Corpses and Cellphones Left in Kirkuk », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 2 février 2020)
  3. a b et c Le Figaro avec AFP, « 74 djihadistes tués après l'attaque de Kirkouk », (consulté le 2 février 2020)
  4. a b c et d « Irak: deuxième jour d'affrontements à Kirkouk, où des jihadistes résistent », Le Point, (consulté le 2 février 2020)
  5. Jean-Pierre Perrin, « Dans Kirkouk la Kurde, en attendant les «barbares» », Libération, (consulté le 2 février 2020)
  6. Sarah Diffalah, « Daech en Irak : les inconnues de la bataille de Mossoul », L'Obs,
  7. Laura-Maï Gaveriaux, Le PKK est présent sur le front de #Hawjia et a été déterminant hier à #Kirkouk. C'est une orga transfrontalière, donc oui., twitter, 22 octobre 2016.
  8. Michel Goya, « La voie de l'épée: Mossoul, la bataille des cinq armées », La voie de l'épée, (consulté le 2 février 2020)
  9. a b et c Allan Kaval, « Irak : Kirkouk, la guerre d’après », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2020)
  10. a b c d e et f Le Point avec AFP, « Irak : une attaque de l'EI fait 46 morts à Kirkouk », Le Point, (consulté le 2 février 2020)
  11. Le Monde avec AFP, « Irak : 46 morts dans l’attaque de l’EI à Kirkouk », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2020)
  12. a b c et d « Irak : Sur quels axes le groupe Etat islamique a-t-il fait ses incursions à Kirkouk ? » [vidéo], France 24, (consulté le 2 février 2020)
  13. a b et c Hala Kodmani, « Irak : contre-attaque surprise de l'Etat islamique à Kirkouk », Libération, (consulté le 2 février 2020)
  14. Wassim Nasr, #Irak depuis Houaijah l'#EI entame plusieurs ops contre des positions des #Peshmerga & de gardiens de sites ds les faubourgs de #Kirkouk, twiiter, 21 octobre 2016.
  15. a et b « La bataille de Mossoul vue du côté de l'EI »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Historicoblog,
  16. a et b AFP, « Kirkouk dans la peur après une attaque coordonnée de l'EI », Le Point, (consulté le 2 février 2020)
  17. a et b France 24 avec AFP et Reuters, « Attaques de l’EI à Kirkouk, progression des forces irakiennes à Mossoul », (consulté le 2 février 2020)
  18. Madjid Zerrouky, « Perdre pour mieux revenir, le nouveau credo de la propagande de l’organisation Etat islamique », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2020)
  19. Wassim Nasr, #Irak des miliciens turkmènes chiites de la mobilisation populaire Hachd alChaabi ds les rues de #Kirkouk, twitter, 22 octobre 2016.
  20. Matteo Puxton, « La 52ème brigade de la mobilisation populaire chiite, milice turkmène pro-iranienne en Irak », France Soir, (consulté le 2 février 2020)
  21. « Irak: Kirkouk toujours sous le feu, Ashton Carter évoque déjà Raqqa », sur RFI, (consulté le 2 février 2020)
  22. Le Figaro avec AFP, « Irak: représailles à Kirkouk », (consulté le 2 février 2020)
  23. « Irak. Les autorités kurdes rasent des maisons au bulldozer et chassent des centaines d'Arabes de Kirkouk », Amnesty International, (consulté le 2 février 2020)
  24. « A Kirkouk, ville multiethnique, les Arabes soupçonnés de complicité avec EI », RFI, (consulté le 2 février 2020)

Voir aussiModifier

VidéographieModifier

Lien externeModifier