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Barthélemy Carré
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Barthélemy Carré, né en 1636 et mort après la fin du XVIIe siècle, est un ecclésiastique français du Grand Siècle qui voyagea pour le compte de la France et de la Compagnie des Indes orientales.

BiographieModifier

Il naît en 1636 dans une bonne famille de la région de Blois. Il est ordonné prêtre et devient aumônier sur les vaisseaux du roi. Le royaume de France rattrape son retard dans le commerce maritime par rapport à la Hollande et à l'Angleterre, lorsque Colbert met en place la Compagnie des Indes Orientales. Il confie une mission à l'abbé Carré: celle de porter jusqu'aux Indes les instructions du roi, aider à l’établissement de la France dans ces régions, écrire des rapports, entre autres sur le fonctionnement des compagnies de commerce dans cette partie du monde. L'abbé Carré quitte la France en en direction des Indes dont il longe la côte Ouest du nord au sud avant de rejoindre Socotra et le golfe Persique. Il doit y aider François Caron à établir un comptoir à Surate. Il se rend par la route en caravane, jusqu'à Bassora en Mésopotamie, puis retourne à Surate, mais Caron le renvoie en France. Il quitte le navire et rejoint la Méditerranée par voie de terre, traversant la Perse, la Mésopotamie, jusqu'au Liban, où il s'embarque pour Marseille qu'il atteint à la fin de l’année 1671.

Il ne demeure que peu de temps en France, car il est renvoyé en Orient une seconde fois, selon un itinéraire légèrement différent. Il débarque en Syrie, rejoint l’Euphrate, qu'il descend en bateau, puis se dirige vers l'Inde. Il ne s’agit plus là de cabotage : il traverse toute l’Inde du Nord jusqu’à Madras et revient à Surate en effectuant une circumnavigation du sous-continent. Il retourne alors en l’Europe suivant un chemin qu’il connaît désormais bien, et doit affronter de multiples difficultés le long du golfe Persique (où il observe les pêcheurs de perles), sur le Tigre et l'Euphrate, puis jusqu'en Méditerranée.

Il relate mille aventures dans son récit: par exemple les conflits qu'il traverse, comment il a sauvé de la mort six Turcs enterrés jusqu'au cou destinés à être décapités, comment il baptisé une centaine de petites filles vouées à mourir de soif en Perse, alors qu'elles étaient vendues pour le sérail. Il raconte qu'il s'est fait détrousser à Falloudja, qu'il a dû combattre des brigands, chasser les fauves, et croiser des déserteurs sur les routes, ou dans une caravane, rencontrer deux Géorgiennes qui ont été achetées par un riche marchand du bazar, etc. Il comprend également que la Compagnie est une entreprise à l'avenir incertain.

Malgré ces deux missions lointaines, Colbert conserve à son agent une certaine froideur, car l'abbé Carré est réputé pour son manque de diplomatie et son caractère difficile, alors que l'entreprise de la Compagnie des Indes Orientales doit affronter des échecs, ce dont le ministre de Louis XIV est parfaitement conscient. Mais Barthélemy Carré comprend que les perspectives d'avenir de la compagnie sont en train de se fermer. Revenu en France, l'abbé Carré tombe en disgrâce et devient semble-t-il directeur spirituel de communautés religieuses féminines. Il n'entreprend plus de voyages lointains. Il publie en 1699 une partie du récit de sa première aventure en Orient qu'il intitule Voyages des Indes orientales mêlé de plusieurs histoires curieuses.

On ignore la date de sa mort.

PublicationsModifier

  • Barthélemy Carré, Le Courrier du Roi en Orient. Relations de deux voyages en Perse et en Inde. 1668-1674, édition préparée par le professeur Dirk van der Cruysse, Paris, Fayard, 2005, 1 210 pages (ISBN 2-213-62482-8)

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