Auteur de jeux de société

On appelle auteur de jeu de société un inventeur de règles de jeux, mais celui-ci définit également son matériel ainsi que son thème. On utilise le terme « auteur » pour un jeu au même titre qu'on l'utilise pour une musique ou un livre. La rédaction finale de la règle est parfois assurée par l'auteur du jeu, parfois par un rédacteur distinct.

Autres dénominationsModifier

On appelle parfois l'auteur de jeu « créateur de jeu » ou « inventeur de jeu ».

Processus de créationModifier

L'auteur crée son jeu parfois en partant d'un thème qui l'inspire, parfois en partant de mécanismes. Les auteurs de jeu les plus réputés ont plusieurs dizaines de jeux en cours de conception, dont quelques-uns seulement parviennent jusqu'au stade de l'édition.

Avant de proposer son jeu à une maison d'édition de jeu, l'auteur doit expérimenter son idée, tester et affiner les mécanismes et les règles, trouver un titre et un thème provisoire qui ne seront pas forcément retenus par l'éditeur. Il est bon aussi de vérifier si des jeux voisins n'existent pas déjà : outre qu'on peut y puiser quelques idées de mécanismes, cela évite la concurrence inutile.

Pour se donner de meilleures chances, on a de plus en plus recours à un prototype : une version « bricolée » du jeu (parfois plus coûteuse que le jeu définitif, faute d'économie d'échelle), destinée à accueillir les parties de test et à donner une idée du futur produit fini.

Cela fait, l'auteur doit présenter son travail à des joueurs et à des éditeurs lors de salons, ou directement envoyer un exemplaire à l'éditeur - ce qui est plus facile, mais dans ce cas, on se prive de l'impression favorable que donne une tablée de badauds emballés par le jeu. Si l'éditeur est d'accord pour publier, il y aura sans doute malgré tout quelques ajustements pour coller à la ligne éditoriale de la société, pour éviter que le matériel ne soit trop cher, et pour remédier à des « défauts de jeunesse ».

CommunautéModifier

Les auteurs participent parfois à des concours de créateurs dont certains sont réservés aux jeunes auteurs dont aucun jeu n'a encore été édité.

Ils se retrouvent parfois au sein d'associations, comme la Maison des auteurs de jeux[1], ou la Société des Auteurs de Jeux[2], pour défendre leurs droits, tisser des relations et promouvoir la création de jeux de société. Une association internationale, la SAZ[3], regroupe les auteurs les plus importants, essentiellement allemands et américains.

Principaux auteursModifier

Les auteurs suivants ont plusieurs dizaines de jeux déjà édités :

La société des Auteurs de JeuxModifier

Depuis 2017, plusieurs auteurs/autrices de jeux de société se sont réunis au sein d'une association (loi 1901) : la "Société des Auteurs de Jeux" (SAJ). Les principaux objectifs de la SAJ sont les suivants :

  • Regrouper et organiser les auteurs/autrices de jeux de société et apparentés.
  • Défendre les droits et intérêts des adhérent(e)s de l’association dans l’exercice de leur métier ou activités associées.
  • Établir un statut d’auteur/autrice de jeux de société et apparentés fixant les conditions de l’exercice de ce métier, et le faire reconnaître auprès des institutions adéquates.
  • Promouvoir le jeu de société en tant qu’objet culturel.

Le site web de la SAJ

Notes et référencesModifier

  1. Site de l'association Maison des auteurs de jeux
  2. Société des Auteurs de Jeux
  3. La Spiele-Autoren-Zunft e.V. (SAZ) – association des auteurs de jeux – a été fondée en 1991 en Allemagne. Elle défend les droits et intérêts des auteurs de jeux.

AnnexesModifier

L'Auteur de jeu est-il un auteur d'œuvre ?Modifier

Juridiquement, le jeu de société répond à toutes les qualifications d’une œuvre de l’esprit :

• Son fonctionnement est certes défini par une règle, mais il est surtout systématiquement matérialisé par un prototype (qui devient l’objet-jeu définitif) : il ne relève donc pas seulement du domaine de l’idée (qui doit rester de libre parcours), mais possède une forme lui permettant d’être communiqué à autrui.

• Il est l’expression originale de son auteur : celui-ci a effectué des choix de création qui lui sont propres.

La méconnaissance de la nature du jeu de société et du travail d’auteur de jeu porte le plus souvent à le considérer comme auteur de la règle seule, ce qui a mené en 2004 à une réponse ambiguë du Ministère de l’économie et des finances[1] à une question posée au Sénat. Celle-ci indique que « si cette qualité [d’auteur d’oeuvre de l’esprit] ne peut être reconnue aux auteurs de jeux qui, en dehors des éléments physiques, élaborent des textes présentés comme une succession d'instructions, elle est susceptible de s'appliquer à ceux qui, par l'importance et la richesse des éléments de contexte annexés à la règle ou par l'existence d'un scénario, donnent à leur création le caractère d'une oeuvre écrite originale. »

En droit positif, si une jurisprudence de 2010[2] concernant le jeu Jungle Speed n’a certes pas reconnu la règle du jeu comme élément protégé en termes de propriété intellectuelle, elle a reconnu aux auteurs la qualité d’auteurs du jeu dans sa globalité, matériel compris. Si la règle est donc encore juridiquement fragile, l’auteur de jeu est donc malgré tout bien auteur d’œuvre de l’esprit.

En France, auteurs et éditeurs de jeux de société signent depuis 30 ans des contrats d’édition similaires à ceux du livre, issus du domaine de la propriété intellectuelle littéraire et artistique. Dans les faits, les auteurs de jeux de société déclarent fiscalement leurs droits d’auteur en tant que tels, et payent à ce titre leurs cotisations auprès de l’URSSAF Artistes-auteur. Pour formaliser ces pratiques, la Société des Auteurs de Jeux demande dans son manifeste l’ajout dans les articles L 382-1 du code de la sécurité sociale[3] et L 122-2 du code de la propriété intellectuelle[4] de la mention d’ « oeuvres ludiques », ainsi que l’établissement de circulaires fiscales et sociales.

Articles connexesModifier

  1. « Régime fiscal applicable aux auteurs de jeux - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le 29 juillet 2020)
  2. « Tribunal de grande instance de Paris, 3e chambre 4e section, 6 mai 2010, n° 09/01554 », sur Doctrine (consulté le 29 juillet 2020)
  3. « Code de la sécurité sociale. | Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 29 juillet 2020)
  4. Code de la propriété intellectuelle - Article L112-2 (lire en ligne)