Étienne Delaune

graveur et orfèvre français

Étienne Delaune ou De Laune[N 1], né en 1518 ou 1519 à Paris ou Orléans[1] et mort vers 1583 à Strasbourg ou plus vraisemblablement Paris[2], est un orfèvre, un dessinateur et un graveur français de la Renaissance.

BiographieModifier

 
Rhétorique, allégorie gravée par Delaune pour une suite de six portant sur les Sciences, musée des Beaux-Arts de Rennes.
 
Le Sacrifice d'Abraham (avant 1573), burin, Strasbourg, cabinet des estampes et des dessins.

Selon A. Robert-Dumesnil, cet artiste fut connu en son temps sous le nom de Maître Étienne et en latin Stephanus[N 2]. Il exerce d'abord et avant tout comme orfèvre, excellant dans l'exécution de médailles, employé par la Monnaie de Paris qui le mentionne sur ses registres en 1555. Son art découle de l'École de Fontainebleau et de certains maîtres italiens comme Raphaël dont il s'affranchit ; par ailleurs, il reçoit peut-être l'enseignement de Benvenuto Cellini lors de son passage à Paris, mais rien n'est sûr. Parmi ses pièces les plus célèbres se trouvent être l'armure et le bouclier d'apparat d'Henri II (1555, Metropolitan Museum of Art).

En tant que dessinateur-graveur, ses premières estampes remontent à 1561. Il s'exerce au burin et maîtrise la taille-douce, selon la technique du pointillé inventée par Giulio Campagnola[réf. nécessaire]. On estime à 444 l’œuvre gravé de l'artiste, parmi lequel certaines réalisation comme David et Goliath s'inspirent de Marcantonio Raimondi, Hans Sebald Beham, Luca Penni ou Rosso Fiorentino.

Il vécut à Paris puis à Strasbourg, à partir de 1573, où il enseigna son art entre autres à Léonard Gaultier et Johann Theodor de Bry. Il est mentionné vivant à Augsbourg en 1576. Il échappa aux massacres de la Saint-Barthélémy, y perdant nombre de ses proches.

Sa dernière œuvre datée indique l'année 1582 et représente un portrait d'Ambroise Paré.

Il a un fils, Jean (1559-?) qui fut comme lui graveur.

ExpositionsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon parfois la propre graphie de l'artiste.
  2. Signant S ou S. F. ou S fecit.

RéférencesModifier

  1. Robert-Dumesnil (Weigel, 1865).
  2. Les notices d'autorité (Musée du Louvre, Gallica) indiquent 1583, certains catalogues 1595 ce qui paraît douteux. Michèle Bimbenet-Privat est la plus précise concernant ses lieux et dates de mort, qu'elle situe à Paris, le 29 mai 1583, op. cit., p. 633.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Alexandre-Pierre-François Robert-Dumesnil, Le peintre-graveur français, Paris, Georges Duplessis, 1865, vol. 9, p. 16-130.  
  • (en) G. C. Williamson (dir.) d'apr. Michael Bryan, Bryan's Dictionary of Painters and Engravers, New York, Macmillan Comp., 1903 [rev. ed.] :Volume 2 (D - G) p. 45.
  • Christophe Pollet et Albert Châtelet, Les gravures d’Étienne Delaune (1518-1583), Strasbourg, Presses universitaires du Septentrion, (OCLC 490150880).
  • Michèle Bimbenet-Privat, « L’orfèvre et graveur Étienne Delaune (1518/19-1583) : questions et hypothèses », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et belles lettres, 2009, vol. 153, pp. 631–655 (lire en ligne).
  • (en) Ilse O'Dell, « Etienne Delaune and Jost Amman: Drawings after Prints and Prints after Drawings », Print Quarterly, vol. VII, no 4, 1990.

Liens externesModifier