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Amours de Gombault et Macée

Tenture des Amours de Gombault et Macée, tapisserie de Bruges, années 1590. Musée des beaux-arts de Saint-Lô.

Les Amours de Gombault et Macée sont un thème pastoral en vogue en particulier dans la tapisserie et la gravure à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. Ces œuvres mettent en scène les âges de la vie paysanne à travers l'existence et les amours d'un berger et d'une bergère[1].

Le thèmeModifier

Ce thème s'inscrit dans la tradition de la littérature pastorale, et notamment du roman pastoral, à la mode tout au long du XVIe siècle et qui connaît son couronnement en France avec L'Astrée d'Honoré d'Urfé, en 1607.

Cependant, la série de tapisseries relatant les amours de Gombault et Macée, soit huit panneaux pour la série complète, s'en distingue par le fait qu'elle poursuit l'histoire au-delà du mariage, jusqu'à la mort de Gombault, et accorde une place plus grande aux éléments réalistes de la vie quotidienne[2]. Par ailleurs, les représentations et surtout les textes contenus dans les cartels qui figurent sur certains panneaux abordent la sexualité avec légèreté et grivoiserie[3].

Ce thème a connu une grande fortune au XVIIe siècle, au point qu'on y trouve une allusion dans L'Avare de Molière (réplique de La Flèche à son maître Cléante, acte II scène première)[4].

Les œuvresModifier

TapisserieModifier

Le thème a été traité notamment par les ateliers de Bruges, d'Aubusson et de Tours.

  • Musée des beaux-arts de Saint-Lô : la tenture comporte huit tapisseries sorties des ateliers de Bruges à la fin du XVIe siècle. Elles ont été données par Jules Lebrun de Plaisance, alors propriétaire du château de Laulne où elles se trouvaient. S'y ajoute une autre tapisserie sur le même thème (La Mort de Gombault), issue des ateliers de la Marche et offerte au musée en 1880 par le collectionneur et mécène Maurice Fenaille.
  • Château de Montal[5] (Lot) : La Chasse aux papillons (Aubusson, XVIIe siècle), dans la salle des gardes ; Les Fiançailles, Les Accordailles, Le Cortège nuptial (Aubusson, XVIIe siècle), dans la salle Robert de Balsac ; Le Jeu du tiquet[6] et La Cueillette (Tours, XVIIe siècle, mais à partir de modèles pouvant remonter au XVIe siècle), dans la salle d'honneur du 1er étage ; La Danse (Bruges, milieu du XVIIe siècle) dans la chambre de M. Fenaille[7].
  • Château du Moulin à Lassay-sur-Croisne (Loir-et-Cher) : La préparation du repas (Flandres, fin XVIe siècle)[8].
  • Château d'Anjony (Cantal).
  • Musée Gruuthuse, Bruges : La Danse, La Noce.

GravureModifier

  • Jean Leclerc, graveur de la fin du XVIe siècle : série de huit estampes.

Notes et référencesModifier

  1. Le nom de la bergère se trouve aussi bien sous la forme "Macé" que "Macée".
  2. Certains détails peuvent faire penser aux scènes villageoises de la peinture flamande.
  3. La clientèle aristocratique et bourgeoise qui appréciait ces tapisseries pouvait « se divertir en constatant l'apparente désinvolture avec laquelle les gens du peuple parlaient et traitaient de sexualité, ce qui était impensable dans la haute société » (Guy Delmarcel, op. cit., p. 200).
  4. « Plus, une tenture de tapisserie des amours de Gombaud et de Macé. »
  5. Sophie Cueille et Anne Dubin, Le château de Montal (coll. « Itinéraires »), Paris, Éd. du Patrimoine, 2009, pp. 60-61. (ISBN 978-2-7577-0045-7)
  6. Un des ancêtres du croquet, il est appelé aussi billard de terre. Tiquet est le nom de la quille.
  7. On peut remarquer l'intérêt porté par Maurice Fenaille au thème des amours de Gombault et Macée : les sept tapisseries installées par lui à Montal s'y rattachent, ainsi que la tapisserie offerte dès 1880 au musée de Saint-Lô.
  8. La préparation du repas de noce.

SourcesModifier

  • Guy Delmarcel, La tapisserie flamande du XVe au XVIIIe siècle, Paris, Imprimerie nationale, 1999, 384 p. (voir pp. 199 et suiv.). (ISBN 2-7433-0337-9)

Liens externesModifier