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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Angels of Death (jeu vidéo) et Ange de la mort.
Angel of Death

Single de Slayer
extrait de l'album Reign in Blood
Sortie 7 octobre 1986
Enregistré 1986
Los Angeles, Californie
Durée 4:51
Genre Thrash metal
Format CD
Auteur Jeff Hanneman
Compositeur Jeff Hanneman
Kerry King
Producteur Rick Rubin
Label Def Jam Recordings

Singles de Slayer

Pistes de Reign in Blood

Angel of Death est la piste d'ouverture de Reign in Blood de thrash metal américain Slayer sorti le 7 octobre 1986. Les paroles et la musique ont été écrites par le guitariste Jeff Hanneman et sont basées sur le médecin nazi Josef Mengele, qui a mené des expériences humaines au camp de concentration d'Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale. "Angel of Death" a conduit le groupe à faire face à des accusations de sympathisants nazis et racistes tout au long de leur carrière.

Malgré la controverse entourant la chanson et sa contribution au retard de la sortie de Reign in Blood, "Angel of Death" est présente sur toutes les seltlists du groupe et il est apparu dans plusieurs films. La chanson a été bien reçu par les critiques, Steve Huey de Allmusic l'a décrit comme un « classique »[1].

Sommaire

Composition et originesModifier

Le guitariste Jeff Hanneman a écrit Angel of Death après avoir lu des livres sur Mengele en tournée avec le groupe . « Je me souviens m’être arrêté quelque part où j’ai acheté deux livres sur Mengele. Je me suis dit, « ça doit être de la merde débile ». Et quand est venu le moment de faire le disque, ce truc était toujours dans ma tête. Et c’est de là que viennent les paroles de Angel of Death ». Les paroles détaillent les expériences chirurgicales sur des patients dans le camp de concentration d’Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale[2],[3]

Les explorations de Mengele étaient conduites sur des groupes d’individus tels que les nains et les jumeaux, et comprenaient des examens à la fois physiques et psychologiques[4],[5]. Parmi les tests effectués sont mentionnés dans "Angel of Death" la chirurgie expérimentale effectuée sans anesthésie, des transfusions de sang entre jumeaux, les sutures de corps, les tests sur l’endurance à l’isolation, gazage, les injections de germes mortels, pratique de changement de sexe, et l’ablation d’organes et de membres[6].

Un des passages de la chanson "Sewn together, joining heads. Just a matter of time 'til you rip yourselves apart", une ligne de l'avant-dernier verset, fait état de pratiques chirurgicales visant à coudre des jumeaux conjointement dont l'un souffrait de difformités. Les vers "The hunchback was sewn to the other child, back to back, their wrists back to back too"font écho aux témoignages d'une survivante d'Auschwitz, Vera Alexander, au procès du SS-Hauptscharfuehrer Adolf Eichmann en 1961 "l'architecte de l'Holocauste"[7], où il fut affirmé que Mengele avait "cousu les veines de deux sujets conjointement" pour en faire des "frères siamois"[8]. Ce témoignage a gagné en visibilité après que Vera Alexander est apparue dans le documentaire The Search for Mengele, cité par plusieurs auteurs, dont Gerald Posner, un expert sur Mengele[9]. Vers la fin de la chanson, il y a une ligne "Feeding off the screams of the mutants he's creating", qui a été prise dans le film The Boys from Brazil dans lequel l'antagoniste était le Dr. Mengele.

ControversesModifier

Le contenu des paroles de Angel of Death fut à l'origine du retard dans la sortie de l'album Reign in Blood en 1986. Le groupe était signé chez Def Jam Records dont le distributeur Columbia Records refusa de sortir l’album en raison du thème des paroles et de la pochette jugée « trop crue »[10]. Reign in Blood sera finalement distribué par Geffen Records le 7 octobre 1986. Cependant dû à la controverse, l’album n’apparut pas sur le programme officiel des sorties de Geffen Records[10].

Angel of Death fit outrage parmi les survivants de la Shoah, leurs familles et le public en général. La controverse conduisit à porter des accusations envers le groupe de sympathies nazies. Des accusations qui les ont suivis tout au long de leur carrière[10].

L’intérêt de Hanneman pour l’histoire nazie, sa collection de médailles nazies[10] et plus tard l'emploi de certains symboles détournés de la Wehrmacht amplifièrent les accusations. Toutefois la chanson, en soi, ne fait pas l'apologie de Mengele. Elle ne fait que décrire les actes du médecin. Mais ce qui a choqué (y compris dans le monde du metal) c'est l'apparente neutralité du ton de la chanson[11],[12]. Hanneman se défend de ces accusations en insistant sur le fait que selon lui, il n'y a pas besoin qu'une chanson le dise explicitement pour savoir que les actes de Mengele sont atroces et condamnables[13].

