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Mouchette

Une mouchette est un élément décoratif typique, en architecture, de la période du gothique flamboyant en France.

DéfinitionModifier

Une mouchette est un élément décoratif en courbes et contrecourbes qui dessine un motif de flamme qui se tord. A l'intérieur, des redents divisent cette figure géométrique asymétrique en deux éléments aux proportions inégales et variables. Certaines mouchettes se terminent en pointe des deux côtés, tandis que l'extrémité des autres est complètement arrondie. Souvent associée au soufflet [1] elle décore le réseau des baies du gothique flamboyant mais envahit aussi les gâbles, les balustrades et autres.

HistoriqueModifier

Les mouchettes font leur première apparition dans l'architecture en Angleterre avec le style curvilinéaire déjà annoncé dès la fin du XIIIe par exemple dans la salle du chapitre de la cathédrale de York où l'on aperçoit deux timides mouchettes [2].,[3] Elles se répandent ensuite à profusion dans les églises et cathédrales du XIVe siècle[4] avant la lente progression du style perpendiculaire qui revient à des lignes beaucoup plus verticales et plus austères[5].

En France , les premières mouchettes se manifestent discrètement dès le début du XIVe siècle dans quelques monuments[6]. Elles commencent à s'affirmer dans la cathédrale de Rouen, sur la rose du portail occidental exécutée par Jean Périer de 1375 à 1380[7], à Amiens dans les chapelles construites par Jean de La Grange[8]. Au XVe siècle elles envahissent les portails et les réseaux des fenêtres et notamment des roses des monuments religieux[9]à tel point qu'elles inspirent, par leur ressemblance à des flammes, l'invention en 1830 du terme gothique flamboyant[10],[5] car elles en sont la principale caractéristique[11]. On les retrouve même jusqu'au XVIe siècle[12].

FonctionModifier

D'après Anthyme Saint-Paul les formes tourmentées des soufflets et des mouchettes n'auraient pas qu'une fonction décorative[8], ce que confirment E. Viollet-Leduc[13] et R. de Lasteyrie [6] : Le jeu des courbes et contre-courbes permet de répartir les lignes de force et d'exercer des pressions verticales contrebalancées par les redents qui renforcent les points faibles surtout dans les immenses roses des grandes églises[14].

EmploiModifier

  • Dans le réseau des fenêtres munies de vitraux du gothique flamboyant.
  • En motifs ajourés dans les balustrades des triforiums [15] et des galeries[16], dans les gables[17].
  • En décor plaqué sur les façades, sur les jubés, ou sculptées sur des meubles[18], des plafonds[19].

On les voit à l'intérieur autant qu'à l'extérieur des monuments religieux comme l'église Saint Vulfran d'Abbeville ou l'abbaye de la Trinité de Vendôme, cathédrale de Sens dont elles envahissent les façades mais aussi dans les balustrades de nombreux châteaux : Amboise, Chaumont, Fontaine-henry, des hôtels de ville: Arras, Saint-Quentin, Compiègne ou de particuliers: Hôtel d'Haussonville à Nancy[20].

Association soufflet-mouchetteModifier

Dans les remplages de fenêtres aussi bien que dans les réseaux qui contiennent des roses les mouchettes sont associées à d'autres éléments, le plus souvent des soufflets. Ces deux éléments se marient dans les combinaisons les plus variées. Les soufflets sont presque toujours en nombre inférieur, parfois plus petits, parfois de même taille que les mouchettes[21]. Elles accompagnent aussi d'autres formes géométriques comme des quatrefeuilles, leurs formes très souples permettant de remplir les espaces vacants.

L'association soufflet-mouchette est loin d'être obligatoire. Les mouchettes se combinent à des quatrefeuilles ou des trilobes tant dans des fenêtres que dans les garde-corps des triforiums et des galeries. Elles s'enroulent même deux par deux ou par quatre dans les balustrades[22].

RéférencesModifier

  1. Jean Marie Pérouse de Monclos, Architecture, description et vocabulaire méthodiques, Paris, éditions du patrimoine, coll. « Principes d'analyse scientifique », (ISBN 9782757701249), p. 213.
  2. Anne Prache, « Jean Bony, The English Decorated Style, Gothic Architecture transformed 1250-1350,compte rendu d'article », Bulletin monumental, sur Persée, (consulté le 31 août 2019).
  3. Girard, p. 17.
  4. (en) Gabriel Byng, Church Building and Society in the Later Middle Ages, Cambridge university press, , 324 p. (ISBN 9781107157095), p. 33.
  5. a et b Enlart Camille, « Origine anglaise du style flamboyant. », Bulletin Monumental,‎ , p. 62 et 71 (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2019).
  6. a et b Léon honoré Labande, « L'Architecture religieuse en France à l'époque gothique de R. de Lasteyrie, compte rendu », Jounal des Savants, sur Persée, (consulté le 31 août 2019), p. 396.
  7. (en) Paul Frankl, Paul Crossley, Gothic architecture, vol. 58, Yale university press, , 408 p. (ISBN 0300087993), p. 217.
  8. a et b Anthyme Saint-Paul, « Les origines du gothique flamboyant en France », Bulletin monumental,‎ , p. 395 et 487 (lire en ligne, consulté le 31 août 2019).
  9. Girard, p. 24à32.
  10. Gustave Cohen, Louis Reau, L'Art du Moyen Âge et la civilisation française : Arts plastiques art littéraire, Albin Michel, 1935,2014, chapitre 1er.
  11. Girard, p. 23.
  12. Girard, p. 111,112.
  13. Viollet-Leduc 1863.
  14. Girard, p. 19-20.
  15. Pierre Héliot, « Triforiums et coursières dans les églises de Bretagne et de Normandie », Annales de Normandie,‎ , p. 130 (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2019).
  16. Girard, p. 84,85.
  17. « Rouen, église Saint-Maclou », sur Patrimoine, histoire (consulté le 5 septembre 2019).
  18. photo de Jean-Gilles Berizzi, « Panneau sculpté, décor de mouchettes », sur Images d'art, musée de Cluny et musée national du Moyen-âge (consulté le 13 septembre 2019).
  19. « Décor d'architecture », sur Inventaire général du Patrimoine culturel Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, (consulté le 13 septembre 2019).
  20. Girard, p. 20.
  21. Girard, p. 24-31.
  22. Peter Kurmann, La cathédrale Saint- Étienne-de-Meaux, Librairie Droz, (ISBN 260004602X et 9782600046022), p. 118-119.

BibliographieModifier