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Ange-Bernard Imbert-Delonnes

premier chirurgien du duc d'Orléans
Ange-Bernard Imbert-Delonnes
Portrait de Ange-Bernard Imbert-Delonnes
Portrait du chirurgien Ange-Bernard Imbert Delonnes (1799-1800)[1] par Pierre Chasselat, exposé à la Wellcome Library de Londres.
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à VacqueyrasVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Enterrement Cimetière du Père-LachaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Médecin, chirurgien (en) et militaire (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur‎ (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ange-Bernard Imbert-Delonnes, né le à Vacqueyras et mort à Paris le , est un médecin et un chirurgien militaire français.

Sommaire

Aperçu biographiqueModifier

Il fait ses études de médecine à Caen où il soutient sa thèse de doctorat. Il rejoint le corps médical de la marine de Toulon en 1772 en qualité de chirurgien de deuxième classe, avant d'intégrer le Régiment Royal-Roussillon entre 1774 et 1780. Il est ensuite chirurgien-major de la "cavalerie française et étrangère" sous le commandement du marquis de Béthune, et le chirurgien personnel de Louis-Philippe d’Orléans.

Il est reconnu pour le traitement chirurgical de l'hydrocèle dès 1781 et notamment grâce à la renommée de ses patients comme Bougainville [2] ou Lascaris de Vintimille. Il précisera les modes opératoires pour les tumeurs testiculaires (sarcocèle, varicocèle, hydrocèle, squirre...). Il est connu également pour avoir opéré d'une volumineuse tumeur du nez, l'ancien maire d'Angoulême Perier de Gurat[3],[4] le 16 brumaire an VII (6 novembre 1798)[5].

Mais, il est surtout resté célèbre[6] pour l'intervention chirurgicale du volumineux sarcocèle [7],[8],[9] de près de 16 kg de Charles Delacroix, alors ambassadeur auprès de la République batave, ancien ministre des relations extérieures (évincé de ce poste par Talleyrand). Cette opération soulèvera des doutes sur la paternité du peintre Eugène Delacroix [10].

Il sera nommé officier supérieur du Service de Santé des armées du 25 avril 1798 au 3 septembre 1799. Il termine une carrière lucrative comme chirurgien en chef de la succursale des Invalides d'Avignon de 1801 à 1816[11]. Il sera membre de l'"Athénée de Vaucluse"[12] en 1802.

Il est le gendre du critique, dramaturge et poète Charles Palissot de Montenoy (1730-1814).

