Antoine Colonna

personnalité politique française

Antoine Colonna, né le à Tunis et mort le (à 74 ans) à Paris, est un homme politique français.

Antoine Colonna
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Fonctions
Député
Sénateur
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activité

Il occupe les fonctions de député, puis sénateur (membre du Conseil de la République) représentant les citoyens français résidant en Tunisie entre 1945 et 1959. Il a été le fondateur du Rassemblement français de Tunisie.

Parcours et formationModifier

Après des études secondaires au lycée Carnot de Tunis, Antoine Colonna entre comme adjoint technique dans l'administration des ponts et chaussées où il devient plus tard inspecteur du contrôle de l'État sur les transports. Orateur talentueux, il préside dès 1929 un syndicat, la Fédération générale des fonctionnaires de Tunisie. En 1941, il est élu président des Corses de Tunisie[1].

Dans l'immédiate après-guerre, ce partisan de Charles de Gaulle fonde le Rassemblement français de Tunisie, parti ayant comme ligne de conduite la défense des intérêts des Français établis en Tunisie et la résistance au nationalisme tunisien.

Défenseur de la colonisationModifier

Lors de la campagne électorale pour l'Assemblée nationale constituante en 1945, Colonna déclare : « Nos pères et nos aînés sont venus constituer ici une nouvelle province française. Nous ne devons pas trahir leur dessein ». Son parti remporte largement ces élections avec 52 % des suffrages contre 25 % pour la liste opposée. Sa popularité est la plus notable chez les fonctionnaires et les colons[2].

À Paris, sur les bancs de l'Assemblée puis du Conseil de la République et du Sénat, il prend systématiquement position en faveur de la colonisation en Afrique du Nord. Il demande aussi de valoriser l'agriculture et la prospection pétrolière en Tunisie.

Au moment où les négociations s'engagent entre le gouvernement de Pierre Mendès France et Habib Bourguiba, Colonna conduit plusieurs manifestations de protestations à Tunis et traite Mendès France de « lâche » et de « traître »[3].

Soupçons d'implication dans des violencesModifier

Pour les nationalistes tunisiens, Antoine Colonna serait le fondateur de la Main rouge[3] ; cette organisation secrète a été créditée de l'assassinat du militant et syndicaliste tunisien Farhat Hached, le , et de plusieurs figures du mouvement nationaliste, telles que Hédi Chaker le , Abderrahmen Mami, le , et les frères Haffouz[4]. En représailles, des hommes armés du Néo-Destour mènent des actions d'assassinat ciblés qui touchent des partisans de Colonna[5]. Au Sénat, il soulève à plusieurs reprises, en 1957 et 1958, la question de la sécurité des Français demeurés en Tunisie après l'indépendance du pays[1].

Mandats électorauxModifier

En tant que député, Antoine Colonna a été membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante pour représenter les Français de Tunisie. Il est élu la première fois sur la liste du Rassemblement français d'action républicaine, démocratique et sociale puis sur la liste du Rassemblement français.

Il est élu au Conseil de la République sous la Quatrième République en tant que représentant des citoyens français de Tunisie le . Il est réélu successivement le , le et le  ; il quitte le Sénat à la fin de son mandat le . Au Sénat, Colonna fait partie du groupe de la Gauche démocratique et du Rassemblement des gauches républicaines[6].

RéférencesModifier

  1. a et b « Antoine Colonna », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 14 août 2016).
  2. Serge La Barbera et Lucette Valensi, Les Français de Tunisie. 1930-1950, éd. L'Harmattan, Paris, 2006, p. 344-346.
  3. a et b (ar) Abid Mansour Chraïti et Béchir Naceur Zidi, Révolte, révolutionnaires et partisans, éd. Imprimerie Reliure D'Art, Sfax, 2007, p. 137 (ISBN 978-9-973-61484-1).
  4. (ar) « Commémoration du 55e anniversaire du martyre des deux frères Haffouz », sur alhorria.info.tn, (consulté le 14 août 2016).
  5. Noura Boursali, Bourguiba à l'épreuve de la démocratie. 1956-1963, éd. Samed, Sfax, 2008, p. 75 (ISBN 978-9-973-38081-4).
  6. « Colonna Antoine », sur senat.fr (consulté le 14 août 2016).

Articles connexesModifier