Élection présidentielle togolaise de 2020

Élection présidentielle togolaise de 2020
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Faure Gnassingbé 2014.png Faure Gnassingbé – Union pour la République
JeanPierreFabre.jpg Jean-Pierre Fabre – Alliance nationale pour le changement
Président
Sortant
Faure Gnassingbé
UNIR
http://www.ceni-tg.org

L'élection présidentielle togolaise de 2020 a lieu le afin d'élire le Président du Togo.

ContexteModifier

Le président sortant Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis la mort de son père en 2005. Il est réélu pour un troisième mandat lors de l'élection présidentielle togolaise de 2015, avec plus de 58 % des suffrages. Il doit alors s'agir de son dernier, la constitution l’empêchant de concourir pour un nouveau mandat.

En septembre 2017, le gouvernement introduit au parlement un projet de réforme de la constitution prévoyant entre autres une modification du mode de scrutin utilisé pour les élections présidentielles togolaises, avec un passage au scrutin uninominal majoritaire à deux tours au lieu d'un seul ainsi qu'une limitation à deux du nombre de mandat. La modification constitutionnelle est vivement critiquée par l'opposition, en particulier la non rétroactivité de la limitation du nombre de mandats, qui permettrait à Faure Gnassingbé, président depuis 2005, de se représenter en 2020 et 2025. Suite aux appels à manifester massivement contre le projet, des dizaines de milliers de personnes se réunissent pour protester dans plusieurs villes du pays dont 100 000 dans la capitale Lomé les 6 et 7 septembre.

 
Faure Gnassingbé en 2014

Pour être adopté par seule voie parlementaire, un projet de révision de la constitution doit être voté à la majorité des quatre cinquièmes des 91 membres du parlement. Le 19 septembre 2017, cependant, le projet ne réunit que 62 voix sur 91, toutes provenant du parti présidentiel, l’Union pour la République (UNIR). L'opposition ne participe pas à la séance, la considérant, selon l’Alliance nationale pour le changement (ANC, principal parti d’opposition) comme un « simulacre de plénière »[1]. La majorité des trois cinquièmes ayant été atteinte, le projet de révision est néanmoins valide pour un passage par voie référendaire. Les manifestations organisées contre le projet dans la capitale et les grandes villes togolaises forcent cependant le gouvernement a temporiser. Initialement, le gouvernement comptait sur une organisation du scrutin avant la fin de l'année, mais l'opposition le contraint ainsi à entamer préalablement un dialogue, repoussant le scrutin à 2018[2].

Après une médiation des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest le 31 juillet 2018 à Lomé, le scrutin a finalement lieu le 20 décembre 2018[3]. L'Union pour la République (UNIR) au pouvoir conserve sa majorité absolue avec 59 sièges sur 91. Le parlement connait par ailleurs une forte hausse du nombre de députés indépendants, 18 d'entre eux décrochant un siège. L' Union des forces de changement (UFC) et quatre autres formations se partagent les quelques sièges restants.

Malgré la majorité absolue obtenue, le scrutin est initialement considéré comme un échec relatif pour l'UNIR, qui ne parvient pas à décrocher la majorité des quatre cinquième des sièges nécessaires à une modification constitutionnelle par seule voie parlementaire, même en comptant sur ceux de son allié l'UFC, et ce malgré le boycott d'une grande partie de l'opposition. Le 8 mai 2019, cependant, le gouvernement parvient à faire voter à la quasi unanimité une révision constitutionnelle permettant à Gnassingbé de se maintenir jusqu'en 2030[4].

Mode de scrutinModifier

Depuis la révision constitutionnelle de 2019 président togolais est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Pour l’emporter dès le premier tour, un candidat doit réunir la majorité absolue des suffrages exprimés. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré élu.

La cour constitutionnelle déclare le 2 novembre 2018 que le scrutin présidentiel doit avoir lieu entre le 19 février et le 5 mars 2020 afin de respecter la constitution, qui impose son organisation entre 60 et 75 jours avant la fin du mandat présidentiel en cours. Les candidats ont jusqu'à 45 jours avant la date du scrutin pour déposer leurs candidatures. Une révision des listes électorales a auparavant lieu entre du 29 novembre au 1er décembre 2019[5]. Le 6 décembre 2019, le premier tour de la présidentielle est fixé par décret pris en conseil des ministres au 22 février 2020, précédé d'une campagne électorale officielle du 6 au 20. Pour la première fois, la diaspora togolaise peut participer au scrutin suite à une loi votée début novembre. Comme pour les élections précédentes, les forces de l'ordre et l'armée votent 72 heures avant le reste de la population afin d'être disponible pour assurer la sécurité des opérations électorales[6].

CandidatsModifier

Sur un total de dix candidatures, sept sont validées par la Cour constitutionnelle et se présentent lors de l’élection, dont notamment Faure Gnassingbé, candidat de l'Union pour la république (UNIR) et président sortant, ainsi que Jean-Pierre Fabre, candidat de l'Alliance Nationale pour le Changement (ANC) arrivé deuxième au scrutin précédent[7].

Bien qu'investi par le Nouvel Engagement Togolais[8] (NET), Gerry Tamaa[9] se désiste 24 heures avant la clôture des inscriptions en invoquant un manque de préparation de l'opposition et la « modicité des intentions » du parti[10].

RésultatsModifier

Résultats de la présidentielle togolaise de 2020
Candidats Partis Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Faure Gnassingbé UNIR
Jean-Pierre Fabre ANC
Agbéyomé Messan Kodjo MPDD
Georges Williams Kuessan SP
Aimé Gogué ADDI
Wolou Komi PSR
Tchassona Traoré MCD
Votes valides
Votes blancs et nuls
Total 100 100
Abstention
Inscrits / participation

Notes et référencesModifier