Appels pour le Climat

Par trois fois depuis 1979, la communauté scientifique mondiale a lancé un Appel des scientifiques sur le Climat, de 1992 à 2019.

Avant même le premier appel, une première déclaration date de février 1979. Elle émane de la Conférence mondiale sur le Climat, réunie alors à Genève. Ces appels des scientifiques font suite à la prise de conscience provoquée par le Rapport Meadows (1972) commanditée par le club de Rome.

Le premier appel des scientifiques est publié en novembre 1992. Le deuxième est publié le 13 novembre 2017, à l'initiative de quelques Professeurs de faculté américains, réunis autour de William J. Ripple, dans la revue BioScience. Le troisième est une relance de ce dernier par le même Professeur et dans la même revue publiée le 5 novembre 2019.

D'autres manifestations peuvent être assimilées à ces appels, à l'échelle mondiale ou nationale.

1972 : Le rapport MeadowsModifier

En 1970, le groupe de réflexion appelé Club de Rome commande à des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) un rapport sur les perspectives de croissance pour l'avenir. Le rapport est publié en 1972 sous le nom de rapport Meadows[1], du nom de deux de ses responsables : les époux Donella et Dennis Meadows. De son titre officiel The Limits to Growth, il est traduit en français pour une première fois sous le nom Halte à la Croissance ?, depuis 2012 par Les limites de la croissance (dans un monde fini).

Le propos général de ce rapport est de constater les risques (appauvrissements des sols, limites des réserves exploitables de matières premières, pollution etc.) qui résultent de la disparité entre les possibilités naturelles de la Planète d'une part, la croissance démographique et la croissance économique d'autre part. Deux scénarios risquent de se produire, éventuellement combinés : la pénurie de matières premières (par exemple le pétrole) ou la pollution croissante, puis vertigineuse. Les dangers principaux sont le risque de pénurie (notamment alimentaire) et l'explosion des guerres.
En conséquence, les rapporteurs concluent par plusieurs propositions : arrêt volontaire de la croissance économique, arrêt volontaire de la croissance démographique, répartition plus équitable des richesses.
En pleine période de prospérité (les trente glorieuses en France par exemple), le diagnostic et les conclusions choquent profondément le monde de l'entreprise et la classe politique. Les réactions sont pour l'essentiel extrêmement critiques. Mais sur le long terme, il est à l'origine du concept de développement durable.

1979-2009 : Les Conférences mondiales et la création du GIECModifier

La première Conférence mondiale sur le climat (World Climat Conference) s'est tenue à Genève du 12 au 23 février 1979 sous le parrainage de l'OMM (Organisation météorologique mondiale). Ce fut l'une des premières grandes réunions internationales sur le changement climatique. Il s’agissait essentiellement d’une conférence scientifique, à laquelle ont participé des scientifiques appartenant à un large éventail de disciplines. Venus de 50 pays, ils ont convenu que des tendances alarmantes en matière de changement climatique rendaient urgent d'agir[2].

En plus des principales séances plénières, la conférence a organisé quatre groupes de travail chargés d’examiner les thèmes suivants :

  • les données climatologiques,
  • l’identification des thèmes climatiques,
  • les études d’impact intégrées,
  • la recherche sur la variabilité et les changements climatiques.

La Conférence a abouti à la création du Programme climatologique mondial (Intergovernmental Panel on Climate Change : IPCC) et du Programme mondial de recherche climatologique (United Nations Environment Programme : UNEP).

En 1988, l'ONU crée le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat (GIEC), à l'initiative de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher. Il est formé d'experts scientifiques et de politiques représentant les états participants. L'idée de composer ce groupe avec aussi des politiques revient aux deux dirigeants qui craignent que l'ONU ne crée une instance réunissant seulement des scientifiques.

La deuxième Conférence sur le climat s'est tenue du 29 octobre au 7 novembre 1990, à nouveau à Genève. C'était un pas important vers un traité mondial sur le climat et un peu plus politique que la première conférence. La tâche principale de la conférence était de passer en revue le WCP mis en place par la première conférence. Le premier rapport d'évaluation du GIEC avait été achevé à temps pour cette conférence. Les scientifiques et les experts en technologie présents à la conférence ont publié une déclaration forte soulignant le risque de changement climatique. La conférence a publié une déclaration ministérielle seulement après de rudes négociations sur un certain nombre de questions difficiles; La déclaration a déçu de nombreux scientifiques participants ainsi que certains observateurs, car elle n'offrait pas un niveau d'engagement élevé. Toutefois, les développements de la conférence ont finalement abouti à l’élaboration de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), dont fait partie le protocole de Kyoto, et à la création du Système mondial d’observation du climat (SMOC) système d'observation de systèmes pour le climat et les observations liées au climat.

La troisième Conférence mondiale sur le climat (CMC-3) s'est tenue également à Genève du 31 août au 4 septembre 2009. Elle était axée sur les prévisions climatiques et l'information nécessaire à la prise de décision, de la période allant de la saison à la décennie. L'objectif était de créer un cadre global qui reliera les avancées scientifiques dans ces prévisions climatiques et les besoins de leurs utilisateurs en matière de prise de décision pour mieux faire face aux conditions changeantes. Les principaux utilisateurs des prévisions climatiques sont :

  • les producteurs alimentaires,
  • les gestionnaires de l’eau,
  • les développeurs et les gestionnaires de l’énergie,
  • les agents de santé publique, les planificateurs nationaux,
  • les gestionnaires du tourisme et autres,
  • ainsi que la société en général.

Les participants à la troisième session de la Conférence mondiale ont inclus ces utilisateurs, ainsi que des fournisseurs de services climatologiques et des décideurs de haut niveau. La conférence visait également à renforcer l'engagement en faveur de l'observation et de la surveillance du climat, ainsi que ses progrès, afin de mieux fournir des informations et des services climatologiques dans le monde entier, afin d'améliorer la sécurité et le bien-être du public.

1979-1992 : La difficile marche vers le premier appel mondial des ScientifiquesModifier

La multiplicité des actions des scientifiques et de l'ONU durant ces deux décennies ne doit pas induire en erreur. Les questions climatiques sont systématiquement niées ou minimisées par certains gouvernements, comme souvent les gouvernements américains d'orientation républicaine[3] et par une partie de l'opinion publique mondiale, qualifiés de "climatoseptiques".
Une enquête du New York Times publiée le 5 août 2018 par le journaliste et auteur Nathaniel Rich prouve que durant une décennie (1979-1989), l'administration américaine de cette époque connaissait les risques climatiques et a délibérément refusé ces conclusions et l'action politique qui en eût résulté[4]. Il en résulte qu'un accord global et contraignant, alors sur le point d'être adopté par les principales puissances, a été définitivement abandonné[5].

Toutefois, cette période est malgré tout marquée par des avancées importantes :

  • 1988, création du GIEC (voir plus haut),
  • 1992, Sommet de Rio (Sommet de la Terre),
  • 1992, Appel de 1 700 scientifiques à l'Humanité[6].

Ce texte est le premier appel mondial des Scientifiques pour appeler l'Humanité à sauver le climat, vingt ans après le rapport Meadows. L'introduction de ce document pose l'ampleur du problème :

« Les êtres humains et le monde naturel sont sur une trajectoire de collision. Les activités humaines infligent des dommages durs et souvent irréversibles à l'environnement et aux ressources critiques. Si elles ne sont pas vérifiées, nombre de nos pratiques actuelles mettent sérieusement en péril l'avenir que nous souhaitons à la société humaine et aux règnes végétal et animal, et risquent de modifier tellement le monde vivant qu'il ne pourra plus maintenir la vie de la manière que nous connaissons. Des changements fondamentaux sont urgents si nous voulons éviter la collision qu'entraînera notre cours actuel[7] »

.

Le texte propose cinq directions d'actions, résumées par leurs titres :

  1. Nous devons maîtriser les activités dommageables pour l'environnement afin de restaurer et de protéger l'intégrité des systèmes terrestres dont nous dépendons.
  2. Nous devons gérer plus efficacement les ressources essentielles au bien-être humain.
  3. Nous devons stabiliser la population.
  4. Nous devons réduire et éventuellement éliminer la pauvreté.
  5. Nous devons garantir l'égalité des sexes et garantir aux femmes le contrôle de leurs propres décisions en matière de procréation.

Il se termine par un appel à tous (scientifiques, responsables et tous les Humains) afin d'éviter cette crise climatique. Il est signé par 1 700 scientifiques, dont de nombreux prix Nobel. Il est peu entendu.

2017 : Le deuxième AppelModifier

Vingt cinq ans plus tard et au lendemain de la COP de Paris (2015), le Professeur d'écologie William J. Ripple lance un second appel mondial des Scientifiques pour le climat. Lors la publication dans la revue BioScience le 13 novembe 2017, cet appel regroupe 15 364 signatures de Scientifiques venant de 184 pays. Ripple et ses cosignataires écrivent :

« À l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de leur appel, nous revenons sur leur avertissement et évaluons la réaction humaine en explorant les données chronologiques disponibles. Depuis 1992, à l'exception de la stabilisation de la couche d'ozone stratosphérique, l'humanité n'a pas suffisamment progressé En règle générale, la plupart des problèmes environnementaux envisagés sont résolus de manière alarmante (figure 1, fichier S1), mais la trajectoire actuelle du changement climatique potentiellement catastrophique due à la hausse des émissions de GES provenant de la combustion de combustibles fossiles (Hansen et al. 2013), de la déforestation (Keenan et al. 2015) et de la production agricole - notamment de l'élevage de ruminants destinés à la consommation de viande (Ripple et al. 2014). De plus, nous avons déclenché un événement d'extinction massive, le sixième en environ 540 millions d'années, de nombreuses formes de vie actuelles pourraient être annihilées ou au moins menacées de disparition d'ici la fin du siècle. tendances (figure 1). Nous mettons en péril notre avenir en ne maîtrisant pas notre consommation matérielle intense mais géographiquement et démographiquement inégale et en ne percevant pas la croissance démographique rapide et continue comme un facteur principal responsable de nombreuses menaces écologiques et même sociétales (Crist et al. 2017) [8] »

Les signataires rappellent le succès de la coordination mondiale qui a permis la reconstitution de la couche d'ozone atmosphérique (à la suite du Protocole de Montréal, signé en 1985). Suivent treize recommandations (pratiques écologues, engagements politiques, réduction du gaspillage alimentaire, modération démographique, réduction des inégalités etc.).

2018-2019 : La mobilisation en EuropeModifier

Si les dirigeants politiques et économiques tardent à appliquer résolument ces propositions, les militants de la cause climatique et l'opinion publique internationale réagissent davantage.

La lycéenne suédoise Greta Thunberg devient une figure emblématique de ce mouvement dans la jeunesse européenne (grèves de l'école le vendredi et manifestation devant les sièges des autorités). Le combat de l'adolescente la mène à interpeller nettement les dirigeants politiques dans une allocution qu'elle lit elle-même à la tribune de l'ONU (3 septembre 2019).

En France, l'astrophysicien Aurélien Barrau et la comédienne Juliette Binoche publient le 3 septembre 2018 dans le journal Le Monde un appel de deux cents personnalités françaises (issues du monde de la Culture ou de la Science).

Quatre jours plus tard (7 septembre 2018), le journal Libération publie un appel de sept cents scientifiques français, qui appelle les politiciens à l'action[9].

La romancière Fred Vargas publie en mai 2019 un livre réquisitoire au titre évocateur : L'Humanité en péril - virons de bord, toute ![10]. Le 2 mai, son interview télévisée à l'émission littéraire La Grande Librairie crée un électrochoc dans le public.

L'année 2019Modifier

À partir de l'été 2019, deux événements majeurs pour la défense du climat interviennent à l'échelle mondiale.
De juillet à septembre, le GIEC publie trois rapports spéciaux coup sur coup :

  1. un premier rapport sur le réchauffement climatique[11],
  2. un deuxième sur l'état des terres émergées[12],
  3. un troisième sur l'état catastrophique des océans et de la cryosphère, du 24 septembre 2019[13].

Le rapport sur l'état des terres émergées annonce les conséquences dramatiques d'une telle évolution.

« La sécurité alimentaire mondiale est menacée par une hausse de 2 °C de la température moyenne mondiale. Des mesures urgentes doivent être prises contre la désertification des terres qui aggrave la pauvreté, les déforestations qui contribuent à laisser davantage de gaz à effet de serre s’accumuler dans l’atmosphère, le gaspillage alimentaire qui représente de 25% à 30% de la production. Et, si possible, de nouveaux régimes alimentaires, moins fournis en protéines animales dans les pays riches, doivent être adoptés[14]. »


Le rapport spécial sur l'état des océans et de la cryosphère annonce que :

« La fonte des glaciers et des calottes glaciaires provoque l'élévation du niveau de la mer et les phénomènes extrêmes sur la côte deviennent de plus en plus graves. Dans les montagnes qui perdront leur neige et glaciers, le réchauffement privera les habitants locaux (et ceux de l'aval) d’eau et de ressource en hydroélectricité, tout en les exposant à des risques d’effondrements de reliefs rocheux et à des risques de coulées de boues… Tous les milieux sont déjà touchés par des changements liés au climat et aux activités humaines : de la haute montagne aux grands fonds marins. Et les changements accélèrent dans les 30 dernières années [15]. »

Deuxième événement majeur, le Professeur William J. Ripple publie le 5 novembre 2019 (toujours dans la revue BioScience), un troisième appel mondial des scientifiques sur le climat : 11 258 scientifiques de 153 pays cosignent cet appel[16]. Dans une présentation courte, il explique :

« Nous, scientifiques, avons l'obligation morale d'avertir clairement l'Humanité de toute menace catastrophique. Dans cet article, nous présentons une série de signes graphiques essentiels du changement climatique au cours des 40 dernières années. Les résultats montrent que les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter, avec des effets de plus en plus dommageables. À quelques exceptions près, nous ne parvenons généralement pas à résoudre ce problème. La crise climatique est arrivée et s'accélère plus rapidement que prévu par de nombreux scientifiques. Elle est plus grave que prévue et menace les écosystèmes naturels et le destin de l’Humanité. Nous proposons six mesures essentielles et interdépendantes que les gouvernements et le reste de l’Humanité peuvent prendre pour atténuer les pires effets du changement climatique :

  1. énergie,
  2. polluants à vie courte,
  3. nature,
  4. alimentation,
  5. économie,
  6. population.

Atténuer et s'adapter au changement climatique implique des transformations dans la manière dont nous gouvernons, gérons, nourrissons et répondons à nos besoins en matériaux et en énergie (...)[17] »

.

L'espoir subsiste pourtant du fait du début de mobilisation collective (grève du climat des scolaires, évolutions possibles de la législation sur les écocides, appels d'autorités morales et religieuses).

Notes et référencesModifier

  1. (en) Donella Meadows, Dennis Meadows, Jorgen Randers et William Berrens, The limits to growth : A report for the Club of Rome's project on the predicament of mankind (lire en ligne)
  2. (en) William J Ripple, Christopher Wolf, Thomas M Newsome, Phoebe Barnard et William R Moomaw, « World Scientists’ Warning of a Climate Emergency », Bioscience,‎ (DOI 10.1093/biosci/biz088).

