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Étienne-François de Sénovert

ingénieur militaire et économiste

Étienne-François de Sénovert
Étienne-François de Sénovert
Gravure, portrait de Étienne-François de Sénovert.

Naissance
Toulouse
Décès (à 78 ans)
Honfleur
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Arme Génie militaire
Grade Général-major (en Russie)
Capitaine (en France)
Distinctions Ordre de Saint-Vladimir
Autres fonctions économiste, homme d'affaires
Famille Pierre-Dominique Bazaine (gendre)
Georges Bergasse de Laziroules (beau-frère)

Étienne-François de Sénovert (1753-1831) est un ingénieur militaire et un économiste français avant d'émigrer en Russie.

Sommaire

BiographieModifier

Étienne-François de Sénovert est né le à Toulouse[1]. Son père François-Ignace de Sénovert, né « seigneur de Cintre en Vivarais »[2] à Tournon en 1723, est avocat au parlement de Toulouse. Sa mère Marie-Jeanne de Lavaysse (1728-1777)[2], est la fille d'un avocat de ce même parlement. La fratrie comptera trois enfants : Antoine-Christophe, son frère ainé, né en 1747, qui deviendra officier d'artillerie et une sœur[3], Alexandrine-Marie-Sophie, qui épouse à 25 ans, le , Georges Bergasse de Laziroules[4].

Comme son frère, Étienne-François de Sénovert choisit de faire une carrière militaire. Dans ce but il va poursuivre ses études à Paris dans la pension académique du Faubourg Saint-Honoré, dirigée par la veuve Berthaud et son gendre, afin d'y préparer le concours d'entrée de l'École royale du génie de Mézières. Après un échec en décembre 1772, 23e sur 66, il repasse le concours en fin de l'année 1773 et obtient une place de 10e, sur 61, qui lui ouvre la porte de l'école en janvier 1774. L'un de ses camarades de promotion est le futur général Carnot de Feulins et il a pour professeur Gaspard Monge. Bien qu'il ait produit un mémoire remarqué à la fin de l'école de siège son classement de sortie, en 1876, ne lui permet pas d'accéder à l'un des postes d'officier disponibles[3]. Il intègre le Corps royal du génie le [1], mais il doit patienter jusqu'au pour pouvoir quitter l'école avec le grade d'aspirant[5].

Le Étienne-François de Sénovert obtient le grade de « lieutenant en premier ». Le jeune militaire est affecté à Dunkerque en 1780, à île d'Aix en 1782 et à Grenoble l'année suivante. Cette vie de militaire ne le passionne pas, il préfère les affaires et l'économie politique, alors qu'il est à Port-Louis, il intervient auprès de la Marine pour qu'un navire, le Dauphin alors en rade de Lorient soit autorisé à appareiller pour la Chine. Il utilise ainsi ses relations pour favoriser les affaires des armateurs et des négociants. Après trois années dans le Morbihan il rejoint la garnison de Carcassonne en 1786. Il adhère à la Franc-maçonnerie, inscrit à la loge de la Parfaite Amitié de Toulouse. Nommé Capitaine en 1788, il rejoint Paris en 1789[6].

Il démissionne de ce corps le .

Pendant la période révolutionnaire, Étienne-François de Sénovert est un « économiste renommé » qui traduit en français, commente et publie, les principaux ouvrages d'économie politique de John Law de Lauriston et James Denham-Steuart[1].

En 1806, il émigre en Russie[1].

En 1831, Étienne-François de Sénovert, vieux et malade, est rapatrié en France où il meurt, quelques semaines après son retour[7], le à Honfleur[1].

PublicationsModifier

AuteurModifier

  • Theorie et pratique des assignats (mémoire lu à la Société de 1789, les 5 & 6 septembre 1790), Impr. de Vezard & le Normant, , 42 p. (SUDOC 138376018, lire en ligne).

Éditeur scientifiqueModifier

  • Œuvres de J. Law, contrôleur-général des finances de France, sous le Régent : Contenant les principes sur le numéraire, le commerce, le crédit et les banques. Avec des notes, Paris, Buisson, , 431 p. (SUDOC 048567507, lire en ligne).

TraducteurModifier

  • Recherche des principes de l'économie politique ou essai sur la science de la police intérieure des nations libres : Dans lequel on traite spécialement de la population, de l'agriculture, du commerce, de l'industrie, du numéraire, des espèces monnoyés, de l'intérêt de l'argent, de la circulation des banques, du change, du crédit public, et des impots. Par le chevalier Jacques Steuart, baronnet, vol. 1, 2, 3, 4, 5, Paris, Imprimerie de Didot l'Aîné, 1789-1790 (lire en ligne).

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e D. et I. Gouzévitch, 1996.
  2. a et b Bost et Lauriel 2007, p. 78.
  3. a et b Birembaut 1957, p. 153.
  4. Bergasse 1990, p. 286.
  5. Birembaut 1957, p. 153-154.
  6. Birembaut 1957, p. 154.
  7. D. et I. Gouzévitch, 2011, § 9.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Arthur Birembaut, « Un économiste oublié : Étienne-François de Sénovert (1753-1831) », Annales historiques de la Révolution française, t. 29, no 147,‎ , p. 153-158 (lire en ligne).
  • Jean-Denis Bergasse, D'un rêve de réformation à une considération européenne, vol. 1 : MM. les députés Bergasse (XVIIIe-XIXe siècles), J.-D. Bergasse, , 514 p. (présentation en ligne).
  • Dmitri Gouzévitch et Irina Gouzévitch, « Étienne-François de Senovert, traducteur en français des œuvres de J. Steuart : Trois volets d'une vie (1753-1831) », dans James Steuart en 1995 : Colloque International (14-15-16 septembre 1995, musée de la Révolution française, château de Vizille : Résumés des communications), Grenoble, , p. 1-22.
  • Dmitri Gouzévitch et Irina Gouzévitch, « Note de l'ingénieur-colonel Raucourt de Charleville concernant les voies de communication en Russie », Cahiers du monde russe, vol. XXXVII (4),‎ , p. 479-504 (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2018).
  • Hubert Bost (dir.), Claude Lauriol (dir.) et Hubert Angliviel de La Beaumelle (dir.), Correspondance générale de La Beaumelle (1726-1773), vol. 3 : Août 1749-février 1751, Voltaire Foundation, , 516 p. (ISBN 9780729409155, présentation en ligne), p. 78.
  • Dmitri Gouzévitch, « Bétancourt et la création du corps des ingénieurs des voies de communication en Russie : une histoire européenne », Quaderns d'Historia de l'Enginyeria, vol. X,‎ , p. 271-293 (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2018).
  • Dmitri Gouzévitch et Irina Gouzévitch, « Les corps d'ingénieurs comme forme d'organisation professionnelle en Russie », Cahiers du monde russe, vol. 41/4,‎ , p. 569-614 (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2018).
  • Dmitri Gouzévitch et Irina Gouzévitch, « Des ingénieurs français au service de la couronne russe au début du XIXe siècle : Sources en Russie et en Ukraine », dans Annie Charon (dir.), Bruno Delmas (dir.), et Armelle Le Goff (dir.), La France et les Français en Russie : Nouvelles sources et approches (1815-1917), Paris, Publications de l’École nationale des chartes, coll. « Études et rencontres » (no 34), , 628 p. (ISBN 9782357231085, DOI 10.4000/books.enc.1265, lire en ligne), 101-138.

Articles connexesModifier

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