Variégation

La variégation est « la présence de mosaïcisme dans un même tissu, organe ou organisme. Ce terme est généralement utilisé pour désigner les plantes présentant une coloration verte et albinos dans une feuille ou des taches de couleur contrastée[2] dans une feuille ou une fleur[3] ». Ce phénomène peut se produire chez les plantes suite à une infection virale[4], à une déficience nutritionnelle[5], à une chimère sectorielle[6] (variégation chimérique). Il s'applique également chez les plantes et les animaux, à l'effet position d'un allèle (variégation positionnelle liée à la conformation chromatinienne dans laquelle il est situé)[7].

Phénomène de variégation de la couleur au niveau du fruit de Ficus carica (cultivar Panascè).
Symptômes de panachures sur une fleur, dus au virus de la panachure de la tulipe.
Les feuilles panachées (ici Chlorophytum comosum 'Variegatum') sont fréquentes dans les strates inférieures des forêts tropicales[1].

MécanismesModifier

La présence simultanée d'une coloration verte et albinos peut être due à une perte de chlorophylle ou à la formation de couches d'air entre les tissus végétaux[8].

La variégation positionnelle (en) est due à la modification de facteurs hétérochromatiniens. En effet :

  • lors du passage de l'état hétérochromatique à euchromatique, il y a activation de l'expression du gène, qui se manifeste alors normalement et on ne remarque plus de variégation,
  • dans le sens inverse (euchromatique vers hétérochromatique) il y a au contraire désactivation du gène (extinction génique) et la variégation se manifeste. On parle alors d'effet "enhancer" ("amplificateur", en anglais) de variégation.

Quelques exemplesModifier

  • différences de coloration de l'œil de drosophile
  • différences de pigmentation chez les plantes (phénomène appelé parfois panachure ou bigarrure) sur une feuille, un pétale ou un fruit (effet naturel selon le processus de dérive génétique ou effet artificiel créé par manipulations génétiques en laboratoire[9]). Les différents types de panachures portent des noms latins : bicolor (deux couleurs), discolor ou multicolor (plusieurs couleurs), maculata (tacheté), marginata (marginé), marmorata (marbré), pictum (peint), quadricolor (quatre couleurs), reticulata (veiné), striata (strié), tricolor (trois couleurs), variegata (panaché)[10].

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Notes et référencesModifier

  1. Cette propriété serait une défense des plantes contre les herbivores : stratégie cryptique (la feuille se confond avec l'ambiance lumineuses caractérisée par des taches de soleil (en)) ou effet visuel (elle apparaît moins grande aux yeux des prédateurs). Cf (en) Peter D. Moore, Tropical Forests, Infobase Publishing, (lire en ligne), p. 119
  2. Taches colorées dues aux pigments accessoires photosynthétiques qui sont habituellement cachées par la chlorophylle
  3. (en) Abdelouahhab Zaid, H. G. Hughes, E. Porceddu, Glossary of Biotechnology for Food and Agriculture, FAO, , p. 287
  4. Virus mosaïques transmis notamment lors des greffages.
  5. « Une carence en fer ou en magnésium, par exemple, peut entraîner des feuilles jaunes avec des nervures vertes ; d'autres déséquilibres peuvent produire des taches jaunes ou blanchâtres ». Cf (en) Nancy J. Ondra, Foliage : Astonishing Color and Texture Beyond Flowers, Storey Publishing, , p. 202
  6. « On parle de chimères sectorielles lorsque la mutation, dans un secteur du méristème, atteint toutes les couches contribuant à son architecture ». Cf Alain Cadic, « À la poursuite de toutes les chimères », Jardins de France, no 632,‎ , p. 3
  7. (en) Q. Y. Shu, Plant Mutation Breeding and Biotechnology, CABI, (lire en ligne), p. 182
  8. (en) Stéphane Jacquemoud et Susan Ustin, Leaf Optical Properties, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 161
  9. Bombardement par des rayons ionisants qui créent des cultivars variegata.
  10. (en) Nancy J. Ondra, Foliage : Astonishing Color and Texture Beyond Flowers, Storey Publishing, (lire en ligne), p. 207

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Schotta, G., A. Ebert, V. Krauss, A. Fischer, J. Hoffmann, S. Rea, T. Jenuwein, R. Dorn, and G. Reuter. 2002. "Central role of Drosophila SU(VAR)3-9 in histone H3-K9 methylation and heterochromatic gene silencing". Embo J 21:1121-31. PMID 11867540
  • Tschiersch, B., A. Hofmann, V. Krauss, R. Dorn, G. Korge, and G. Reuter. 1994. "The protein encoded by the Drosophila position-effect variegation suppressor gene Su(var)3-9 combines domains of antagonistic regulators of homeotic gene complexes". Embo J 13:3822-31. PMID 7915232
  • (en) Richard A. E. Tilney-Bassett, Plant Chimeras, Hodder Arnold H&S, , 208 p.

Articles connexesModifier