X.25 est le protocole de communication utilisant la commutation de paquets qui a été standardisé par le CCITT en 1976[1],[2].

Exemple de réseau X25

En France, après avoir été exploité par la société Transpac filiale de France Télécom, c'est sous sa nouvelle dénomination Orange Business Services que la commercialisation et la maintenance en a été assuré jusqu'en , date de fin d'exploitation technique et commerciale. Cette fermeture a entrainé l’arrêt des services minitel qui s'appuyaient sur ce réseau X25.

HistoireModifier

Fin 1971, Alain Profit, responsable du projet Hermes et chef du groupement ITD (Informatique et Transmission de Données) au CNET, lance l'étude et la réalisation d'un réseau expérimental à commutation par paquets dont il confie la responsabilité à Rémi Després[3]. Ce projet deviendra six ans plus tard la norme X.25.

Le choix du mode Circuit virtuel pour X.25 est notamment approuvé par Bell Canada qui, dans un premier temps, pour son projet de réseau public Datapac [4], avait proposé d'adopter un mode datagramme[1].

Le standard a X.25 été adopté en 1976 par le CCITT pour l'accès aux réseaux de transmission de données en mode paquets, fondé sur sa variante circuits virtuels. Elle répondait aux besoins exprimés par cinq opérateurs qui voulaient offrir au plus vite un réseau public adapté aux besoins des échanges informatiques (accès de terminaux à des ordinateurs distants, et échanges entre ordinateurs) : Transpac pour la France, Datapac pour le Canada, Telenet pour les États-Unis, NTT pour le Japon, et Euronet pour les échanges intra-européens[5]. Leurs ingénieurs, dans le cadre de la Commission d'étude VII du CCITT et avec la coopération d'ingénieurs d'autres pays, ont finalisé sa spécification en à Genève.

 
Principaux contributeurs à X.25 en mars 1976 à Genève


En 1977, une nouvelle société d'économie mixte, filiale de la Direction Générale des Télécommunications est chargée de l'exploitation et de la commercialisation du réseau public Transpac, réseau de transmission de données au protocole X25 couvrant tout le territoire français[6]. Transpac a été utilisé pour l'annuaire électronique (par minitel) ainsi que par les distributeurs de billets et les terminaux de paiement bancaires[6]. Le chiffre d'affaires de Transpac était de 550 MF en 1984, avant de dépasser les 2 milliards de francs en 1987[6].

X.25 a été progressivement supplanté par les protocoles IP et TCP d'Internet, publiés en 1981 (RFC 791[7]). L'indispensable dispositif anti-congestion de TCP a été spécifié en 1989 ( RFC 1122[8]).

Le protocole X.25 était aussi utilisé dans des réseaux tels que le réseau allemand de transmission de données « Datex-P », le réseau de la navigation aérienne français, dans le protocole radio AX.25 (utilisé par les radioamateurs, et notamment pour l'APRS), ainsi que dans beaucoup d'établissements bancaires (protocole ETEBAC) pour gérer les guichets automatiques bancaires. En 2013, l'utilisation de ce protocole est devenu anecdotique (encapsulation de type X.25 over TCP/IP).

En France, le dernier commutateur X.25 public a été éteint le [6],[9].

Le protocole X25 peut continuer à être utilisé en surcouche d'IP (voir encapsulation[6]).

CouchesModifier

X.25 intègre les trois couches basses du modèle OSI (Open Systems Interconnection)[10] :

X.25 définissait l'interface entre un ETTD (Équipement terminal de traitement de données) et un ETCD (Équipement terminal de circuit de données) pour la transmission de paquets. Il fixait donc les règles de fonctionnement entre un usager du réseau et le réseau lui-même.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Rémi Després, « Le standard mondial X.25 d’avant Internet et le réseau français Transpac », sur Telecom Paris Alumni, 2021-08+03 (consulté le )
  2. (en) « X.25 Virtual Circuits - Transpac in France - Pre-Internet Data Networking »
  3. Guy Pichon, « Les débuts du réseau public français de commutation de données par paquets : TRANSPAC », p. 46
  4. Tony Rybczynski, « Commercialization of Packet Switching (1975–1985): A Canadian perspective »
  5. (en) A. Rybczynski, B. Wessler, R. Després, J. Wedlake, « A New Communications Protocol for Accessing Data Networks », AFIPS NCC,
  6. a b c d et e « X25, c’est fini ! », ZDNet France,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Request for comments no 791.
  8. (en) Request for comments no 1122.
  9. Tweet de Jean-Luc Vuillemin
  10. Michel Gardie, « La couche réseau Le protocole X.25 », (consulté le )