Bagnaja
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Vue de Biguglia (Orto) et de l'étang de Chiurlino.

Pays France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Haute-Corse
Villes principales Bastia
Biguglia
Borgo
Lento
Siège du pays Bastia
Communes 14
Régions naturelles
voisines
Cap Corse
Nebbio
Castagniccia

La Bagnaja ([baɲaja]) est une région du nord-est de la Corse. La Bagnaja a pour capitale Bastia.

GéographieModifier

LocalisationModifier

La Bagnaja est une région située sur la façade nord-orientale de la Corse comprenant Bastia et son arrière-pays.

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TerritoireModifier

La Bagnaja correspond, du nord au sud, au territoire des anciennes pièves de Lota, Orto, Marana et Costera, soit l'ancien fief des seigneurs de Bagnaia.

Elle comprend, du nord au sud, les communautés suivantes :

Les habitants de la Bagnaja sont les Bagnaninchi.

HistoireModifier

La documentation écrite révèle l'existence, dès la fin du XIe siècle, d'un grand nombre d'édifices de culte privés, aux mains des riches propriétaires terriens et notamment des familles de Pino, de Bagnaia, de Justignani ainsi que des Massa.
Au tout début du XIIe siècle, deux grands lignages sont implantés dans la Marana : les Aschesi de Furiani, qui n'ont pas connu la gloire et la puissance, et les Bagnaia qui, « en 1247, exercent le contrôle de la région qui englobe la basse vallée du Golo et toute la zone délimitée par le Golo, la mer, la crique de Lavasina et la chaîne montagneuse de Stella »[1].

Les Bagnaia apparaissent en 1144 comme témoins de donations importantes ; à partir de 1189, Ranieri offre de nombreuses terres et églises à l'abbaye de la Gorgone, telle cette lentia una de castagneto bona et grande[2]. En 1260, Ranerius de Bagnaia confirme à l'abbaye de San Gorgonio la donation faite en 1189 par son père concernant notamment l'église de la curtis d'Olivo[3].

Le lignage a sa souche dans l'habitat de Bagnaia, juché sur un immense éperon qui surplombe la vieille cité de Mariana et sa cathédrale : le Borgo Bagnaia, un centre résidentiel constitué d'un palatium, de plusieurs tours et de maisons, mais n'est à aucun moment qualifié de castrum. Vers le milieu du XIIIe siècle, le palatium ne contrôle ni villa ni homme. Il est en revanche placé topographiquement, sous la domination du castrum de Stella, construit à 1 054 m d'altitude, sur le sommet qui surplombe le village.

Les seigneurs de BagnaiaModifier

Selon Daniel Istria, il s'agit là d'une co-seigneurie à la tête de laquelle se trouvent les membres d'une unique famille. Le patrimoine familial semble ne pas être divisé mais confié en gestion aux hommes des différents rameaux du lignage. Pise entretient des alliances avec cette puissante famille seigneuriale. En 1247, les seigneurs de Croce ont fait allégeance à ceux de Bagnaia qui possèdent également un tiers du castrum de Patrimonio. La même année, lors du renouvellent de leur serment de fidélité envers la Commune toscane, un seul personnage, Alberto, représente l'ensemble du consortium de Bagnaia et des fidèles.
Vers les années 1260-80, Giovanninello de Loreto, fidèle à la République de Gênes, entreprend une conquête territoriale. Après avoir fait main basse sur les châteaux du Nebbio et sur celui de Pureto, dans l'Ostriconi, il entreprend la conquête de la piève d'Orto alors sous le contrôle des Bagnaia. Il construit deux nouvelles fortifications : Montebello et Petra di Bugno qui sont destinées, non seulement à conquérir et contrôler la partie nord du domaine des Bagnaia, dont l'étang de Chiurlino d'un intérêt économique certain, mais probablement aussi le mouillage de Porto Cardo qui occupe une position stratégique aussi bien commerciale que militaire ; c'est d'ailleurs ici que sera érigée la forteresse de Bastia, résidence des gouverneurs génois à partir du XVe siècle.

En 1336 un accord est passé entre des marchands pisans, les nobles de Bagnaia et les hommes qui en dépendent. Il fait état d'un consortium de seigneurs de Bagnaia et de fidèles qui sont nobles : des régisseurs, des sergents, des castaldi, à qui étaient confiés des châteaux et des charges de commandement.
En 1358, une partie de la population de l'île se soulève contre l'oppression des grandes familles seigneuriales. Ce mouvement aboutit rapidement à la destruction des châteaux, symboles du pouvoir sur les hommes, et à la dédition officielle de l'île à Gênes. C'est dans ce contexte que naît, dans la moitié nord de l'île, la Terra di u Cumunu ou Commune de Corse.

Généalogie des BagnaiaModifier

 
 
 
 
 
 
 
 
Roboano (1144)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ranieri (1189)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Guidonis († av. 1247)
 
 
Ildebrando († av. 1247)
 
 
Ranieri († av. 1247)
 
 
 
Cacciabatis († av. 1247)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mezzolombardo (1247)
 
 
Ildebrando (1247)
 
 
Ranieri (1260)
 
Alberto (1247-1280)
 
Tedicio
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Johanne (1275-1289)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ranieri (1318)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Johanne (1344)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Antone (1386)


Notes et référencesModifier

NotesModifier


RéférencesModifier

  1. Daniel Istria in Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle
  2. ADC, Bastia IH13, 4, 26, octobre 1189 = Cahier Corsica 91, p. 73
  3. ADC, Bastia, IH1, 32, 25 février 1260 = Cahier Corsica 91, p. 73-74

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Daniel Istria : Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle, Éditions Alain Piazzola, Ajaccio 2005.

Articles connexesModifier