Élections législatives barbadiennes de 2022

Élections législatives barbadiennes de 2022
30 sièges à l'Assemblée
(majorité absolue : 16 sièges)
2019 Mia Mottley (cropped 2).jpg Parti travailliste – Mia Mottley
Sièges en 2018 30
Verla De Peiza 2020 (cropped).jpg Parti travailliste démocrate – Verla De Peiza (en)
Sièges en 2018 0
Premier ministre
Sortante
Mia Mottley
BLP

Les élections législatives barbadiennes de 2022 ont lieu le à la Barbade afin de renouveler les 30 membres de l'Assemblée.

Initialement prévue en 2023, le scrutin est convoqué de manière anticipée par la Première ministre Mia Mottley, moins d'un mois après le passage de la Barbade de la monarchie à la république.

ContexteModifier

Victoire du Parti travailliste en 2018Modifier

Les élections législatives de mai 2018 donnent lieu à une alternance avec la victoire écrasante du Parti travailliste (BLP) sur le Parti travailliste démocrate (DLP) au pouvoir. Le BLP remporte ainsi l'intégralité des sièges, une première dans l'histoire politique de l'île[1]. Le Parti travailliste démocrate au pouvoir perd ainsi toute représentation à la chambre basse. Le Premier ministre de la Barbade, Freundel Stuart, cède la place le à Mia Mottley, qui devient la première femme à occuper cette fonction[2].

En l'absence de toute opposition, le député Joseph Atherley (es) quitte le BLP le pour prendre la fonction officielle de chef de l'opposition. Il fonde dans la foulée le Parti populaire pour la démocratie et le développement (PdP)[3],[4]

Devant la défaite du DLP dont il assume la responsabilité, Stuart annonce son départ de la présidence du parti, qui devient effectif le . Verla De Peiza (en) remporte la primaire interne qui s'ensuit le lendemain en l'absence d'opposant, puis parvient à se maintenir deux ans plus tard lorsque sa direction est contestée par Guy Hewitt lors d'un nouveau vote[5],[6],[7]. C'est alors la première fois que les deux principaux partis barbadiens sont tous deux dirigés par des femmes[8].

Passage du pays à la république en 2021Modifier

La Barbade est jusqu'en 2021 un royaume du Commonwealth, un État pleinement indépendant ayant conservé la reine Élisabeth II comme chef de l'État symbolique et honorifique[9]. Cette dernière est représentée par un gouverneur général nommé par elle sur proposition du gouvernement barbadien[10]. Forte de son écrasante victoire aux élections législatives de 2018, le gouvernement de Mia Mottley entreprend courant 2020 de doter la Barbade d'une nouvelle Constitution et de passer à un système républicain[11],[12]. Le , la Première ministre annonce le remplacement à venir du poste de gouverneur général par celui de président de la Barbade[13], suivi le de la première élection présidentielle de l'histoire du pays, organisée au suffrage indirect. Soutenue par le gouvernement et l'opposition, Sandra Mason, jusque-là gouverneur général, est élue à la quasi-unanimité par le Parlement. Son entrée en fonction le , jour de la fête nationale, coïncide avec le passage à un régime républicain et le 55e anniversaire de l'indépendance du pays[14],[15]. La Barbade cesse d'être un royaume du Commonwealth, mais reste membre de l'organisation dirigée par Élisabeth II en tant que république du Commonwealth[16].

La forme parlementaire du régime politique étant conservée, le nouveau chef de l'État assume comme son prédécesseur des fonctions essentiellement honorifiques. Son élection par le Parlement est suivie d'une période de transition de douze à quinze mois, au cours de laquelle la Constitution sera revue chapitre par chapitre par un comité bipartisan afin de lui donner un caractère républicain[17],[18].

Moins d'un mois plus tard, le , Mia Mottley convoque des élections législatives anticipées pour le 19 janvier 2022. Anticipant une mise en difficulté croissante de son gouvernement du fait des conséquences de la pandémie de Covid-19 sur l'économie de l'île, fortement dépendante du tourisme, la Première ministre tenterait ainsi de renouveler sa majorité tant que sa popularité se maintient à un niveau élevé[8],[19],[20].

Système électoralModifier

L'Assemblée est la chambre basse du parlement bicaméral de la Barbade. Elle est composée de 30 députés élus pour cinq ans au scrutin majoritaire uninominal à un tour dans autant de circonscriptions uninominales[21].

Le pouvoir exécutif est exercé par le Premier ministre, chef du gouvernement, choisi par le Parlement.

RésultatsModifier

Résultats des législatives barbadiennes de 2022[22]
Partis Voix % +/- Sièges +/-
Parti travailliste BLP
Parti travailliste démocrate DLP
Parti de l'alliance pour le progrès[a] APP
Solutions Barbade SB
Parti bajan libre BFP
Nouvelle alliance du royaume de la Barbade NBKA Nv
Parti de la souveraineté de la Barbade BSP Nv
Indépendants Ind
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 - 30  
Abstentions
Inscrits / participation

Analyse et conséquencesModifier

 
Parti arrivé en tête par circonscription.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Issu de la fusion du Parti progressiste uni (UPP) et du Parti populaire pour la démocratie et le développement (PdP).

RéférencesModifier

  1. (en) « Barbados General Election Results 2018 », sur www.caribbeanelections.com (consulté le ).
  2. Caroline Popovic, « Mia Mottley, première femme élue Premier Ministre de Barbade », sur Martinique la 1re, (consulté le ).
  3. (en) « Bishop Atherley now Leader of the Opposition | Barbados Advocate », www.barbadosadvocate.com,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. « Atherley sworn in as Opposition Leader », www.nationnews.com,‎ (lire en ligne).
  5. (en) « Verla De Peiza elected as the new leader of Barbados’ Main Opposition Party », sur The Habari Network, habarinetwork, (consulté le ).
  6. (en) « De Peiza is new DLP president », sur www.nationnews.com, (consulté le ).
  7. (en) « Verla De Peiza back at helm of DLP », sur www.nationnews.com, (consulté le ).
  8. a et b « Barbade : Mia Mottley convoque des élections anticipées », sur caraibe.orange.fr (consulté le ).
  9. « La Barbade en voie de devenir une République », sur RCI, (consulté le ).
  10. (en) « Constitution de 1966 », sur oas.org (consulté le ).
  11. (en) « Barbados to transition to a parliamentary Republic in November », sur Voice Online, voicenews, (consulté le ).
  12. Caroline Popovic, « Mia Mottley, première femme élue Premier Ministre de Barbade », sur Martinique la 1re, (consulté le ).
  13. Prisma Média, « Elizabeth II : cet État dont elle ne sera plus la reine - Gala », sur Gala.fr, (consulté le ).
  14. « Une présidente élue à la Barbade, devenue république », sur tv5monde.com, (consulté le ).
  15. « Le prince Charles se rendra à la Barbade pour l'affranchissement de l'île de la couronne britannique », sur BFMTV, .
  16. (en) Carolee Chanona, « Barbados to become a Sovereign Republic by November 2021 », sur caribbeanlifestyle.com, (consulté le ).
  17. (en) Jamaica Observer Limited, « Governor General Dame Sandra Mason to become first president of Barbados », sur Jamaica Observer (consulté le ).
  18. (en) « Move to a Republic a step in the right direction », sur barbadosadvocate.com, (consulté le ).
  19. (en) Reuters, « Barbados plans Jan. 19 snap election after becoming republic », sur Reuters, (consulté le ).
  20. (en) « Barbados calls snap election after becoming republic », sur DW.COM (consulté le ).
  21. « IPU PARLINE database: BARBADE (House of Assembly), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le ).
  22. (en) « Parliament sittings », sur www.barbadosparliament.com (consulté le ).