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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arezki.
Arezki El Bachir Bachène
Arezki El Bachir.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Algérienne

Arezki El Bachir Bachène (en kabyle : Arezqi Ul Bacir) est un rebelle kabyle qui s'attaqua aux administrateurs coloniaux à la fin du XIXe siècle. Finalement capturé, il est guillotiné le 14 mai 1895 avec son allié Abdoun Azazga.

Sommaire

Algérie Kabylie-Yakouren - 1850Modifier

Arezki Bachir est né vers 1857 dans le village d'Aït Bouhini en Kabylie (dans l'actuelle commune de Yakouren). Il était le fils d'El Béchir et Nait ali Tassadit Tadjibat, et appartenait à la confédération de tribus kabyles, les Ait-Ghobri.

En 1857, après la bataille d'Icherriden où Lalla Fatma N'Soumer fut défaite, la Kabylie a chuté après avoir résisté à l'avancée des troupes françaises. L'une des conséquences de cette défaite est que les villages perdent leur autonomie et le droit administratif. Les assemblées de villages, qui étaient auparavant les "sages" du Conseil élu, deviennent un outil de l'administration française, dont les dirigeants («chevilles ouvrières» et «amines») sont nommés par l'autorité coloniale.

Dans le même temps, en Kabylie, le pouvoir colonial a commencé l'exploitation du système de concession, et l'attribution des terres du village aux colons nouvellement arrivés d'Europe, selon les lois coloniales en vigueur à l'époque.

Le soulèvement de YakourenModifier

Dans la région d’Azazga et de Yakouren, où Arezki El Bachir et d'autres hommes comme les frères dahmane ont vécu, les forêts de chêne-liège ont attiré des sociétés de développement de ressources. Arezki n'a que 14 ans au moment du soulèvement de 1871, dirigée par El Mokrani, qui enflamme l'ensemble de la Kabylie orientale. Il assiste impuissant à la répression coloniale sur la population. Le gouvernement français avait alors créé la loi de «responsabilité collective» (et donc de "punition collective") pour les actions de ceux que le gouvernement a appelé les «criminels».

Quelques années plus tard, quand il était le contremaitre de la forêt Yakouren, il construit le socle de ce qui sera la rébellion. Il forme un petit groupe avec ses compagnons les plus fidèles pour soutenir les droits des bûcherons qui étaient exploités. Cette petite résistance se transforma bientôt en une rébellion contre la confiscation des terres du village et contre les taxes excessives. Son groupe a été impliqué dans l'assassinat d'agents coloniaux français qu'ils soient civils ou militaires, musulmans ou chrétiens. Aux yeux d'Arezki El Bachir, ces personnes étaient des traîtres et des criminels. Ses actes étaient motivés politiquement[réf. nécessaire], mais l'administration française les a classés comme pur banditisme.

L'origine exacte de sa prise du maquis reste obscure. Selon les sources, c'est à la suite d'un meurtre ou d'un vol[1] qu'il se résout à échapper à la justice française. La cour d'assises d'Alger le condamne à une peine de 20 ans de travaux forcés par contumace. Réfugié dans la forêt de Yakouren, où les forces françaises n'avaient pas réussi à le capturer, son groupe devenait de plus en plus nombreux, ce qui attira l'attention de l'administration centrale sur lui. Il commandait environ 300 hommes, tous soigneusement triés et choisis par lui. Il voulait des combattants convaincus de la cause et non pas seulement des bandits ou des voyous simples.[réf. nécessaire] Il semble que même il avait été en contact avec le cheikh Bouamama, qui, entre 1881 et 1883, avait conduit l'insurrection dans le sud d'Oran (en Algérie).

Dans le début des années 1890, Arezki El Bachir établit fermement son insurrection en Kabylie. Pendant ce temps, l'administration coloniale est très préoccupée par lui. Arezki El Bachir devient le Vengeur à qui les villageois de la région viennent demander de l'aide. Il devient le distributeur de la justice dans la région et dans les yeux de nombreuses personnes, remplace l'autorité coloniale.

Le gouverneur général d'Alger en 1893 décide d'envoyer une expédition militaire contre El Bachir Arezki et ses hommes. Après un mois et demi de campagne avec d'énormes ressources et des renforts, Arezki El Bachir, fatigué et affamé est finalement capturé par les administrateurs coloniaux. Ses hommes se dispersent, certains meurent dans la bataille et certains sont capturés. La nouvelles de l'arrestation de Arezki El Bachir fait sensation à Alger. Il avait été avec succès le vengeur Kabyle depuis près de 15 ans et avait menacé l'autorité coloniale.

BibliographieModifier

  • Abrous Dahbia, « Arezki L'Bachir », in Chaker Salem, Hommes et femmes de Kabylie, 2001, Aix en Provence, Edisud, volume 1.
  • Adli Younes, Arezki L'Bachir, histoire d'honneur, Alger, 2001,, ouvrage édité à compte d’auteur.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

  • Settar Ouatmani, « Arezki L’Bachir Un « bandit d’honneur » en Kabylie au xixe siècle », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée En ligne, Études libres inédites, mis en ligne le 24 juin 2014.

NotesModifier

  1. VIOLARD (Emile) : 1895 - Le banditisme en Kabylie, Paris, Éditions Albert-Savine p118