    « Exactly 40 years ago, scientists from 50 nations met at the First World Climate Conference (in Geneva 1979) and agreed that alarming trends for climate change made it urgently necessary to act. »

    .
  3. par exemple l'administration Reagan
  4. (en) Nathaniel Rich (en) (photogr. George Steinmetz), Losing Earth: The Decade We Almost Stopped Climate Change [« Terre en perdition : la décennie où nous avons presque stoppé le changement climatique »] (lire en ligne)
  5. Voir les points de vue suivants : https://www.letemps.ch/sciences/avons-perdu-combat-contre-changement-climatique et https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/1979-1989-la-decennie-ou-nous-avons-failli-sauver-le-climat-146193.html.
  6. (en) « World Scientists' Warning to Humanity » [PDF], sur ucsusa.org
  7. (en) Kendall H.W., « World Scientists’ Warning to Humanity », Foreign Policy Bulletin, vol. 3, nos 4-5,‎ , p. 103-104 (DOI 10.1017/S1052703600004573)

    « Human beings and the natural world are on a collision course. Human activities inflict harsh and often irreversible damage on the environment and on critical resources. If not checked, many of our current practices put at serious risk the future that we wish for human society and the plant and animal kingdoms, and may so alter the living world that it will be unable to sustain life in the manner that we know. Fundamental changes are urgent if we are to avoid the collision our present course will bring about »

    .
  8. (en) William J. Ripple, Christopher Wolf et al., « World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice », BioScience, vol. 67, no 12,‎ , p. 1026–1028 (DOI 10.1093/biosci/bix125)

    « On the twenty-fifth anniversary of their call, we look back at their warning and evaluate the human response by exploring available time-series data. Since 1992, with the exception of stabilizing the stratospheric ozone layer, humanity has failed to make sufficient progress in generally solving these foreseen environmental challenges, and alarmingly, most of them are getting far worse (figure 1, file S1). Especially troubling is the current trajectory of potentially catastrophic climate change due to rising GHGs from burning fossil fuels (Hansen et al. 2013), deforestation (Keenan et al. 2015), and agricultural production—particularly from farming ruminants for meat consumption (Ripple et al. 2014). Moreover, we have unleashed a mass extinction event, the sixth in roughly 540 million years, wherein many current life forms could be annihilated or at least committed to extinction by the end of this century. Humanity is now being given a second notice, as illustrated by these alarming trends (figure 1). We are jeopardizing our future by not reining in our intense but geographically and demographically uneven material consumption and by not perceiving continued rapid population growth as a primary driver behind many ecological and even societal threats »

  9. « Appel des 700 : Réchauffement climatique : « Nous en appelons aux décideurs politiques » », (consulté le 20 novembre 2019)
  10. Fred Vargas, L'Humanité en péril - virons de bord, toute !, Flammarion (ISBN 9782081490864).
  11. Rapport complet (630 pages en anglais) à l'adresse suivante : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/2/2019/06/SR15_Full_Report_High_Res.pdf
  12. à l'adresse suivante : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2019/08/4.-SPM_Approved_Microsite_FINAL.pdf
  13. Rapport complet (1203 pages en anglais) à l'adresse suivante : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/3/2019/11/SROCC_FinalDraft_FullReport.pdf.
  14. Rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et les terres émergées
  15. Rapport spécial du GIEC sur les océans et la cryosphère dans un monde dont le climat change.
  16. https://academic.oup.com/bioscience/advance-article/doi/10.1093/biosci/biz088/5610806.
  17. We scientists have a moral obligation to clearly warn humanity of any catastrophic threat. In this paper, we present a suite of graphical vital signs of climate change over the last 40 years. Results show greenhouse gas emissions are still rising, with increasingly damaging effects. With few exceptions, we are largely failing to address this predicament. The climate crisis has arrived and is accelerating faster than many scientists expected. It is more severe than anticipated, threatening natural ecosystems and the fate of humanity. We suggest six critical and interrelated steps that governments and the rest of humanity can take to lessen the worst effects of climate change, covering 1) Energy, 2) Short-lived pollutants, 3) Nature, 4) Food, 5) Economy, and 6) Population. Mitigating and adapting to climate change entails transformations in the ways we govern, manage, feed, and fulfill material and energy requirements. (...) (à l'adresse suivante : https://scientistswarning.forestry.oregonstate.edu

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