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Alliance de sociétés féminines suisses

L'Alliance de sociétés féminines suisses (ASF) est une association faîtière fondée en 1900 par Helene von Mülinen et Emma Pieczynska Reichenbach dans le but de réunir les organisations œuvrant pour l'amélioration de la conditions des femmes notamment sur le plan juridique et professionnel, en s'impliquant au niveau politique pour la visibilité de ces thématiques[1].

Sommaire

HistoriqueModifier

En 1900 les femmes en Suisse ne disposent pas du droit de vote, et certaines peinent encore à pouvoir exercer une fois leur diplôme acquis car elles n'ont pas de droits civiques. Emilie Kempin Spyri par exemple doit s'exiler pour pouvoir exercer une fois son diplôme de juriste obtenu. A la suite du premier Ier congrès des intérêts féminins en Suisse en 1896[2] , des présidentes d'associations actives sur le plan cantonal Helene von Mülinen pour Berne, Emma Boos-Jegher pour Zurich, Marguerite Duvillard-Chavannes pour Lausanne et Camille Vidart pour Genève lancent l'idée de fédérer les initiatives et les démarches dans une société faîtière aconfessionelle et apolitique en vue de mieux influencer les décisions politiques en faveur des droits des femmes et participer au Mouvement des femmes sur le plan international. La société voit le jour en 1900, et est rejointe en premier lieu par des associations professionnelles de sage-femmes et d'institutrices. Dès 1903, l'alliance est membre du Conseil international des femmes (ICW). En 1945, 250 sociétés féminines y ont adhéré.

L'Union suisse des ouvrières refuse toutefois d'adhérer à l'ASF, suivant en cela l'avis de Clara Zetkin selon laquelle les ouvrières doivent en premier lieu être solidaires du mouvement ouvrier et de ses luttes, et ne pas s'associer à ce qu'elle considère comme des revendications de féministes bourgeoises[3],[4].

Code Civil suisseModifier

L'ASF s'engage pour le principe de la séparation des biens et une amélioration du statut des enfants illégitimes dans le cadre de la rédaction du nouveau code civil suisse en 1912, mais sans résultats. Elle s'applique alors à faire accepter de nouveaux articles de loi ayant trait principalement au moeurs, la protection de la maternité et la prise en charge des femmes par l'AVS.

Suffrage fémininModifier

L'ASF s'implique en faveur du suffrage féminin, mais dès 1909 c'est l'Association suisse pour le Suffrage féminin qui reprend le flambeau avec le soutien déclaré de l'ASF.

Travail des femmesModifier

L'ASF s'emploie à faire reconnaitre la valeur du travail des femmes sur le plan juridique. Elle mène des enquêtes sur les conditions de travail des femmes, fait entendre sa voix lors de l'émergence des nouvelles lois sur le travail domestique et les fabriques. Elle s'engage en faveur de la reconnaissance des travaux domestiques, et leur enseignement. Elle ouvre une centrale pour les professions féminines en 1923 et participe à l'exposition nationale suisse du travail féminin SAFFA de 1928.

Service féminin de l'armée (SFA)Modifier

Pendant la deuxième guerre mondiale, elle participe au Service Féminin de l'armée. Elle développe une activité de représentation de la Suisse auprès des organisations internationales et notamment la Société des Nations et à l'Unesco.

En 1949 le changement de ses statuts lui permet d'intégrer des organisations comptant des membres masculins.

Dans les années 1970 ses positions quelques peu conservatrices sur les rôles des sexes au sein de la famille lui valent une perte d'influence, due aussi en partie à la disparition de son organe de presse le Schweizer Frauenblatt.

La Commission Fédérale pour les questions féminines reprend une partie des activités de l'ASF à son corps défendant. En 1986 le secrétariat est transféré aux archives de la Fondation Gosteli, et en 1999 l'association prend le nom d'Alliance F.

Liste des congrèsModifier

  • Ier congrès suisse des intérêts féminins à Genève en septembre 1896[5] : donne lieu à la naissance de l'ASF
  • IIe congrès suisse des intérêts féminins : donne lieu à la création d'une centrale pour le travail féminin[1],[6], réflexions autour du travail domestique, professionnel et suffrage féminins
  • IIIe congrès suisse des intérêts féminins à Zurich en 1946, dirigé par Jeanne Eder-Schwyzer[7]. Else Züblin-Spiller participe à ce congrès.
  • IVe congrès en 1975[1]
  • Ve congrès en 1996: création de Femme 2001

Fonds d'archivesModifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. a b et c Elisabeth Joris / WW, « Alliance de sociétés féminines suisses (ASF) », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le 25 mai 2017)
  2. « Alliance de sociétés féminines suisses — BIENVENUE », sur www.gosteli-foundation.ch (consulté le 25 mai 2017)
  3. Elisabeth Joris / AN, « Union suisse des ouvrières », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le 7 juillet 2017)
  4. Nicole Gabriel, « L'internationale des femmes socialistes », Matériaux pour l'histoire de notre temps, vol. 16, no 1,‎ , p. 34–41 (DOI 10.3406/mat.1989.404022, lire en ligne, consulté le 7 juillet 2017)
  5. Actes du Congrès Suisse des Intérêts Féminins tenu à Genève en Septembre 1896, Steiger, (lire en ligne)
  6. « IIe Congrès Suisse pour les Intérêts Féminins », Le mouvement féministe : organe officiel des publications de l'Alliance nationale des sociétés féminines suisses, année 1920 cahier 107,‎ , p. 166 (lire en ligne)
  7. Regula Ludi, « Eder [-Schwyzer], Jeanne », Dictionnaire Historique de la Suisse,‎ (lire en ligne)