Yukie Chiri
Yukie Chiri 2.jpg
Une photographie de Yukie Chiri
Biographie
Naissance
Décès
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Nom dans la langue maternelle
知里幸恵Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Yukie Chiri (知里 幸恵, Chiri Yukie?), née le , morte le , à 19 ans, est une femme de lettres japonaise, qui a notamment transcrit des yukar, récits épiques de tradition orale de l’ethnie aïnoue.

BiographieModifier

 
Une photographie de Yukie Chiri, à gauche, avec sa tante Imekanu, à droite

Elle est née au sein d’une famille d'aïnous, à Noboribetsu, une ville sur l'île de Hokkaidō, la préfecture septentrionale du Japon, sous l'ère Meiji. Les Aïnous sont alors considérés comme un peuple arriéré, et la politique du gouvernement est de les assimiler et de leur faire intégrer un mode de vie japonais. Elle est issue d'une famille de conteurs, et sa mère Nami les lui raconte dès sa petite enfance. À l'âge de six ans, Chiri est envoyée vivre chez sa tante Imecanu à Chikabumi, à la périphérie d'Asahikawa. Elle y retrouve aussi sa grand-mère, Monashnouk. Elle reçoit une éducation bilingue, en aïnou et en japonais[1].

En 1918, un linguiste japonais, Kyōsuke Kindaichi, fait sa connaissance en rendant visite à Imecanu. Il remarque ses connaissances sur les traditions aïnous et ses compétences linguistiques. Il la recrute comme assistante, et l'encourage à transcrire les yukar de son enfance, tels qu'ils sont transmis oralement au sein de son milieu familial. Il l'invite à Tokyo, mais elle y décède, d'une insuffisance cardiaque, alors qu'elle y termine un premier recueil de chants aïnous[1],[2].

Travaux effectuésModifier

Convaincu par Kyōsuke Kindaichi de l'intérêt et de la nécessité de préserver la tradition orale de son peuple, Yukie a réuni les chants et les contes que lui a transmis son milieu familial, parents, grands-parents, tante, etc. Elle les a à la fois traduits en japonais, mais elle a aussi transcrit le son des mots aïnou en alphabet latin[1]. Le recueil a eu un succès populaire dans la période presse, et a favorisé une reconnaissance de la culture aïnou au Japon.

Son jeune frère, Mashiho, et sa tante Imecanu ont pris sa relève sous le parrainage de Kindaichi, sur ce travail de pérennisation des yukar, et de description des traditions de cette ethnie (le mode de vie, les pratiques et les croyances). Mashiho est devenu un érudit aïnou respecté, et le tout premier professeur de la langue aïnou à l'Université impériale de Tokyo[2].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a b et c Tyrisevä et al. 2013, p. 891.
  2. a et b Watson 2014, p. 62.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier