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Ne doit pas être confondu avec Hachd al-Watani.

Les Hachd al-Chaabi, (en arabe : الحشد الشعبي, « Unités de mobilisation populaire ») sont une coalition paramilitaire de milices en majorité chiites formée en 2014 pendant la seconde guerre civile irakienne[2].

Hachd al-Chaabi
Unités de mobilisation populaire
Image illustrative de l'article Hachd al-Chaabi

Idéologie Islamisme chiite (en majorité)
Objectifs Instauration en Irak d'un gouvernement islamique chiite fondé sur le Velayat-e faqih (en majorité)
Statut Actif
Fondation
Date de formation
Pays d'origine Drapeau de l'Irak Irak
Organisation
Chefs principaux • Faleh al-Fayadh
(président)
• Abou Mahdi al-Mohandis
(chef militaire)
Membres 60 000 à 140 000[1]
Soutenu par Drapeau de l'Iran Iran
Drapeau de l'Irak Irak
Seconde guerre civile irakienne

Sommaire

Historique et organisationModifier

Le 13 juin 2014, à Nadjaf, trois jours après la chute de Mossoul, l'ayatollah Ali al-Sistani appelle au djihad contre l'État islamique, des milliers de volontaires rejoignent alors les milices chiites[3],[4].

Début 2015, les effectifs des Hachd al-Chaabi sont estimés entre 60 000 et 90 000 hommes[5]. Fin 2016, elles revendiquent 142 000 combattants[6]. Fin 2017, le Parlement affirme avoir compté 110 000 combattants[1]. Les Hachd al-Chaabi regroupent 60 à 70 milices, si certaines d'entre-elles sont sunnites, chrétiennes, yézidies ou shabaks, la grande majorité sont des brigades chiites armées et financée par l'Iran et épaulées par des conseillers militaires iraniens[4],[7],[8],[6],[9].

Les plus importantes sont[6],[10] :

Le président des Hachad al-Chaabi est Faleh al-Fayadh, conseiller à la sécurité nationale ; mais le numéro 2, Abou Mahdi al-Mohandis, le chef des Kataeb Hezbollah, est d'après l'AFP « le véritable homme fort du Hachd car, font valoir les experts, il est celui qui est le plus proche de l'Iran »[1].

Le gouvernement irakien de Haïder al-Abadi souhaiterait dépolitiser ces milices en les intégrant dans une Garde nationale, mais le projet de loi correspondant, en juillet 2015, n'a pas été accepté par le Parlement[11].

Fin novembre, une loi votée au Parlement reconnaît les Hachd al-Chaabi comme une composante des Forces armées irakiennes, placée sous l'autorité directe du Premier ministre[12].

IdéologieModifier

La quasi-totalité des milices chiites sont pro-iraniennes, proches du guide de la Révolution Ali Khamenei, et leur objectif est l'instauration en Irak d'un gouvernement islamique chiite fondé sur le Velayat-e faqih[6]. Six groupes chiites en revanche, proches de l'ayatollah Ali al-Sistani, rejettent le Velayat-e faqih[6]. Enfin les Brigades de la paix, dirigées par Moqtada al-Sadr, tiennent une position nationaliste et cherchent à s'éloigner de l'influence iranienne[10].

PertesModifier

Environ 7 500 membres des Hachd al-Chaabi sont tués entre juillet 2014 et août 2017 lors de la seconde guerre civile irakienne[13].

Exactions et crimes de guerreModifier

Les milices ont été accusées de nombreux crimes de guerre durant la seconde guerre civile irakienne — racket, enlèvements, meurtres, disparitions forcées, viols, pillages — visant principalement des civils sunnites dans les zones reconquises à l'État islamique[8]. Amnesty International a ainsi recueilli des témoignages décrivant des rafles et exécutions sommaires visant de jeunes hommes[14].

