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Alfred Velpeau

chirurgien, successeur de Larrey à l'Académie des sciences
Alfred Velpeau
Velpeau, Alfred Louis Armand Marie (1795-1867) CIPB1340 (cropped).jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Alfred Armand Louis Marie VelpeauVoir et modifier les données sur Wikidata
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signature d'Alfred Velpeau
Signature de Velpeau.

Alfred-Armand-Louis-Marie Velpeau, né le à Brèches et mort le à Paris, est un anatomiste et chirurgien français, inventeur du bandage qui porte son nom, la « bande Velpeau ».

Sommaire

BiographieModifier

 
La Leçon d’anatomie de Velpeau à la Charité par Augustin Feyen-Perrin, 1864.
 
Caricature de Velpeau par Carjat.

Fils d’un maréchal ferrant, qui devait, au besoin, comme tous ses confrères de la campagne, exécuter les pratiques les plus simples de l’art vétérinaire, il apprit d’abord à ferrer les chevaux[1] et passa sa première jeunesse à aider son père dans son métier[2]. Ayant appris presque seul à lire et à écrire et désirant s’instruire, il avait trouvé chez son père un ancien Traité d’hippiatrique et le Médecin des pauvres avec lequel il parvint à acquérir quelques notions de médecine pratique, se faisant peu à peu une sorte de réputation par plusieurs cures heureuses opérées dans son village Tourangeau[2]. Un voisin, à qui sa passion pour l’étude avait inspiré de l’intérêt, lui ayant procuré les moyens de la satisfaire, ses progrès furent rapides, et il fut envoyé, en mai 1816, à Tours où la rencontre de Pierre Bretonneau, fondateur de l’école de médecine de Tours, décida de sa carrière. Attaché à l’hôpital de cette ville, il dut reprendre toutes ses études par la base et se mit à étudier à la fois le latin, le français, la géographie, l’histoire, l’anatomie, la physiologie et toutes les branches de la médecine, au milieu des privations que lui imposait la modicité de ses ressources[2]. À force d’application au service de l’hôpital, il se fit admettre comme élève interne, et, au bout de quinze mois, fut reçu officier de santé[2]. Nommé premier élève, en 1818, avec 200 francs d’appointements, il y joignit le revenu d’une petite clientèle, qui lui permit de faire les économies nécessaires pour monter à Paris pour y poursuivre ses études[2] où, son assiduité au travail, ses aptitudes, l’ayant rapidement fait distinguer parmi les autres étudiants de l’hôpital de Tours, son professeur l’aida de ses conseils, de ses recommandations et de sa bourse[3].

À peine arrivé à Paris, avec de très précaires ressources, Velpeau eut à affronter le besoin et les difficultés d’une éducation première tout à fait insuffisante, pour ne pas dire absente car il possédait à peine les premiers éléments de la langue française, et il savait tout juste de latin ce qu’un pauvre desservant de village avait pu lui apprendre[3]. Couronné au concours de l’École pratique en 1821[2], il réussit néanmoins, à force de travail, à devenir successivement aide d’anatomie, puis docteur, en mai 1823[2], puis chirurgien des hôpitaux, puis agrégé en médecine à la Faculté, puis enfin professeur de clinique chirurgicale après une brillante série de concours[3].

En 1830, il fut nommé chirurgien de la Pitié et, en 1835, professeur de clinique chirurgicale[2]. Exerçant comme chirurgien dans plusieurs hôpitaux parisiens, il occupa la chaire de chirurgie clinique à la Faculté de médecine de Paris de 1833 à 1867. Il fut élu membre de l'Académie de médecine en 1832 et de l'Académie des sciences en 1843, en remplacement de Dominique-Jean Larrey. En 1860, il présenta les travaux de James Braid sur l'hypnose à l'Académie des sciences.