Le guitariste Kerry King commente les accusations de façon cinglante :

« Oui, Slayer est Nazi, fasciste, communiste - toutes ces drôles de conneries. Et bien sûr c'est en Allemagne, où on nous a fait le plus chier avec. Moi, j'étais du genre à dire 'lisez les paroles et dites moi ce qu'il y a d'offensant'. Est-ce que vous le voyez comme un documentaire ou vous pensez que Slayer fait l'apologie de la Seconde Guerre mondiale? Les gens se sont ancrés cette idée dans la tête - tout particulièrement en Europe - et il n'y a pas moyen de les faire changer de disque.[14],[10] »

Musique et structureModifier

Angel of Death est le plus long morceau de l'album Reign in Blood, couvrant 4 minutes et 51 secondes, sur une durée totale de 29 minutes[10]. En outre, il possède l'une des structures de chansons les plus classiques de l'album, avec couplets et refrains, ce qu'évitent la plupart des autres titres. Hanneman et King jouent des riffs complexes qui, selon Adrien Begrand, critique de Pop Matters[1], apportent les quelques notes mélodieuses de l'album, et Araya pousse son cri perçant[15] tandis que Lombardo effectue des battements de 210 BPM[16].

Quand le batteur Lombardo quitte le groupe en 1992, en raison de conflits avec les membres du groupe et de son désir de faire venir sa femme en tournée[17], le groupe choisit brièvement TJ Scaglione (venant de Whiplash), avant de donner la tâche à Paul Bostaph[18]. Bostaph fit une erreur sur les neuf chansons que le groupe testa avec lui, sur le thème Angel of Death[18]. Avant la "grande partie de la double grosse caisse" Il y a une section lead, que Bostaph ne pouvait pas comprendre, comme il a dû apprendre à partir des enregistrements live enregistrés avec Lombardo[18]. Bostaph ne pouvait pas dire combien de tours le riff de guitare va avant la séquence de basse. Les membres du groupe lui ont dit qu'il y en avait huit, "perfectionner" la chanson par la suite[18].

RéférencesModifier

  1. a et b « (((Reign in Blood - Review))) », AllMusic (consulté le 3 juillet 2007)
  2. « SLAYER's KING Says RICK RUBIN's Collaboration With METALLICA Was 'Slap In The Face' », Blabbermouth.net, (consulté le 21 mars 2007)
  3. Ashley Brown, « Slayer is up for a Grammy — before the end times, that is. », Kansascity.com, (consulté le 21 mars 2007)
  4. « Josef Mengele », auschwitz.dk (consulté le 21 février 2007)
  5. « moreorless : heroes & killers of the 20th century - Josef Mengele », Moreorless.com, (consulté le 1er décembre 2006)
  6. Michael Roberts, « Westworld Online interview with Kerry King », Slayersaves.com (consulté le 21 mars 2007)
  7. Alleged by Vera Alexander in the 1985 Central Television (London) documentary The Search for Mengele. Also cited in: Posner, Gerald L. Ware, John. Mengele the Complete Story. London: Futura Publications. 1987. p. 37 & 329.
  8. The Trial of Adolf Eichmann. June 8th, 1961. Session 71. transcript
  9. Posner, Gerald L. Ware, John. Mengele the Complete Story. London: Futura Publications. 1987. p.37
  10. a b c d e et f « An exclusive oral history of Slayer », Decibel Magazine (consulté le 3 décembre 2006)
  11. paroles de la chanson
  12. traduction des paroles en français
  13. KNAC.COM - Features - Interview With Slayer's Jeff Hanneman
  14. "According to guitarist Kerry King: "Yeah, Slayer are Nazis, fascists, communists — all that fun shit. And of course we got the most flak for it in Germany. I was always like, 'Read the lyrics and tell me what’s offensive about it. Can you see it as a documentary, or do you think Slayer’s preaching fucking World War II?' People get this thought in their heads — especially in Europe — and you’ll never talk them out of it."
  15. Adrien Begrand, « The Devil in Music », Popmatters.com (consulté le 22 février 2007)
  16. Andrew Haug, « Andrew Haug speaks with Dave Lombardo from Slayer », Abc.net.au, (consulté le 9 février 2007)
  17. Andy Patrizio, « Meet the new Slayer, same as the old Slayer », IGN, (consulté le 1er décembre 2006)
  18. a b c et d Marko Syrjälä, « PAUL BOSTAPH of Exodus, ex-Slayer », Metal-Rules.com, (consulté le 7 mars 2007)