Le 12 juillet 2014, 29 prostituées et deux hommes proxénètes sont massacrés dans le quartier de Zayouna, à Bagdad, probablement par des miliciens chiites[15],[16]. Le 22 août 2014, des combattants des Hachd al-Chaabi massacrent au moins 68 civils sunnites dans une mosquée à Hamrine près de Bakouba, dans la province de Diyala [17],[18],[19],[20]. Le , 56 à 77 jeunes hommes sunnites sont fusillés par des miliciens dans le village de Barwana, également dans la province de Diyala[21],[22],[23]. Après la reprise de Tikrit à l'État islamique, des témoins indiquent des destructions d'habitations civiles pour les milices. À ce propos, le vice-président irakien Osama al-Nujaifi (en) déclare que « C’est un message négatif, qui déforme le vrai sens de cette victoire, parce ce sont des actes de vengeance contre des civils »[24]. Les milices sont supposées agir en vengeance du massacre de Tikrit, durant lequel plus de mille prisonniers de guerre chiites ont été exécutés par l'État islamique. Selon Human Rights Watch, en janvier 2016 les miliciens chiites exécutent au moins plusieurs dizaines de civils sunnites, ravagent des maisons et de mosquées, et commettent des enlèvements et des pillages dans les environs de Mouqdadiyah, dans la province de Diyala[25]. Lors de la bataille de Mossoul, les milices chiites ont également exercé de nombreuses vengeances à l'encontre de la population sunnite[26].

VidéographieModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a, b et c Irak: le Hachd al-Chaabi, supplétif crucial mais parfois encombrant, AFP, 25 octobre 2017.
  2. OLJ : La bataille est « mal préparée », selon le président du Parlement irakien
  3. Pierre-Jean Luizard, Le piège Daech, l'État islamique ou le retour de l'Histoire, La Découverte, , p. 182
  4. a et b Louis Imbert, Quel rôle tiennent les milices chiites dans la bataille de Mossoul ?, Le Monde, 1er novembre 2016.
  5. Hélène Sallon, En Irak, les milices chiites, fer de lance du gouvernement, Le Monde, 3 mars 2015.
  6. a, b, c, d et e Pierre Barbancey, Les milices chiites d’Irak,un pouvoir dans le pouvoir, L'Humanité, 2 novembre 2016.
  7. The Economist : The caliphate strikes back
  8. a et b Samia Medawar, Les exactions des Hachd al-Chaabi poussent-elles les sunnites dans les bras de l’EI ?, OLJ, 27 juin 2016.
  9. Allan Kaval, Les milices chiites à l’assaut de la frontière entre l’Irak et la Syrie, Le Monde, 21 août 2017.
  10. a et b Jean-Baptiste Assouad, Les milices chiites irakiennes, ces autres acteurs de la lutte contre l’EI, OLJ, 21 août 2015.
  11. Al-Monitor, 10 juillet 2015 : "Why Iraq needs to depoliticize their Popular Mobilization Units"
  12. Louis Imbert, En Irak, le combat des milices pour leur respectabilité, Le Monde, 24 janvier 2017.
  13. شمول 7500 من شهداء الحشد بقانون التقاعد - شبكة الاعلام العراقي, Iraqnews, 15 août 2017.
  14. Irak : des violences religieuses de plus en plus meurtrières sur Amnesty International, le 9 juin 2015. Consulté le 9 décembre 2015
  15. Attaque contre des maisons de prostitution à Bagdad, Le Monde avec AFP et Reuters, 13 juillet 2014.
  16. Massacre de prostituées en Irak : au moins 31 morts, Le Parisien, 14 juillet 2014.
  17. Le Monde : Irak : 70 morts dans l'attaque d'une mosquée sunnite
  18. AFP : Irak: 32 morts dans une attaque, Washington déterminé à agir contre l'État islamique
  19. Irak : près de 70 morts dans l'attaque d'une mosquée sunnite, France 24 avec AFP et Reuters, 22 août 2014.
  20. Irak : 70 morts dans l'attaque d'une mosquée sunnite, Le Monde avec AFP, 22 août 2014.
  21. Amnesty International : Irak : des violences religieuses de plus en plus meurtrières
  22. Human Rights Watch : Irak : Les milices ont commis de nombreux abus, voire des crimes de guerre
  23. OLJ et AFP : Massacre présumé de sunnites en Irak, le gouvernement demande une enquête
  24. Un habitant de Tikrit : "Les milices chiites détruisent nos maisons" sur France 24, le 16 avril 2015
  25. Irak : les attaques de milices pourraient devenir des crimes de guerre, Le Point avec AFP, 31 janvier 2016.
  26. Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, « État islamique : Reportage exclusif – Mossoul : l’odeur doucereuse des cadavres… », sur lecourrierdumaghrebetdelorient.info, (consulté le 10 juillet 2017)