Yuk Young-soo

femme politique sud-coréenne

Yuk Young-soo
Yuk Young-soo le 27 juin 1963.
Yuk Young-soo le .
Première dame de la Corée du Sud
 – 
(12 ans, 4 mois et 22 jours)
Prédécesseur Gong Deok-gwi
Successeur Park Geun-hye
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance District de Okcheon, dans l'actuel Chungcheong du Nord, Corée japonaise, actuelle Corée du Sud
Date de décès (à 48 ans)
Lieu de décès Séoul, Corée du Sud
Conjoint Park Chung-hee
Enfants Park Geun-hye et deux autres enfants
Université Baehwa Women's High School

Yuk Young-soo
Hangeul 육영수
Hanja 陸英修
Romanisation révisée Yuk Yeong-su
McCune-Reischauer Yuk Yŏngsu

Yuk Young-soo, née le dans le district de Okcheon, et tuée par arme à feu le à Séoul, est la femme du troisième président sud coréen Park Chung-hee, ainsi que la mère de la onzième présidente sud coréenne, Park Geun-hye, première femme à obtenir la présidence de ce pays.

JeunesseModifier

Yuk Young-soo est née le dans le district de Okcheon, dans le Chungcheong du Nord durant l'occupation japonaise de la Corée. Elle est la cadette de trois filles d'un riche propriétaire terrien. Elle obtient un diplôme de l'école pour femme Baehwa[1]. Elle occupe un poste de femme de ménage à la sortie de ses études[1].

En tant que Première DameModifier

Elle rencontre son mari, Park Chung-hee, en par un ami commun[2], et l'épouse le de la même année[3]. Malgré le soutien de sa mère, son père s'oppose à ce mariage, mais ne l'empêche pas néanmoins[3].

Durant le mandat de son mari, elle s'occupe principalement de recevoir des invités, de traiter des plaintes, bien qu'elle souhaitait faire sa part en tant que « femme d'un révolutionnaire »[1]. Elle s'engage également aux côtés de la Croix Rouge et auprès des enfants atteints d'autisme[1]. Elle est également proche du peuple, visitant des malades atteints de la lèpre par exemple[4].

Elle n'hésite également pas à tenter d'influencer son mari, notamment en 1963, où, pour dénouer des tensions avec l'ambassadeur américain, elle l'invite à la Maison Bleue. Son mari plaisante alors à ce sujet, allant jusqu'à la considérer comme « le premier parti d'opposition »[1].

En 1969, elle crée une fondation privée ayant pour but d'améliorer le bien être des enfants sud coréens[5].

AssassinatModifier

Le , lors d'une cérémonie organisée en l'honneur de la journée nationale de la libération de Corée ayant lieu à Séoul[6], elle est assassinée par Mun Se-gwang[7], un zainichi et partisan des idées du régime nord coréen[8],[9], alors que ce dernier visait Park Chung-hee[3],[10].

L'assaillant avait pour projet d'abattre le président sud coréen, mais étant mal placé dans la foule, il se rapproche, se tirant une balle dans la jambe avec son Smith & Wesson Model 36 par mégarde en se frayant un chemin vers le podium. Ayant ainsi alerté la sécurité, il court alors dans l'allée, ouvrant le feu de manière peu précise[11]. Sa quatrième balle touche alors la Première Dame à la tête, la blessant gravement. Immédiatement après l'arrestation de Mun, Park finit son discours, avant de ramasser le sac à main et les chaussures de sa femme et de quitter la scène, se dirigeant à l'hôpital[6].

Pendant ce temps, Yuk Young-soo est alors transportée à l'hôpital de Séoul en urgence[7], où elle se fit opérer pendant près de cinq heures[7], mais elle décède néanmoins de ses blessures, la balle étant restée logé dans l'hémisphère droit de son cerveau[6].

PostéritéModifier

 
Tombe de Park Chung-hee et de son épouse Yuk Young-soo au cimetière national de Séoul.

Elle bénéficie d'obsèques nationales le [12]. Elle est enterrée au cimetière national de Séoul, aux côtés de son mari, assassiné lui cinq ans plus tard[13]. Ce dernier à d'ailleurs écrit un poème à la mort de sa femme, poème qui figure sur son épitaphe[13].

Sa fille Park Geun-hye devient alors la Première Dame de Corée du Sud[14], rentrant en urgence de ses études en France à l'université Joseph-Fourier[15],[16],[17]. Elle occupe ce poste pendant cinq ans, jusqu'à l'assassinat de son père en 1979[18].

Elle reste aux yeux du peuple sud coréen la Première Dame la plus appréciée[4], renvoyant une image de femme calme, sage et tempérée[19]. Pour les célébrations de son 42e anniversaire de mort, un concert est organisé à Séoul[20].

Vie personnelleModifier

Elle et son mari ont trois enfants, dont Park Geun-hye, qui devient la première présidente de la Corée du Sud, destituée en 2017[21], et actuellement emprisonnée au centre pénitentiaire de Séoul[22]. Sa deuxième fille, Park Geun-ryeong, reprend la tête de la fondation créée par sa mère en 1990, après que sa sœur aînée en a été écartée[23].

Elle était une fervente bouddhiste[24].

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e (ko) Lee Jung-ja, « 한국의 대표 영부인 육영수 », sur Womennews,‎ (consulté le )
  2. Keon 1977, p. 195
  3. a b et c Jager 2014, p. 415
  4. a et b (en) Ju-min Park, « Slain dictator's daughter turns to mother's legacy in bid to lead South Korea », sur Reuters, (consulté le )
  5. (en) 김경호, « Presidential hurdles for Park Geun-hye? », sur The Korea Herald,‎ (consulté le )
  6. a b et c Keon 1977, p. 199
  7. a b et c (en) Richard Halloran, « Assassin's bullet kills Mrs. Park », sur The New York Times, (consulté le )
  8. Sébastien Falletti, « Park Geun-hye: «La France est le meilleur partenaire de la Corée» », sur Le Figaro, (consulté le )
  9. (en) Mark Tran, « North and South Korea: A history of violence », sur The Guardian, (consulté le )
  10. (en) « South Korea dumps 'dictator' stamp », sur BBC News, (consulté le )
  11. Oberdorfer 1997, p. 53
  12. Keon 1977, p. 192
  13. a et b Jager 2014, p. 414
  14. (en) « Park vows to ‘feel people’s pain’ », sur The Korea Herald, (consulté le )
  15. (en) Chico Harlan, « South Korea’s new leader, Park Geun-hye, was pushed onto political stage by tragedy », sur The Washington Post, (consulté le )
  16. Sébastien Falletti, « Park Geun-hye, une héritière coréenne au destin shakespearien », sur Le Figaro, (consulté le )
  17. (en) 김지현, « Korea, France agree to boost ties in technology, creative industries », sur The Korea Herald,‎ (consulté le )
  18. (en) « [Newsmaker] Could she become first female president? », sur The Korea Herald, (consulté le )
  19. (en) « Park tries to invoke image of her mother », sur The Korea Herald, (consulté le )
  20. (en) « Musical concert in memory of the late First Lady Yuk Young-soo held in Seoul on Aug. 15 », sur The Seoul Post, (consulté le )
  21. (en) Choe Sang-Hun, « South Korea Removes President Park Geun-hye », sur The New York Times, (consulté le )
  22. (en) Choe Sang-Hun, « Park Geun-hye’s Life in Jail: Cheap Meals and a Mattress on the Floor », sur The New York Times, (consulté le )
  23. (en) Shin Hyon-hee, « [Newsmaker] Park's sister raises stir over Japan ties », sur The Korea Herald, (consulté le )
  24. Johnston 2000, p. 724

AnnexesModifier

Liens externesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier