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Portrait Ruth Bessoudo Courvoisier 1959.jpg
Biographie
Naissance
Décès
(à 100 ans)
Pseudonyme
Ruth Bess

Ruth Bessoudo CourvoisierModifier

Ruth Bessoudo Courvoisier, nom d'artiste Ruth Bess, de nationalité allemande et espagnole, née à Lübeck le 14 juillet 1914 et décédée à Paris le 19 mai 2015, a étudié le dessin, le graphisme et la gravure.

Elle a contribué au développement de la gravure moderniste des années 60 au Brésil en tant que membre de l'atelier de gravure libre de l'atelier du Musée d'Art moderne de Rio de Janeiro et en participant à de nombreuses expositions de gravure, collectives ou personnelles, dans le monde entier.

Enfance et familleModifier

Ruth naît à Lübeck en Allemagne le 14 juillet 1914 d'une mère allemande, Clara Böhm, actrice de théâtre exerçant sous les pseudonymes de Ariste Parnos et Clara Kollendt[1], et d'un père ottoman originaire d'une famille de banquiers juifs séfarades d'Istanbul, Haïm Isaac Bessoudo, exerçant la profession d'importateur de marchandises orientales, principalement des tapis[2]. En ce début de Première Guerre Mondiale, la famille habite Hambourg, le plus grand port d'Allemagne qui souffre du blocus imposé par les forces maritime anglaises. Toute la population souffre du chômage et de la pénurie alimentaire. En 1920, naît Désirée Fortunée Bessoudo, la soeur de Ruth.

En 1924, le décret de Primo de Rivera autorise les juifs séfarades à obtenir la nationalité espagnole; Haïm Isaac Bessoudo l'obtient pour lui même ainsi que pour son épouse et ses deux filles Ruth et Désirée.

L'artiste débutante pendant la Seconde Guerre MondialeModifier

En 1932, à 18 ans, Ruth étudie à l'école des Beaux Arts de Hambourg. Elle ne pourra pas y terminer sa première année pour cause de l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933: L'école des Beaux Arts de Hambourg est fermée car son directeur de l'époque, Karl Schneider[3], est considéré par le régime nazi comme promouvant un art dégénéré. Ruth prend alors l'option de quitter l'Allemagne pour partir étudier à l'école de dessin, d'art et d'industrie de Copenhague au Danemark d'où elle sort diplômée en 1935.

Après un bref retour à Hambourg, d'où commencent à fuir à l'époque beaucoup d'Européens juifs en bateau vers le Nouveau Monde, Ruth part étudier en France pour se spécialiser dans le dessin d'affiche publicitaire. Elle s'inscrit pour l'année 1935-1936 à l'école Paul Colin[4], célèbre affichiste français. pendant ce séjour parisien, elle rencontre celui qui deviendra son compagnon puis son mari: Amy Bakaloff Courvoisier[5] Elle complète cette formation par des voyages d'étude en Europe.

Elle regagne l'Allemagne en 1939: bien que catégorisée comme "demi-juive" par le régime nazi, elle a la chance d'être épargnée par les persécutions et trouve un travail de 1940 à 1944 comme secrétaire dans une entreprise conceptrice de produits publicitaires Rolf et Günther Berendsohn[6] à Hambourg car elle a l'interdiction du ministère de l'éducation et de la propagande du Reich d'exercer son métier de graphiste. A partir de 1944, alors que les Alliés ont repris le nord de l'Allemagne, Ruth se met au service à Hambourg des garnisons britanniques de l' Army Welfare Service comme créatrice d'affiches.C'est en 1945, après la capitulation de l'Allemagne, qu'elle récupère officiellement son habilitation professionnelle à travailler comme graphiste. En 1951, elle travaille pour le HICOG ( la Haute Commission Alliée) en assistant l'artiste américaine Virginia Chism Darcé à la création d'une fresque murale pour le consulat américain de Hambourg[7].

Une nouvelle vie au VenezuelaModifier

Ruth rejoint son compagnon Amy Bakaloff Courvoisier, critique de cinéma à Caracas, au Venezuela. Elle y réside de 1952 à 1959 et y travaille comme dessinateur publicitaire pour les articles sur le cinéma d'Amy qui paraissent dans les journaux ou les revues spécialisées du Venezuela comme Ultima noticias ou Cine Venezuela[8].

Grâce à Amy qui, à partir de 1955, devient le représentant d'Unifrance [9]pour l'Amérique Latine, Ruth l'accompagne dans de nombreux voyages à travers le monde pour la promotion du cinéma français; Elle obtient des accréditations comme attachée de presse afin d'interviewer des acteurs, des producteurs et des réalisateurs de cinéma lors des festivals.

L'apprentissage de la gravure au BrésilModifier

  • Amy étant délocalisé pour son travail à Rio de Janeiro au Brésil en 1960, Ruth s'y installe avec lui. En 1961, lors d'un voyage à Caracas, Ruth et Amy s'y marient. Ruth, désirant se spécialiser en gravure, s'inscrit à l'atelier libre de gravure du Musée d'Art Moderne de Rio de Janeiro[10]. Cet atelier, fer de lance du tout nouveau musée de Rio, a été inauguré et dirigé par le graveur et peintre Johnny Friedlander en 1959[11]. De 1964 à 1969, pendant cinq années, Ruth y bénéficie d'un enseignement d'avant-garde mettant en avant les nouvelles techniques de gravure, des locaux agréables et un équipement à la pointe de la modernité. Tout le matériel de gravure, machines, encres et papiers sont fournis par l'atelier. Successivement, les chefs d'atelier et graveurs Roberto de Lamonica et Edith Behring dirigent les cours où se côtoient des élèves de toutes nationalités.

Ruth travaille la gravure en couleur sur métal en taille douce à l'eau-forte et aquatinte[12]. Elle adopte le pseudonyme de Ruth Bess pour signer ses œuvres. Ses sujets préférés sont la faune et la flore d'Amérique Latine. La renommée internationale de l'atelier libre de gravure de Rio et son activité dans l'organisation d'expositions, de conférences et d'échanges à travers le monde, permettent à Ruth de commencer à exposer dès 1967 à l'occasion de la 9ème biennale de São Paulo où elle présente quatre gravures représentant des tapirs et des tatous[13].

Ruth quitte l'atelier en 1969 car sa nouvelle direction impose un cursus incluant des cours d'histoire de l'Art et demande des frais d'inscription en forte augmentation. Sa carrière artistique en tant que graveur est lancée et elle est désormais reconnue comme graveur par ses pairs[14]. Elle participe à de nombreuses expositions collectives et personnelles et, de ce fait, voyage énormément de 1967 à 1980 pour exposer ses gravures[15].

Les dernières années à ParisModifier

Amy étant tombé gravement malade, le couple décide de revenir s'installer à Paris où ils ont de nombreux amis. En 1984, Amy Bakaloff Courvoisier décède à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière.

Ruth a investi dans du matériel de gravure et une presse, elle installe son petit atelier dans son appartement et continue à produire et à exposer jusqu'en 1990 à l'âge de 76 ans.

Atteinte par la maladie d'Alzheimer, elle est placée en long séjour à l'Hôpital de Vaugirard à Paris 15ème en 2005, mise sous tutelle en 2013. Elle y décède à l'âge de 100 ans le 19 mai 2015.

Collections permanentesModifier

Expositions personnellesModifier

  • Pan American Union Gallery, Washington DC, USA, 1972
  • Galerie Estudio Actual, Caracas, Venezuela, 1977
  • "Los Armadillos de Ruth Bess", museo de Bellas Artes, Caracas, Venezuela, 1990

Notes et référencesModifier

RéférencesModifier

  1. « „Im bunten Rock” in Hamburg », sur www.karlheinz-everts.de (consulté le 22 novembre 2019)
  2. (de) Ayala Amor, Denz Rebekka, Salzer, Dorothea M et Schmädel, Stephanie von, Galut Sepharad in Aschkenas: Sepharden im deutschsprachigen Kulturraum, Universitätsverlag Potsdam, (ISBN 978-3-86956-253-7, lire en ligne)
  3. (de) « Karl Schneider architekt », sur wikipedia
  4. « Paul_Colin », sur data.bnf
  5. « Amy Bakaloff Courvoisier », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  6. (de) « Berendsohn AG », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  7. (en) « Allied High Commission », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  8. (es) « Festival de Cine Francés en homenaje a Amy Courvoisier », sur Analitica.com, (consulté le 22 novembre 2019)
  9. « Unifrance », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  10. « Apresentação – Artes Visuais – MAM Rio – MAM Rio », sur www.mam.rio (consulté le 22 novembre 2019)
  11. « Mort du peintre graveur Johnny Friedlaender », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2019)
  12. « Eau-forte », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  13. (en) « 9ª Bienal de São Paulo (1967) - Catálogo », sur Issuu (consulté le 23 novembre 2019)
  14. (br) Antonio Maia, « criaçao e dominio tecnico na gravura de Rute Courvoisier », Jornal do Brasil,‎ (lire en ligne)
  15. (pt-BR) Instituto Itaú Cultural, « Bess », sur Enciclopédia Itaú Cultural (consulté le 23 novembre 2019)

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