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André Boris
BORIS André - en uniforme 3.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata

André Pierre Louis Boris, né le à Toul (Meurthe-et-Moselle) et mort le à Paris, est un militaire français, Général de corps d'armée au Service de l'inspection générale de l'artillerie (1940).

BiographieModifier

Son père, Paul Léon Boris, était notaire[1] de profession et sous-lieutenant d'infanterie, attaché à la trésorerie de l'armée des Vosges en 1870. Par sa mère, Gabrielle Alexandre, il était le neveu du général René Alexandre (1864-1932), polytechnicien, général de division, et neveu de l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Paul Alexandre. Il[Qui ?] était lié à la famille de Paul Léon par son mariage avec la fille de Paul Alexandre et Jeanne Lévy, Madeleine Léon.

André Boris est cousin[2] de Georges Boris, directeur de cabinet de Léon Blum en 1938. « Les Boris sont patriotes, républicains et résolument laïques »[3]. Il a épousé Marguerite Blum le 20 mai 1877 au Consistoire israélite de Paris.

Il a fait ses études au collège de Toul où il obtient les premiers prix de version grecque, histoire et géographie.[réf. nécessaire]Son livret scolaire mentionne à plusieurs reprises « élève intelligent studieux, a fait les efforts les plus consciencieux, progrès remarquable, travail méthodique, bon élève, sérieux, avec plus de réflexion et de maturité, fera de bonnes études »[4]. Il intègre l’École polytechnique en 1895, puis l’École supérieure de guerre en 1910. Durant l'Affaire Dreyfus, bien que convaincu de l'innocence du condamné, il garde une confiance totale dans la justice rendue ; il entretient alors une correspondance avec Justin Dennery, également futur général[5].

À son décès, le colonel Fort écrivit : « De passage à Paris, je n'ai pas manqué de faire une visite au Val de Grâce à mon ancien et vénéré chef le général Boris. C'est avec une grande douleur que j'ai appris que le général était décédé le 30 juin 1946. Croyez bien que je suis très affecté par la disparition prématurée d'un chef bon, juste et particulièrement qualifié pour les postes les plus élevés et qui avait toujours été pour moi d'une grande bienveillance. La France a perdu un chef que la trahison vichyste a essayé d'humilier. Mais le dévouement et l'affection des anciens subordonnés du général l'ont toujours soutenu dans l'épreuve. Fort, colonel d'artillerie en retraite, Metz. »

Le Régime de VichyModifier

Le Général Boris assure la présidence du Tribunal militaire qui, à Toulouse, condamne en juillet 1940 Charles de Gaulle pour refus d’obéissance à 4 ans d’emprisonnement et cent francs d’amende[6]. Il aide également à créer le réseau Camouflage du matériel[6]. Bien que laïc, il prend part en septembre 1940 aux débats de l'assemblée générale de l'Association des rabbins français sur la politique de l'État français vis-à-vis de la communauté[7]. Le général Boris est mis d'office à la retraite en vertu de son appartenance à la « race juive » conformément aux lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy. Il rédige, en tant que le plus ancien dans le grade le plus élevé des officiers israélites, une lettre de protestation[8] adressée au Maréchal Pétain[9] le 10 novembre 1940[10] au nom de tous les dégradés[11].

Il se réfugie à Nîmes[12] et anime le Comité d'assistance aux réfugiés[13] où il contribue avec le HICEM à aider l'émigration des Juifs du Gard[14].

Carrière militaireModifier

  • 1906 Lieutenant
  • 1910 Capitaine à l’état-major d’une division.
  • 1914 État-major 70e division infanterie de réserve
  • 1916 État-major 3e armée
  • 1918 Chef d’escadron, E.M. 4e armée
  • 1919 État-major 20e régiment
  • 1924 Lieutenant-colonel
  • 1927 Colonel
  • 1931 Général au brigade, le 15 août 1931
  • 1933 Directeur de l’artillerie au ministère de la Guerre
  • 1938 Commandant de la 4e région militaire, prend officiellement possession de son commandement le 01/07/1938
  • 1939 Général du corps des armées, 2 septembre 1939, 4e CA
  • 1940 Général de Corps d’armée, service Inspection générale de l’artillerie
  • 1942 Mis d'office à la retraite le « en raison de son appartenance à la race juive »
  • 1944 Réintégré le 30 octobre 1944 en vertu de l’ordonnance « en qualité de Juif »

DécorationsModifier

  • Chevalier de la Légion d’honneur 4 août 1915, la présente nomination comporte l’attribution de la croix de guerre avec palme[15]
  • Diplôme de Président d'honneur de la 145e section de la Fédération nationale des sous-officiers des Armées de terre, de mer et de l'air, 25 décembre 1917
  • Officier de la Légion d’honneur, le 23 décembre 1927[16]
  • Commandeur de la Légion d’honneur, le 30 juin 1938
  • Croix de guerre belge, 17 avril 1920, Royaume de Belgique, Le ministre de la Défense nationale
  • Croix militaire conférée par le roi de Grande-Bretagne, 22 octobre 1920, Grande Chancellerie de la Légion d'honneur, ordres étrangers
  • Décoration de 5e classe de l'ordre impérial du Soleil levant (Japon), 16 mars 1921
  • Nommé au troisième rang de Commandeur de l'ordre du Ouissam alaouîte chérifien, le 28 décembre 1929

DocumentationModifier

  • Philippe E. Landau, « André Boris, général de division, inspecteur général de l'artillerie, membre du Consistoire central », Archives juives : Revue d'histoire des Juifs de France, vol. 27, no 2,‎ (ISSN 0003-9837, présentation en ligne).
  • Archives du général Boris déposées au Service historique de la Défense à Vincennes, cote 13 YD 320

RéférencesModifier

  1. Journal des notaires et des avocats , p. 15, 1887
  2. Jean-Louis Cremieux-Brilhac, Georges Boris : trente ans d'influence : Blum, de Gaulle, Mendès France, Paris, Gallimard, , 460 p. (ISBN 978-2-070-12762-7), p. 20
  3. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Georges Boris, Trente ans d’influence. Blum, de Gaulle, Mendès France., Paris, NRF/Gallimard, (ISBN 978-2070127627)
  4. Collège de Toul, Livret scolaire de l'élève Boris André Pierre Louis, années scolaires 1890-1894
  5. Philippe E Landau, L'Opinion juive et l'affaire Dreyfus, Albin Michel, , 160 p. (ISBN 9782226306128, lire en ligne)
  6. a et b B.Dv., « En juillet 1940 de Gaulle était condamné à Toulouse », La Dépêche,‎ (lire en ligne)
  7. Simon Schwarzfuchs, Aux prises avec Vichy : Histoire politique des Juifs de France (1940-1944), Calmann-Lévy, , 446 p. (ISBN 9782702150979, lire en ligne)
  8. Lettre conservée au Centre de documentation juive contemporaine, ref. CLXIX-105
  9. Le Monde, Daniel Amson, Vichy promulgue le statut des juifs , 7 et 8 octobre 1990
  10. André Kaspi, Les Juifs pendant l'Occupation, Le Seuil (ISBN 978-2-021-36064-6, lire en ligne).
  11. Béatrice Philippe, Etre juif dans la société française : Du Moyen-Âge à nos jours, éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle », , 471 p. (ISBN 978-2-870-27672-3, lire en ligne), p. 296
  12. L. Simon, Les juifs à Nîmes et dans le Gard durant la Deuxième Guerre mondiale de 1939 à 1944, p. 14, Éd. Lacour, 1985
  13. Nelcya Delanoë (préf. Laurent Joly), D'une petite rafle provençale, Paris, Éd. du Seuil, , 219 p. (ISBN 978-2-021-11389-1, lire en ligne), chap. 8
  14. (en) Robert W. Parson, Every word you write-- : Vichy will be watching you : surveillance of public opinion in the Gard Department 1940-1944 : the postal control system during Vichy France, Tucson, Ariz, Wheatmark, , 398 p. (ISBN 978-1-604-94883-7, lire en ligne), p. 54
  15. Ordre no 1246 du 4 août 1915 du GQG des Armées de l'Est
  16. Journal officiel de la République française. Lois et décrets, p. 13164, 28 décembre 1827