Œuvres et publicationsModifier

 
Illustration des Nouvelles considérations sur le cautère actuel, apologie de ce puissant remède comparé avec les caustiques, réflexions critiques sur le cautère habituel, les exutoires, la saignée, les sangsues... (1812).
  • Traité de l'hydrocèle, cure radicale de cette maladie, Duplain (Paris), 1785, Texte intégral, et traduction en allemand par Carl Heinrich Spohr: (de) Abhandlung vom Wasserbruch und der gründlichen Heilung dieser Krankheit, Grießbach, 1786, 420 p., Texte intégral.
  • Réflexions succinctes sur l'opération de l'empième, ou paracenthèse de poitrine, [Observation sur la cure radicale d'une hydrocèle], impr. de Devaux (Paris), In-8° , 14 p., disponible sur Gallica.
  • Opération de sarcocèle faite le 27 fructidor an V, au C[ityo]en Charles Delacroix, Imprimerie de la République, 1797, 32 p., Œuvre numérisée en ligne, Texte intégral, et disponible sur Gallica.
  • Progrès de la chirurgie en France, ou, Phénomènes du règne animal, guéris par des opérations nouvelles, sur la fin du XVIIIe siècle, Imprimerie de la République, 1800, Texte intégral.
  • Opération courte, facile et sans danger pour guérir sûrement l'hydrocèle, Niel (Paris), 1803, Texte intégral.
  • Nouvelles considérations sur le cautère actuel, apologie de ce puissant remède comparé avec les caustiques, réflexions critiques sur le cautère habituel, les exutoires, la saignée, les sangsues... , F. Seguin aîné (Avignon), 1812, In-8° , 456 p. et pl., Texte intégral et disponible sur Gallica.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Ange-Bernard Imbert-Delonnes. Drawing by P. Chasselat, 1799-1800. dans le site wellcome library. Portrait avec rehaut de gouache de 62,5 × 47,8 cm, comportant, au sol, un portrait ovale de son patient Perier de Gurat, un portrait d'Ambroise Paré en haut à droite, la statue d'Esculape au fond et sur la table se trouve un flacon de verre renfermant la tumeur testiculaire extirpée de Charles Delacroix.
  2. Mercure de France, 1791, deuxième partie, p. 76-77Texte intégral
  3. « Cas » [Les difformités du nez], in: Dictionnaire des sciences médicales, par Charles-Louis-Fleury Panckouck (París), 1813, Texte intégral.
  4. « Nez (pathologie) », in: Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Deuxième série, L-P. Tome treizième, NEZ-NYS, publ. sous la dir. A. Dechambre [puis de] L. Lereboullet, Masson (Paris), P. Asselin (Paris), [puis] Asselin et Houzeau (Paris), 1879, p. 53, disponible sur Gallica.
  5. Le citoyen Perier Gurat avant et après l'intervention [1], planches extraites de Nouvelles considérations sur le cautère actuel.
  6. (en) Maev Kennedy : « Huge testicular tumour helps identify subject of 19th century portrait- A proud French surgeon was drawn with the trophy of his work – excised from Napoleon's foreign minister », in: The Guardian, 24 mai 2011, Texte intégral.
  7. « Scrotum », in : Dictionnaire abrégé des sciences médicales, volume 14, p. 296, par Charles-Louis-Fleury Panckoucke (París), 1826,Texte intégral.
  8. « Opération de sarcocèle », in: Le Moniteur universel, 24 germinal an 6 (13 avril 1798), p. 818 Texte intégral.
  9. Dominique-Jean Larrey fait l'éloge de cette intervention dans ses Mémoires de chirurgie militaire, et campagnes, Smith (Paris), 1812, t. 2, p. 118 Texte intégral.
  10. Marie-Christine Natta : « Un sarcocèle phénoménal » article en ligne dans le site psynem
  11. L’Hôtel des Invalides : L’Annexe d’Avignon
  12. Mémoires de l'Académie de Vaucluse (1882), Séguin (Avignon) Macabet frères (Vaison), 1891, t.11, p. 324, disponible sur Gallica

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • « Imbert-Delonnes (A. B.)  », in : La France littéraire ou Dictionnaire bibliographique des savants, historiens et gens de lettres de la France, ainsi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en français, plus particulièrement pendant les XVIIIe et XIXe siècles, tome quatrième, [H-LA], p. 180, par Joseph-Marie Quérard (1796-1865), Firmin Didot père et fils (Paris), disponible sur Gallica.
  • « Imbert-Delonnes (A. D.)  », in : Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, quatrième série, F-K. Tome quinzième, HYL-INH, p. 550, publ. sous la dir. de A. Dechambre [puis de] L. Lereboullet ; L. Hahn secrétaire de la dir. [puis] directeur-adjoint, G. Masson (Paris), P. Asselin (Paris) puis] Asselin et Houzeau (Paris), 1877-1889, disponible sur Gallica.
  • Dr Maurice Genty : « Le chirurgien Ange Imbert Delonnes et l'opération de Charles Delacroix », in: Progrès médical, [supplément illustré], no 4, 1932, p. 25-28, Texte intégral.
  • Louis Dulieu : « Montpellier et la médecine militaire française sous l'Ancien Régime », in Histoires des sciences médicales, 1973, 7 (1), p. 57-64, Texte intégral.
  • A. Camelin : « La succursale des invalides d'Avignon (1801-1850) », in : Histoires des sciences médicales", 1975-76, 9 (1), p. 51-64, Texte intégral.
  • A. Camelin : « Faut-il remettre en cause la naissance d'Eugène Delacroix ? », in : Histoires des sciences médicales, 1978, 12 (2), p. 145-152, Texte intégral.
  • Jacques Robert : La Vie et l'œuvre du chirurgien Imbert-Delonnes (1747-1818), [thèse de doctorat. Université Claude-Bernard, Lyon], 1976.

Liens externesModifier