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Auguste Mambour

artiste belge
Auguste Mambour
Naissance
Décès
(à 72 ans)
Liège (Belgique)
Nationalité
Activités
Formation

Auguste Mambour est un peintre belge, né le à Liège où il meurt le . Son œuvre des années 1920 et 1930 est d'un style très personnel, marqué par une influence de l'art africain.

Ses talents de dessinateur et surtout de portraitiste apparaissent déjà alors qu'il est étudiant à l'Académie des Beaux-Arts de Liège (1913-1919). Après un voyage à Paris et une première exposition, il s'installe comme agent en publicité et en décoration. Membre du groupe Envol (1920), Mambour fait scandale (1921). Son orgueil dérange. Ses toiles choquent. Les hommes et les femmes qu'il représente ont des formes sculpturales. En peu de temps, il passe d'une période fauve hachurée à un expressionnisme plein.

Second Prix de Rome 1922, contrairement à l'habitude qui veut que l'on se rende en Italie ou en Grèce, Mambour décide d'apprendre l'art nègre : il part six mois au Congo... afin de retrouver un "primitivisme dont le monde occidental avait perdu jusqu'à la trace"(1923). Pas plus qu'il n'avait peint le paysage wallon, il ne peindra le paysage congolais. Il rend les seuls gestes les plus quotidiens ainsi que des têtes et des bustes. Loin de persévérer dans une veine africaine, Mambour se lance dans une série de nouvelles toiles qui déroutent et scandalisent par leur présentation de corps ou parties de corps jugées érotiques. Il entreprend ensuite de rompre petit à petit avec sa manière de représenter la réalité (1924-1926) : il en arrive ainsi à adhérer au surréalisme (1926- 1929). Mais au moment où Magritte devient une référence, Mambour lui, isolé, découragé, cesse de peindre (1929) - ou du moins de se manifester - pendant plusieurs années.

Pour assurer sa subsistance, il fonde une nouvelle agence de publicité (1928-1935) et réalise de très belles affiches. Notamment pour la FN, où il travaille régulièrement (1929- 1932). En renouant avec le style des années 1923-1924, Mambour refait surface (1931) et est désigné comme professeur de dessin à l'Académie des Beaux-Arts de Liège (1931) puis nommé à titre définitif (1933). Nommé aussi professeur du cours d'art décoratif (1935), il enseigne jusqu'en 1945.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, le peintre déjà maudit va être honni. Arrêté (fin 1944), il est accusé et condamné à cinq ans de prison avec déchéance de ses droits pour avoir propagé des propos racistes et avoir collaboré avec l'ennemi en acceptant d'exposer en Allemagne. Libéré en 1947, Mambour connaît la misère. En 1963, à l'initiative de Marcel Florkin, l'APIAW organise une grande exposition rétrospective, la première depuis 1929, qui réhabilite quelque peu l'artiste.

ŒuvresModifier

 
La broyeuse de manioc , conservé au BAL
  • 1922 : Couple assis (Alphèdre), collection de la Communauté française de Belgique[1].
  • 1923 : La broyeuse de manioc, collection du Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)
  • 1924 : Femme en buste, collection privée.
  • 1926 : La ronde, collection de la Communauté française de Belgique[2].
  • 1929 : Portrait de femme Mambole, collection privée.
  • 1932 : Négresse Bambole, collection du Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)
  • 1933 : Nu de fer, collection du Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)
  • 1933 : Les masques, collection de la Communauté française de Belgique[2].

ÉlèvesModifier

RéférencesModifier

NotesModifier

  1. Fernand Graindorge 1903-1985. Collectionneur et mécène. Donation à la Communauté française de Belgique, catalogue d'exposition, Liège, Musée de l'Art wallon, 2009, p. 92-93
  2. a et b Fernand Graindorge 1903-1985. Collectionneur et mécène. Donation à la Communauté française de Belgique, catalogue d'exposition, Liège, Musée de l'Art wallon, 2009, p. 94

BibliographieModifier

  • Michel Pirotte, Jean Guy Gilles, Auguste Mambour : L'odyssée d'une œuvre en trois dimensions, Tournai : La Renaissance du Livre (coll. Références), 2003
  • Jacques Parisse, Auguste Mambour. Une œuvre, un destin, Paris : Fernand Nathan, 1984
  • Jacques Stiennon, Jean-Patrick Duchesne, Yves Randaxhe (dir.), De Roger de le Pasture à Paul Delvaux : cinq siècles de peinture en Wallonie, Bruxelles : Lefebvre & Gillet, Les Éditeurs d'Art Associés, Art&Fact, 1988, 336 p.
  • Jacques Goijen, Dictionnaire des peintres de l'école liégeoise du paysage, Liège : École liégeoise du Paysage Éditions, 2009

Liens externesModifier