Alfred Velpeau est l'auteur de nombreuses publications sur la chirurgie, l’embryologie, l’anatomie et l’obstétrique, parmi lesquelles un Traité élémentaire de l'art des accouchements paru en 1830. Ses trois ouvrages les plus importants sont, sans contredit, son Traité d’anatomie chirurgicale, son Traité de médecine opératoire, et surtout son Traité des maladies du sein où se rencontrent les qualités qui le caractérisent véritablement comme écrivain. Il fut, avec Roux, un des défenseurs les plus résolus et les plus convaincus du chloroforme dès que celui-ci fit son apparition. En octobre 1865, il déclara à l’Académie des sciences que l’on guérit le plus souvent du choléra malgré des remèdes à la prétendue efficacité et des traitements sans valeur administrés, déclaration qui émut le public[2].

Il a donné son nom à un pansement, la bande Velpeau. Il est connu pour avoir tenté une expérience controversée sur la mémoire : il a demandé à un condamné à mort de lui faire un clin d'œil une fois que sa tête serait coupée. La parole de Velpeau, comme professeur, était claire, abondante, facile ; c’était le professeur classique par excellence. Outre ses ouvrages, on lui doit un grand nombre de Mémoires insérés dans les Bulletins de l’Académie de médecine et de Communications faites à cette société sur les altérations du sang, le cancer, les hémorragies, la résorption purulente, sur le Traitement du docteur Vriès, 1859, etc. qui attestent la sûreté et la variété de ses connaissances physiologiques et médicales.

Il est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse, division 7, rangée 1 (« avenue de l'Ouest »). Il avait été promu, le , commandeur de la Légion d’honneur.

Une maison de maitre qu’il avait achetée, en 1860, à Antony, a été baptisée, depuis, « propriété Velpeau ». Une rue d’Antony porte son nom ainsi qu’une école primaire et l’hôpital dans cette même rue. Le quartier de Tours « La Fuye-Velpeau » porte également son nom.

HumourModifier

Dans l'émission La Télé des Inconnus du , Didier Bourdon évoque l'Hôpital Velpeau dans le sketch « Maitresses et patients ». Lieu dans lequel doit être muté le personnage de Pascal Légitimus.

ÉlèvesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Souvent, il rappelait qu’il avait transporté plusieurs instruments d’une utilité incontestable de la maréchalerie dans la chirurgie.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, t. 1, Paris, Hachette, , 1802 p. (lire en ligne), p. 1713-4.
  3. a, b et c L’Union médicale : journal des intérêts scientifiques et pratiques, t. 3e, Paris, O. Doin, , 546 p. (lire en ligne), p. 339.
  4. Pierre Léger, « Antonin Jean Desormeaux », dans Progrès en urologie, 14, 2004, p. 1231.

PublicationsModifier

  • Traité d’anatomie chirurgicale, 1825, 2 vol. avec atlas ; 3 édit., 1837.
  • Exposition d’un cas remarquable des maladies cancéreuses avec oblitération de l’aorte, 1825
  • Anatomie des régions 1825-1826, ouvrage refondu, en 1836, sous le titre : Anatomie chirurgicale, générale et topographique, 2 vol. in-8, avec atlas.
  • Traité de l’art des accouchements : ou tocologie théorique et pratique, Paris, , 547 p., 2 vol. in-8° avec figures, 2e édit. (lire en ligne).
  • Mémoire sur les positions vicieuses du fœtus, 1830.
  • Recherches sur la cessation spontanée des hémorragies traumatiques primitives et la torsion des artères, 1830.
  • Nouveaux éléments de la médecine opératoire, avec atlas de 20 planches in-4° représentant les principaux procédés opératoires et les instruments, 1832, 2e édit., 1839, 4 vol. in-8°, avec atlas.
    L’un des ouvrages les plus complets de son époque, qui jouit de la plus grande autorité.
  • Embryologie ou ovologie humaine, contenant l’histoire descriptive et iconographique de l’œuf humain, 1833.
    Avec quinze planches, livre considéré comme l’œuvre la plus remarquable de Velpeau.
  • Traité de l’opération du trépan dans les plaies de la tête, 1834.
  • Mémoires sur les convulsions qui surviennent avant, pendant et après l’accouchement, 1834.
  • Manuel pratique des maladies des yeux, 1840, 1 vol. in-18.
  • Recherches sur les cavités closes naturelles ou accidentelles de l’économie animale, 1843-1846, 2 parties in-8°.
  • Traité des maladies du sein et de la région mammaire, Paris, 1853, 2e édit., 1858, etc.

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