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Amers
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AmersVoir et modifier les données sur Wikidata
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Amers est un recueil de poèmes de Saint-John Perse dont la première publication, aux éditions Gallimard, date de 1957. Considéré par de nombreux critiques comme l’aboutissement poétique de Saint-John Perse, il est son plus long poème et est axé autour de l’élément maritime.

Sommaire

Écriture du recueilModifier

Saint-John Perse commence à rédiger les premiers poèmes d’Amers aux alentours de 1948. Il travaille donc une dizaine d’années sur cette œuvre avant d’en établir l’édition définitive pour les éditions Gallimard. Différentes sous-parties du recueil paraissent dans La Nouvelle Revue française dirigée par Jean Paulhan au cours de ces dix années[1] :

  • 1948 : Parution de « Aux baies de marbre noir » ;
  • janvier 1953 : Parution des sept premiers chants de « Strophe » ;
  • février 1953 : Parution des chants qui deviendront « Chœur » ;
  • juillet 1956 : Parution de « Étroits sont les vaisseaux ».

Structure du recueilModifier

  • Invocation
  1. « Et vous, Mers, qui lisez dans de plus vastes songes. »
  2. « Je vous ferai pleurer. C'est trop de grâce parmi nous. »
  3. « Poésie pour accompagner la marche d'une récitation en l'honneur de la Mer. »
  4. « Ainsi louée, serez-vous ceinte, ô Mer, d'une louange sans offense. »
  5. « Or il y avait un si long temps que j'avais goût de ce poème. »
  6. « Et c'est la Mer qui vint à nous sur les degrés de pierre du drame. »
  • Strophe
  • I. « Des Villes hautes s'éclairaient sur tout leur front de Mer. »
  • II. « Du Maître d'astres et de navigation. »
  • III. « Les Tragédiennes sont venues. »
  • IV. « Les Patriciennes aussi sont aux terrasses. »
  • V. « Langage que fut la Poétesse. »
  • VI. « Et cette fille chez les Prêtres. »
  • VII. « Un soir promu de main divine. »
  • VIII. « Étranger, dont la voile. »
  • IX. « Étroits sont les vaisseaux. »
  • Chœur
  1. « Mer de Baal, Mer de Mammon. »
  2. « Avec ceux-là, qui s'en allant, laissent aux sables leurs sandales. »
  3. « Innombrable l'image, et le mètre, prodigue. »
  4. « Et c'est à Celle-là que nous disons notre âge d'hommes. »
  5. « Sur la Ville déserte, au-dessus de l'Arène, une feuille errante dans l'or du soir. »
  • Dédicace
    • « Midi, ses fauves, ses famines, et l'an de Mer à son plus haut »

Analyse du recueilModifier

Polysémie du titreModifier

Le titre de ce poème constitue une petite énigme en soi dont la polysémie, typique de l'œuvre du poète, est très complexe. En effet, il n’est pas constitué du simple nom de l’élément autour duquel il est centré, contrairement à d’autres poèmes qui fonctionnent sur ce modèle (Pluies, Neiges, Vents). Différentes interprétations sont données par les critiques[2]. Tout d’abord, les « amers » sont les balises qui, près des côtes, signalent la terre et aident les bateaux à pénétrer dans les ports. L'« amer » devient alors un véritable « repère en mer », avec le surgissement possible d'interprétations lacaniennes du mot. Le titre peut se référer à l’amertume du goût de l’eau de mer[Information douteuse] [?], aux premières syllabes d’« Amérique » où a été rédigé ce poème, mais aussi à une dédicace « Aux mers ». Peut-être le plus important est-il de noter que le poète refuse la nomination directe au profit d’un terme aux contours ondoyants et mystérieux.

Une tentative de nominationModifier

En effet, le poème Amers peut être perçu comme une tentative de nommer la mer, c’est-à-dire de réussir à condenser en mots son essence profonde. À plusieurs reprises, le poète constate que la mer n’a pas reçu son « vrai nom ». L’entreprise poétique est un moyen d’y parvenir. Michèle Aquien dans L’Être et le Nom[3] parle d’Amers comme d’une longue circonlocution pour dire la mer : « Ainsi, le poème fonctionne tout entier comme circonlocution autour du Nom, et, quand il est terminé, tout se passe comme si le Nom avait été dit. »

La mer dans l'imaginaire de l'homme et du poèteModifier

La mer est très importante pour l’homme comme pour le poète. Saint-John Perse qui a grandi aux Antilles et qui a appris très jeune à naviguer, considérait que c’était de l’eau de mer qui coulait dans ses veines[4]. Ensuite, le mot « mer » est le nom commun le plus fréquent de la poésie de Saint-John Perse. D’après les décomptes de Van Rutten, en 1975, se trouvent 541 occurrences dans son œuvre. De plus, la mer, dans l’imaginaire de Saint-John Perse, entretient un lien privilégié avec la poésie : « Textuelle, la Mer »[5]. Les mouvements de l'écriture sont houles, vagues, creux… La mer représente l’essence-même de la poésie selon Saint-John Perse.

Composition globaleModifier

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Les trois premières parties sont de plus en plus longues, contrairement à la dernière qui est très courte. Amers semble se construire selon deux mouvements complémentaires : un mouvement rectiligne et un mouvement circulaire. Un mouvement global rectiligne est discernable dans ce poème en observant simplement la progression thématique : il part des villes côtières pour s’avancer peu à peu vers la pleine mer. En ce qui concerne le mouvement circulaire, le début et la fin du poème se font écho. Tout d’abord, le poème s’ouvre et se clôt sur le mot « Mer ». Ensuite, il évoque la même heure du « Midi » en ouverture « Les sagaies de Midi » et en conclusion « Midi, ses fauves, ses famines ». Le poème a-t-il décrit une rotation complète du soleil autour de la terre ou s’est-il, au contraire, concentré en un unique instant infiniment étiré ?[interprétation personnelle]

ÉditionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Joëlle Gardes, Saint-John Perse, les rivages de l'exil, éditions Aden, 2006, pp. 343-345.
  2. Albert Henry, Amers de Saint-John Perse : une poésie du mouvement, éditions Gallimard, 1981, p. 37.
  3. Michèle Aquien, L'Être et le Nom, éditions Champ Vallon, 1985. pp. 61-64.
  4. Saint-John Perse, Œuvre complète, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1982. Lettre du 17 mai 1921 à sa mère. Page 883.
  5. Ibid, p. 295.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Albert Henry, Amers de Saint-John Perse : une poésie du mouvement, Fondation Saint-John Perse/éditions Gallimard, 1981, 201 p. éditions Revue.
  • Michèle Aquien, L'Être et le Nom, collection « Champ poétique », éditions Champ Vallon, 1985, 190 p.
  • Colette Camelin, Joëlle Gardes-Tamine, Catherine Mayaux et Renée Ventresque. Saint-John Perse sans masque, lecture philologique de l'œuvre, éditions La licorne, 2002. 417 p.
  • Carol Rigolot, Saint-John Perse : la culture en dialogues, éditions L'Harmattan, 2007. 287 p. Chapitre IX : Amers, dialogue avec la mer.
  • Mireille Sacotte, Parcours de Saint-John Perse, éditions Champion - Slatkine, 1987. 374 p.

Lien externeModifier

  • Amers sur le site de la Fondation Saint-John-Perse.