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Reinhold HanningModifier

Reinhold Hanning
Naissance
[[]], République de Weimar
Décès (à 95 ans)
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Arme Schutzstaffel
Unité Camp de concentration d'Auschwitz
Camp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen
Grade Unterscharführer
Années de service 1939-mai 1945
Conflits Seconde Guerre mondiale
icône image Image externe
Reinhold Hanning photographié vers 1943-1944 (bundesarchiv).

Éléments biographiquesModifier

A 18 ans, Reinhold Hanning, est enrôlé dans la Waffen SS. Son unité intervient d'abord dans les Balkans puis sur le front de l'Est. En 1942, Reinhold Hanning a vingt ans, il est désormais membre de l’unité de division blindée Totenkopf de la SS. Début 1942, il est affecté à Auschwitz-I et intervient également au niveau de la rampe d'accès à Auschwitz II (Birkenau) où arrivaient les convois de la déportation des Juifs. Le Service central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes a pu établir qu'il y a servi jusqu'en [1],[2].

Son procèsModifier

Le , son procès s'est ouvert à Detmold, dans l'ouest de l'Allemagne devant une juridiction allemande. Des experts, en automne 2015, avaient évalué que l'état de santé du nonagénaire était satisfaisant pour lui permettre d'y assister[3],[1]. Toutefois, le procès devant durer douze jours, les médecins n'autorisent l'ancien sergent qu'à deux heures de présence par jour lors des audiences[1]. Trois autres personnes seront également poursuivies, une femme, ancienne opératrice radio à Auschwitz et deux hommes dont les jugement sont programmés pour les semaines suivantes[1].

L'ancien garde d'Auschwitz est poursuivi pour complicité dans le meurtre d'au moins 170 000 personnes et encourt une peine allant de trois à quinze années de réclusion. Il est assisté de deux avocats[3]. Ce ne sont pas des agissements précis qui lui sont reprochés mais le fait d'avoir été un rouage dans la mise en oeuvre de la solution finale au problème juif envisagée par les Nazis[1].

Reinhold Hanning, s'il reconnait bien avoir été l'un des gardes du camp d'Auschwitz nie cependant toute implication personnelle dans l'extermination des Juifs. Sur la question de savoir si les gardes de la SS étaient au courant des exécutions de masse à l'intérieur du camp, Serge Klarsfeld commente: « Bien sûr que le gardien savait que l'on tuait, il a participé à sa petite échelle, il est tout petit à côté des grands cadres, des criminels de la solution finale que nous avons mené devant les tribunaux allemands[1] ».

Le procureur, Andreas Brendel, acquiert cependant la conviction que Reinhold Hanning fut bien davantage impliqué que ce qu'il laisse entendre. Des témoins, rescapés de la Shoah sont appelés à la barre: Leon Schwarzbaum, Justin Sonder et Erna de Vries[1].

A l'extérieur du tribunal, la foule est nombreuse. Les allemands sont « contre l'oubli ». Des heurts éclatent lorsque la révisionniste déjà connue pour ses esclandres lors de procès d'ex-Nazis, Ursula Haverbeck, arrive sur place[1].

Le procès se poursuit et le , Reinhold Hanning évoque pour la première fois son activité dans le camps[4].

« J'ai honte d'avoir laissé cette injustice se produire et de ne rien avoir fait pour l'empêcher [...] Je suis sincèrement désolé[4]. »

Il se livre davantage encore dans un écrit lu en séance par son avocat: « jamais pu parler de son expérience à Auschwitz avec d'autres personnes. Ni à ma femme, ni à mes enfants, ni à mes petits-enfants[4] ». Dans ce texte de 23 pages, Reinhold Hanning reconnait avoir été au courant à l'époque de la fonction véritable du camp. Il explique regretter d'avoir appartenu à une organisation responsable de la mort de millions d'innocents. Il conclu son écrit en disant « Auschwitz était un cauchemar. J'aurais souhaité ne jamais y avoir été[5] ».

AnalyseModifier

1,100,000 morts à Auschwitz. Sur les 6500 SS à Auschwitz, seuls une cinquantaine ont été jugés[1]. L'Allemagne qui a rechigné pendant 50 ans à juger les dignitaires nazis entend désormais juger des subalternes qu'ils considèrent a priori coupable à moins qu'ils ne fassent la preuve de leur innocence, explique Serge Klarsfeld[1].

« Une tendance qui s'est inversée. Comme le montrait le réalisateur italien, Giulio Ricciarelli, dans "Le labyrinthe du silence", l'Allemagne a longtemps connu un omerta sur les crimes de la Solution finale, en raison de la forte présence d’anciens nazis dans la magistrature[1] ».

Une vague de procédure tardives=Modifier

En 2011, cette vague débute avec le procès de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor En 2012, le Centre Simon-Wiesenthal publie la liste de dix dignitaires nazis encore activement recherché et qu'il souhaite voire jugés[1]. C'est en 2012 également que le Service central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes a orienté ses recherche sur les anciens gardes des camps de concentration allemands[1].

En 2015, 29 dossiers sont transmis au parquet, cette même année, Oskar Gröning est jugé et condamné à 4 années de réclusion pour sa complicité dans la mort de 300000 personnes.[1]. En 2016, 70 dossiers sont ouverts[6].

BibliographieModifier

  • Le Figaro.fr [vidéo], « Un sergent nazi accusé de complicité de meurtre sur 170 000 personnes », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Constance Léon, « L'un des derniers nazis d'Auschwitz devant les juges allemands », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Le Monde, « Ouverture en Allemagne du procès d’un ancien garde d’Auschwitz », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Nicolas Barotte, « Pourquoi l'Allemagne poursuit-elle encore d'anciens nazis? », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Le Figaro.fr, « Un ex-gardien d'Auschwitz s'excuse », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • AFP, « Un ancien garde d'Auschwitz jugé en Allemagne présente ses excuses », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Le Figaro.fr, « 6 ans requis contre un ex-gardien d'Auschwitz », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Nathalie Versieux, « Cinq ans de prison pour un ancien gardien de camp nazi », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Le Figaro.fr, « Verdict pour un ex-garde d'Auschwitz », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Roland Gauron, « Un ancien garde du camp d'Auschwitz condamné en Allemagne », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Le Monde, « Un ancien garde du camp d’Auschwitz condamné à 5 ans de prison », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Aude Massiot, « Plus de soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la traque des derniers criminels du Troisième Reich divise ceux qui ont consacré leur vie à ce combat. », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Belga, « Auschwitz en réalité virtuelle pour les ultimes procès du nazisme », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • Le Figaro.fr, « Mort d'un ancien garde du camp d'Auschwitz », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  • (en) Eliza Gray, « More than 70 years later, the prosecution of a 94-year-old former SS guard renews questions about how to assign blame for the Holocaust », Time,‎ non daté (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).

Article connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m et n Constance Léon, « L'un des derniers nazis d'Auschwitz devant les juges allemands », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  2. Le Monde, « Ouverture en Allemagne du procès d’un ancien garde d’Auschwitz », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  3. a et b Le Figaro.fr [vidéo], « Un sergent nazi accusé de complicité de meurtre sur 170 000 personnes », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019)
  4. a b et c Le Figaro.fr, « Un ex-gardien d'Auschwitz s'excuse », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019)
  5. AFP, « Un ancien garde d'Auschwitz jugé en Allemagne présente ses excuses », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).
  6. Nicolas Barotte, « Pourquoi l'Allemagne poursuit-elle encore d'anciens nazis? », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019).

liensModifier