Abd al-Aziz ibn Mansur

Abd al-Aziz ibn Mansur
Fonctions
Souverain de la dynastie Hammadide
Biographie
Nom de naissance عبد العزيز بن منصور
Date de naissance XIe siècle
Date de décès
Lieu de décès Béjaïa
Père Al-Mansur ben al-Nasir
Fratrie Badis ben Mansur
Enfants Yahya ibn Abd al-Aziz
Famille Hammadides
Religion Islam

Abd al-Aziz ibn Mansur (en arabe : عبد العزيز بن منصور ʿabd al-ʿazīz ben manṣūr) est l'avant dernier souverain de la dynastie berbère hammadide, qui règne sur le Maghreb central de 1105 à 1121

BiographieModifier

Abd al-Aziz succède à son frère Badis en 1105. Badis avait écarté son frère de son poste de gouverneur d'Alger et l'avait relégué à Jijel. Abd al-Aziz revient de Jijel à Béjaïa pour y exercer le pouvoir[1].

Abd al-Aziz épouse une fille de Makhoukh, célèbre chef des zénètes. Un mariage qui a permis de renouveler la paix avec les Beni-Ouamannou[2]. Une paix nécessaire que le souverain Al-Mansur ben al-Nasir avait rompu après avoir assassiné son épouse, une sœur de Makhoukh[3], chef de la tribu Beni-Ouamannou.

Abd al-Aziz va pouvoir jouir d'un règne long et relativement paisible. Il aime faire venir des savants chez lui pour les entendre discuter des questions scientifiques[4].

Il fait bloquer l'île de Djerba par sa flotte et la contraint à reconnaître son autorité. Il assiège Tunis jusqu'à ce que son gouverneur fasse allégeance[4].

Le territoire d'Al-Qala`a (Kalâa des Béni Hammad), l'ancienne capitale des Hammadides est prise par surprise par les arabes. Ils saccagent tous les environs et contraignent la garnison à s'enfermer dans la ville. Abd al-Aziz fait partir de Béjaïa un convoi de renforts mené par son fils Yahya. Les émirs arabes sont contraints de demander leur grâce. Yahya la leur accorde et rentre à Bejaïa[4].

En 1118, Ibn Tûmart, le futur fondateur et Mahdi des Almohades, revient de Bagdad où il a étudié les sources du droit (fiqh). Il y aurait rencontré al-Ghazalî le grand penseur du soufisme. Il est certain qu'il y a étudié la théologie de al-Ach`arî. Après un séjour en Égypte il arrive par mer à Mahdia et s'installe à Bejaïa où il fustige les mœurs dissolues des habitants. C'est là qu'il fait la rencontre essentielle d'un jeune homme plein de fougue, `Abdul-Mu'min, qui devient son meilleur disciple[5].

Ibn Tûmart a été averti qu'Abd al-Aziz envisageait de le punir. Il part alors de Bejaïa pour aller se réfugier dans une tribu Sanhadja qui habitait la vallée de Béjaïa. Il s'installe à Mellala[6] où il commence à diffuser sa doctrine. Abd al-Aziz essaie de le prendre mais Ibn Tûmart est protégé par ses hôtes qui le défendent jusqu'à son départ pour le Maghreb[4].

Abd al-Aziz meurt en 1121, son fils Yahya lui succède.

Notes et référencesModifier

  1. Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement, , 635 p. (lire en ligne), « Règne de Badis, fils d'El-Mansour », p. 55.
  2. Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement, , 635 p. (présentation en ligne),page 55
  3. Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement, , 635 p. (présentation en ligne),page 54
  4. a b c et d Ibn Khaldoun, op. cit. (lire en ligne), « Règne d'El-Aziz, fils d'El-Mansour. », p. 56.
  5. Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot », (1re éd. 1931) (ISBN 978-2-228-88789-2), « Ibn Toumert », p. 438.
  6. Melala localité proche d'El-Kseur à quelques kilomètres au sud-ouest de Béjaïa.

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement, , 635 p. (présentation en ligne, lire en ligne), « Règne d'El-Aziz d'El-Mansour. », p. 55-56
  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties : a chronological and genealogical manual, Edinburgh University Press, , 389 p. (ISBN 978-0-7486-2137-8, lire en ligne), « The Zīrids and Ḥammādids », p. 35-36
  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot », (1re éd. 1931) (ISBN 978-2-228-88789-2), « La rupture de l'unité Çanhajienne. La Qala'a des Beni Hammad », p. 410-412
  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Paris, PUF, coll. « quadrige », , 1040 p. (ISBN 978-2-13-054536-1), « Hammadides », p. 333

Liens externesModifier