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Ægidius Fauteux

journaliste, bibliothécaire, essayiste et historien

Ægidius Fauteux était un journaliste, bibliothécaire, essayiste et historien québécois né le à Montréal et décédé le dans la même ville à l'âge de 64 ans.

Sommaire

BiographieModifier

Ægidius Fauteux est un ancien du Collège de Montréal. Il étudie la théologie au Grand Séminaire de Montréal, puis le droit à l'Université Laval [1]. Durant ses années au séminaire il constate que sur les 97 pensionnaires, les canadiens français du Québec étaient seulement 41. Les réunions sociales se déroulaient presque exclusivement en anglais. Il a été troublé par cette réalité[2].

Mais, il n’a pas la vocation et décide d’étudier le droit à l’Université de Laval à Montréal. En 1903, il obtient son diplôme d’avocat. À nouveau, il change de profession, préférant se plonger dans le monde du journalisme. Lorsqu’il commence ses études en droit, il est frappé par l’absence totale de bibliothèques publiques à Montréal. Dès 1901, il publie des articles pour la création d’une bibliothèque publique à Montréal[3].

En octobre 1902, il est admis à l’École Littéraire de Montréal dont le but était d’assurer la culture et la diffusion des belles- lettres canadiennes-françaises. En février 1904 il présente à l’université de Laval une conférence intitulé «Y a -t-il une littérature canadienne?», conférence ayant comme sujet la littérature canadienne du dix-neuvième siècle.

Il joint le Cercle Ville-Marie, qui réunit l’élite littéraire montréalaise du début du siècle. En 1901 il a été élu son président. Le Cercle Ville-Marie organisait des conférences des sujets variées ainsi que récitals de musique vocale et instrumentale[4]. En 1902-1903, il fut éditeur propriétaire du « Rappel » un journal hebdomadaire des jeunes conservateurs. De 1905 à 1909, correspondant parlementaire de la « Patrie » et de 1909 à 1912 rédacteur chef de la « Presse » à Montréal[5].

Au tournant des années 1910, il délaisse le journalisme et se consacre dès lors à ses principaux intérêts : l’histoire, les livres et les archives. Il devient ainsi tour à tour bibliothécaire de la bibliothèque Saint-Sulpice, qui ferme ses portes en 1931, puis de la Bibliothèque centrale de Montréal où il restera jusqu'à sa mort. Il a été président de la Société historique de Montréal de 1928 à 1941. Cette société avait pour buts : favoriser l’étude et la diffusion de l’histoire canadienne, encourager la publication d’ouvrages historiques et maintenir les archives à la disposition des chercheurs[6].

En 1925, lorsque l’école de tourisme est fondée, Aegidius Fauteux y donne des cours. En 1932, il inaugure les cours en français de bibliothéconomie qui se donnent à McGill et il est un de fondateurs de l’association de bibliothécaires du Québec. Le 26 mai 1937 il reçoit à l’Université de Toronto la médaille Tyrrell de la Société Royale du Canada pour l’histoire[7].

En 1937, il participe à la fondation de l'École de bibliothéconomie de l'Université de Montréal, aux côtés de Marie-Claire Daveluy, dont il devient le directeur [1]. Vivement intéressé par l’histoire canadienne dans tous ses aspects, il s’implique au sein de plusieurs sociétés et associations historiques et est membre fondateur de la Société des Dix.

Il meurt à l’Hôpital Saint-Luc le 22 avril 1941[8]. À sa mort, l'écrivain Léo-Paul Desrosiers lui succède à titre de conservateur de la Bibliothèque municipale de Montréal. Le 6 septembre 1941, Desrosiers fait paraître dans Le Devoir un court texte vantant les mérites de son prédécesseur : « Le public ne sait pas assez l'étendue de l'érudition de l'ancien bibliothécaire de Montréal. À la fin de sa carrière, il était devenu un grand spécialiste. Il était consulté de partout. On lui soumettait des problèmes compliqués. Il n'était jamais chiche de renseignements. Des fragments de sa science composaient la science des autres[9] ».

Ægidius Fauteux produit six volumes d’œuvres littéraires et une dizaine d’éditions critiques. Il écrit plusieurs bibliographies, conférences, études et un grand nombre d’articles. Il publia en 1917 « Étude historique sur les Bibliothèques Canadiennes » et en 1918, « La Famille d’Ailleboust »[5].

Ses «44 Carnets d’un curieux», parus dans le journal montréalais La Patrie, sont devenus célèbres. Il publia aussi ses Recherches Historiques.

En 1966, la bibliothèque Ægidius-Fauteux (annexe de la Bibliothèque Saint-Sulpice) est créée à Montréal. En 2007, cet espace est converti par la Compagnie Marie Chouinard en lieu de diffusion et de création de danse contemporaine.

HonneursModifier

PublicationsModifier

  • 1908 - Dix ans de régime libéral, le gouvernement Gouin, ses faiblesses, ses abus, ses scandales
  • 1916 - Les bibliothèques canadiennes. Étude historique. (Extrait de la « Revue canadienne »). Montréal, Arbour and Dupont[12]
  • 1917 - La Famille d’Ailleboust, étude généalogique et historique. 196pp. Montréal, Éd. Ducharme[13]
  • 1931 - « La chasse-galerie », Bulletin des recherches historiques, vol. 37, no 11,‎ , p. 693-694.
  • 1934 - Le duel au Canada. 317pp. Montréal, Les Éditions du Zodiaque. (Coll. Du Zodiaque « 35 »)[13]
  • 1940 - Les chevaliers de Saint-Louis au Canada
  • c1949-1941 - Armorial du Canada français (à ne pas confondre avec celui de Roy et Massicotte)
  • 1950 - Patriotes de 1837-1838

Notes et référencesModifier

  1. a et b François Séguin, D'obscurantisme et de lumières : la bibliothèque publique au Québec, des origines au 21e siècle (ISBN 9782897238803, OCLC 951222684)
  2. Baillargeon 1992, p. 119.
  3. Baillargeon 1992, p. 120.
  4. Baillargeon 1992, p. 50-51.
  5. a et b Fortier 1920, p. 46.
  6. Baillargeon 1992, p. 89.
  7. Baillargeon 1992, p. 126.
  8. Baillargeon 1992, p. 127.
  9. Julia Richer, Léo-Paul Desrosiers, Montréal, Fides, coll. « Écrivains canadiens d'aujourd'hui », , p. 109
  10. Baillargeon 1992.
  11. Baillargeon 1992, p. 125.
  12. Baillargeon 1992, p. 105.
  13. a et b Baillargeon 1992, p. 106

BibliographieModifier

  • Robert Baillargeon, Aegidius Fauteux, bibliophile et homme de lettres : étude monographique, Ville de Laval : Edition de l'auteur,
  • J.-A. Fortier, Biographies canadiennes-françaises, Ottawa, (lire en ligne)