Conditions d'admission à la IIIe Internationale

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En juillet 1920, le deuxième congrès de l'Internationale communiste (IC) avait fixé les 21 conditions à l'adhésion à cette « Troisième Internationale », créée à l'appel de Lénine, et codirigée par Grigori Zinoviev en 1919. On parle aussi des « conditions de Moscou ».

Les objectifs du texteModifier

Le but de ce texte est de créer un « code de conduite » des partis communistes pour mener la révolution prolétarienne.

Branko Lazitch résuma en 1950 dans son ouvrage Lénine et la IIIe Internationale, les 21 conditions :

  1. La propagande et l'agitation est subordonnée par l'Internationale Communiste et le comité central du parti.
  2. Élimination des éléments réformistes et centristes au sein du parti, doit être privilégié des travailleurs.
  3. Le parti communiste doit envisager des actions illégales voire faire une guerre civile pour remplir le devoir révolutionnaire.
  4. Propagande communiste, même illégale, au sein des troupes militaires
  5. Action communiste systématique au sein des campagnes.
  6. Dénonciation du patriotisme, prône la révolution anti-capitaliste.
  7. Rupture avec les centristes et les réformistes.
  8. Les partis doivent mener la lutter contre leurs gouvernements, pour les peuples opprimés.
  9. Des cellules communistes doivent noyauter les syndicats afin qu'ils soient soumis au parti.
  10. Opposition totale à l'internationale syndicale d'Amsterdam
  11. Les fractions parlementaires de chaque parti doivent être débarrassées de tout dissident.
  12. L'organisation du parti est fondé sur une base centraliste et démocratique et prône un fonctionnement disciplinaire.
  13. Épurations périodique au sein des partis.
  14. Soutien sans réserve des Républiques socialistes soviétiques. Ces dernières ne sont institutionnalisées et territorialement figées que seulement fin 1922 avec la fondation de l'URSS.
  15. Obligation de réviser les programmes des partis pour qu'ils soient conformes à l'Internationale Communiste.
  16. Toutes les décisions de l'Internationale doivent être exécutées.
  17. Changement de nom obligatoire, tous les partis doivent se nommer « Parti communiste de [nom du pays] », afin de prouver que ce sont des sections de l'Internationale.
  18. La presse du pays doit imprimer les décisions de l'Internationale Communiste.
  19. Les partis souhaitant adhérer à l'Internationale doivent se prononcer le plus tôt possible dans des congrès extraordinaires.
  20. Les deux tiers du Comité central de chaque parti doit être composé des communistes approuvant l'International.
  21. Exclusion des membres qui n'acceptent pas les clauses.

Une 22e condition, rajoutée au congrès de 1922, interdit toute adhésion à la franc-maçonnerie, jugée « bourgeoise ».

Il est remarqué que les conditions sont quasiment calqués sur les bolchéviks, et ont une très forte tendance à l'autoritarisme. Les centristes et les réformistes sont très clairement visés. Lénine espère que seuls les révolutionnaires motivés suivront. La quatorzième clause impose d'obéir à Moscou, ce que la plupart des partis communistes du monde firent jusqu'à la fin du régime.

ConséquencesModifier

Si le but de Lénine est d'exclure les socialistes qui lui sont opposés, il y eut une rupture forte qui dura pratiquement une décennie. Au congrès de Tours () de la SFIO, l'adhésion aux 21 conditions fut rejetée, même si la majorité adhéra à la Troisième Internationale, créant la Section française de l'Internationale communiste (SFIC) (rebaptisée plus tard Parti communiste - PC). En réalité, la motion dite Frossard-Cachin ne reprend pas les 21 conditions. Frossard et Cachin avaient difficilement négocié l'adhésion à la nouvelle Internationale à Moscou sur la base de 9 conditions rendues publique lors de leur retour en France au mois d'août. Ce n'est qu'en septembre à l'issue du deuxième Congrès du Komintern que sont arrêtées les 21 conditions. Elles sont publiées par L'Humanité le . L'ambiguïté ne sera pas levée au cours des débats et la motion votée reformule ou se démarque sur certains points des 21 conditions. Elle stipule notamment que si le Parti français s'engage à respecter les décisions de l'IC, il reste le meilleur juge de la situation politique française[1]. Cette ambiguïté sera rapidement la source de conflits internes entraînant dans les années 1920 de nombreuses démissions ou radiations.

Notes et référencesModifier

  1. 1920, les coulisses du congrès de Tours dans la revue l'Histoire, p.46-47

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